Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le comportement de votre ami, consistant à délaisser l'invocation d’Allah, le Très-Haut, pour ses affaires d'ici-bas et ses soucis sous prétexte de vouloir les régler par lui-même, est une démarche religieusement erronée, en contradiction avec l'essence même de la servitude et du monothéisme pur. En effet, Allah, le Très-Haut, a ordonné à Ses serviteurs de Lui adresser leurs demandes et de L'invoquer, érigeant cet acte en marque de soumission et d'indigence à Son égard. Allah, le Très-Haut, dit :
« Et votre Seigneur dit : "Invoquez-Moi, Je vous répondrai. Ceux qui, par orgueil, refusent de M'adorer entreront bientôt dans l'Enfer, humiliés." » (Coran 40/60).
Le Prophète (
) a également déclaré :
« L'invocation est l'essence même de l'adoration. » (Rapporté par at-Tirmidhî, Abû Dâwûd et Ibn Mâjah).
Se dispenser d'implorer Allah et s'enorgueillir au point de ne plus s'adresser à Lui suscite le courroux divin. Le Prophète (
) a dit à cet effet :
« Quiconque ne sollicite pas Allah, Il Se met en colère contre lui. » (Rapporté par at-Tirmidhî).
De surcroît, le serviteur demeure dans un besoin absolu de son Créateur — Gloire à Lui — pour obtenir ce qui lui est profitable et écarter ce qui lui nuit ; il ne détient pour lui-même ni préjudice ni bénéfice, si ce n'est par Sa permission. Allah, le Très-Haut, dit :
« Ô hommes, vous êtes les indigents ayant besoin d’Allah, tandis qu’Allah est le Seul qui Se suffit à Lui-même, le Digne de louange. » (Coran 40/15).
Dans le hadîth qudsî, Allah, le Très-Haut, déclare :
« Ô Mes serviteurs ! Vous êtes tous égarés, à l'exception de ceux que J'ai guidés : sollicitez Ma guidée, et Je vous guiderai. Ô Mes serviteurs ! Vous avez tous faim, à l'exception de ceux que J'ai nourris : demandez-Moi de vous nourrir, et Je vous nourrirai. Ô Mes serviteurs ! Vous êtes tous nus, à l'exception de ceux que J'ai vêtus : demandez-Moi de vous vêtir, et Je vous vêtirai. » (Rapporté par Muslim).
Par ailleurs, parmi les invocations traditionnelles enseignées par le Prophète (
) à sa communauté pour marquer son désaveu de toute force et puissance propres, figure la suivante :
« Ô Seigneur ! C'est de Ta miséricorde que j'ai espoir ; ne m'abandonne donc pas à mon sort ne serait-ce que le temps d'un clin d'œil, et améliore toute ma condition. Il n'est de divinité digne d'adoration que Toi. » (Rapporté par Abû Dûwûd).
En outre, l'invocation ne s'oppose aucunement à l'effort personnel ni à l'action. Penser que l'homme est confronté à un dilemme exclusif entre invoquer ou agir par soi-même relève d'une pure illusion et d'une fausse conception : la Charia prescrit de recourir aux moyens matériels d'ici-bas (al-asbâb) pour résoudre les difficultés, tout en maintenant le cœur attaché à Allah et en Lui demandant le succès et la facilitation.
Se reposer uniquement sur ses propres capacités sans implorer l'assistance d’Allah, le Très-Haut, constitue une défaillance dans le monothéisme, de même que délaisser le recours aux moyens matériels constitue une atteinte à la religion et à la raison. L'invocation représente elle-même l'un des moyens légaux les plus éminents pour attirer le bien et repousser l'affliction.
Dès lors, il convient de conseiller cet ami et de lui rappeler les points suivants :
• Invoquer Allah pour les détails de ses épreuves d'ici-bas ne relève ni de l'impuissance ni de la paresse ; il s'agit plutôt d'un acte de dévotion et d'une conformité à l'exemple des Prophètes et des vertueux, qui sollicitaient Allah pour l'ensemble de leurs besoins.
• La résolution des problèmes par l'effort humain ne se concrétise et ne porte ses fruits que par le succès accordé par Allah, Sa facilitation et Sa grâce ; car les causes matérielles n'agissent pas par elles-mêmes, mais par la seule volonté de Celui qui les a instituées, Pureté et Gloire à Lui.
Et Allah sait mieux.