Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Sachez que lorsque votre père pardonnait et maintenait les liens, son attitude était conforme à la rectitude légale. En effet, le véritable lien de parenté ne consiste pas seulement à rendre la pareille à celui qui est bienveillant, mais à renouer avec celui qui a rompu les liens ou causé un tort. Le Prophète (
) a dit :
« Celui qui maintient les liens de parenté n'est point celui qui rend la pareille ; le véritable artisan du lien est celui qui, voyant ses liens rompus, les renoue. » (Rapporté par Al-Boukhârî).
Le préjudice et l'injustice subis par le passé sont certes douloureux, et l'appréhension que vous éprouvez quant à la santé de votre père est légitime et compréhensible. Néanmoins, l'appréciation de cette situation doit reposer sur les critères de la Loi sacrée, lesquels concilient le devoir de préserver les liens du sang et le principe de prévention du dommage.
La législation divine a grandement incité à l'acceptation de la réconciliation et au pardon lorsque l'on est en position de force, érigeant ces actes en causes d'une immense rétribution et de l'agrément divin. Allah, le Très-Haut, dit :
« Quiconque pardonne et réforme, son salaire incombe à Allah. » (Coran 42/40),
et Il dit :
« Qu'ils pardonnent et passent sur les fautes ! N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne ? Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran 24/22).
Et le Prophète (
) a dit :
« Allah n'ajoute à Son serviteur qui pardonne que noblesse et considération. » (Rapporté par Muslim).
Dès lors que l'oncle se présente en demandeur de conciliation et présente ses excuses, il relève des vertus morales les plus nobles et des convenances de ne point le repousser, d'autant plus à l'occasion d'une célébration de mariage propice au rassemblement familial. Éconduire celui qui vient présenter ses excuses est susceptible d'engendrer une rupture plus grave et d'exacerber les ressentiments.
Il ne vous est pas permis d'empêcher votre père de pardonner à son frère ou de le convier à la cérémonie. Le père demeure le titulaire exclusif du droit d'absoudre l'offense qui lui a été faite, et il est le plus à même d'apprécier ses sentiments envers ce frère qu'il a élevé et avec lequel il partage les souvenirs de son enfance.
Sachez également qu'aider le père à maintenir ses liens familiaux et apporter la joie à son cœur relèvent du parfait accomplissement de la piété filiale. L'entraver dans sa volonté de se réconcilier pourrait être source d'affliction et d'anxiété pour lui, ce qui serait bien plus préjudiciable à sa santé et à sa pathologie.
Quant au manquement de votre oncle à l'égard de la prière, cela ne doit pas faire obstacle au maintien des liens de parenté ni à l'acceptation de sa démarche. Au contraire, le convier, le rassurer et se réconcilier avec lui pourraient contribuer à adoucir son cœur, favoriser son repentir et l'inciter à observer assidûment la prière, car la bienfaisance et la proximité ouvrent les voies de la guidée.
Notre conseil est donc d'inviter l'oncle à assister au mariage afin de rompre l'état de rupture et d'acquérir la rétribution spirituelle.
Toutefois, sa présence au mariage n'implique nullement de renouer une promiscuité quotidienne excessive ni d'entrer dans des détails susceptibles de réveiller les différends. Il suffit de s'en tenir à des égards bienveillants, à l'échange des salutations et à des rencontres ponctuelles lors d'occasions espacées. En effet, l'obligation de maintenir le lien s'accomplit par un seuil minimal garantissant la salutation, la prise de nouvelles et l'éloignement de tout tort.
En conclusion, la solution la plus conforme aux prescriptions de la Loi et à la bienséance consiste à encourager le père à inviter son frère et à accepter la conciliation, tout en observant la prudence et la modération nécessaires dans les rapports ultérieurs afin de se prémunir contre tout préjudice.
Et Allah sait mieux.