Jugement relatif au fait qu’un mari cesse de parler à son épouse pendant plus de trois jours

23-7-2026 | IslamWeb

Question:

Quel est le jugement concernant un mari qui a dit à son épouse : « Si tu as un tant soit peu de dignité et de pudeur, ne m’adresse plus la parole pendant soixante jours, voire pour le restant de ta vie » ?
L’épouse a juré par Allah que son mari était fautif et qu’elle ne lui avait fait aucun tort. Quel est le jugement relatif à cette situation et comment doit-elle se comporter avec lui ?

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Ces paroles, prononcées par le mari sous l’effet de la colère, ne doivent pas justifier une rupture des relations ni une discorde entre les époux. Il n’est, en effet, pas permis de rompre toute relation pendant plus de trois jours.


Il est rapporté dans le Sahîh de Muslim, d’après Anas ibn Mâlik (qu’Allah soit satisfait de lui), que le Messager d’Allah () a dit :
« Ne vous haïssez pas, ne vous jalousez pas, ne vous détournez pas les uns des autres, et soyez, ô serviteurs d’Allah, des frères. Il n’est pas permis à un musulman de rompre toute relation avec son frère pendant plus de trois jours. »


Il n’est donc pas permis au mari de cesser de parler à son épouse pendant plus de trois jours, même si celle-ci se trouve en état d’insubordination conjugale (nushûz).


Al-Hajjâwî, le hanbalite, a dit :
« Lorsque des signes d’insubordination apparaissent chez elle […], il doit l’exhorter. Si elle revient à l’obéissance et à une conduite convenable, il lui devient interdit de l’éviter ou de la frapper.
Si elle persiste et manifeste son insubordination — notamment en lui désobéissant, en refusant de répondre à sa demande de rapports conjugaux, en quittant son domicile sans son autorisation ou par d’autres comportements similaires —, il peut faire lit à part aussi longtemps qu’il le souhaite, mais il ne peut cesser de lui parler que pendant trois jours au maximum. » Fin de citation.


Quant au fait d’avoir juré par Allah que votre mari était fautif, vous n’encourez rien à ce titre, dès lors que vous avez prêté ce serment en pensant sincèrement que votre affirmation était véridique.
Ibn Qudâma (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit dans Al-Mughnî :
« Celui qui prête serment au sujet d’une chose qu’il croit conforme à ce qu’il affirme, puis découvre qu’il n’en était pas ainsi, n’est tenu à aucune expiation, car ce serment relève du serment prononcé inconsidérément. » Fin de citation.


Toutefois, la bonne manière de gérer ce genre de situations ne consiste pas uniquement à chercher à démontrer qui a tort. Il convient plutôt de garder la maîtrise de soi, de chercher refuge auprès d’Allah contre les incitations de Satan, de veiller à entretenir des rapports conjugaux convenables, de tenir les propos les meilleurs et de passer outre les erreurs et les faux pas.
Nous vous rappelons également la bonne annonce faite par le Prophète à l’épouse affectueuse qui s’efforce d’obtenir la satisfaction de son mari. D’après ‘Abd Allah ibn ‘Abbâs (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père), le Messager d’Allah () a dit :
« Voulez-vous que je vous informe au sujet de celles de vos femmes qui feront partie des gens du Paradis ? C’est celle qui est affectueuse, féconde et qui revient vers son mari. Lorsqu’elle lui cause du tort ou qu’elle subit un tort de sa part, elle vient lui prendre la main et lui dit : “Par Allah, je ne goûterai pas au sommeil tant que tu ne seras pas satisfait.” »
Ce hadith a été rapporté par At-Tabarânî et jugé hasan par Al-Albânî.


Et Allah sait mieux.

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