Le jeŻne du voyageur

Le jeŻne du voyageur
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Le musulman qui entreprend un voyage au cours du mois de Ramadan est autorisé à ne pas jeûner, pourvu qu’il rattrape plus tard les jours de jeûne ratés. Qu'il ait entamé le voyage avant le mois de Ramadan ou pendant celui-ci, il bénéficie de cette autorisation, car Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours » (Coran 2/185). En outre, Anas ibn Mâlik, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit : « Pendant le mois de Ramadan, nous entreprîmes un voyage en compagnie du Prophète (). Certains d’entre nous jeûnaient, tandis que les autres pas. Les jeûneurs ne critiquaient pas ceux qui ne jeûnaient pas, pas plus que ces derniers ne critiquaient les premiers. » (Boukhari et Mouslim). Dans les Sunan, il a été établi que l’un des Compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, rompait son jeûne dès qu’il s’éloignait des habitations de son village, soulignant que c’était une sunna.

Le musulman est donc autorisé à ne pas jeûner, tant qu’il est en voyage, à condition que ce voyage ne soit pas pour lui un moyen détourné de rompre le jeûne. Si tel est le cas, il lui est interdit de rompre son jeûne, afin de contrer son intention malicieuse. Selon l’avis prépondérant des oulémas, si un musulman décide de rester plus de quatre jours dans un pays, il doit jeûner, car dans ce cas les dispositions du voyage ne s’appliquent plus à lui.

Certains oulémas ont dit qu’il est préférable pour le voyageur de choisir, du jeûne ou de la rupture du jeûne, ce qui lui est le plus aisé. Abû Sa’îd al-Khudrî, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit : « Les Compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, trouvaient que celui qui se sentait capable de jeûner [pendant le voyage] et jeûnait effectivement, faisait une bonne chose, et que celui qui se sentait incapable de jeûner et ne jeûnait pas faisait une bonne chose également » (Mouslim). Par ailleurs, Hamza ibn ‘Amr al-Aslamî, qui était un jeûneur assidu demanda un jour au Prophète () :
- « Ô Messager d’Allah, Dois-je jeûner pendant le voyage ? ».
- « Si tu veux, jeûne, et si tu ne veux pas, ne le fais pas », lui répondit le Prophète (), (Boukhari et Mouslim).

Cependant, s'il a des difficultés à jeûner, il doit absolument s’en abstenir, car lorsque pendant un voyage le Prophète () a eu vent que certains Compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, avaient de la peine à jeûner, il a alors rompu son jeûne pour que ces derniers l’imitent. Plus tard, quand on l’a informé que certains Compagnons avaient tout de même maintenu leur jeûne, il a dit () : « Voilà les désobéissants ! Voilà les désobéissants ! » (Boukhari et Mouslim).

D’après Djâbir, qu’Allah soit satisfait de lui, le Prophète () était en voyage quand il vit du monde et un homme à qui on faisait de l’ombre. Il demanda :
- « Qu’est-ce que c’est ? ».
- « Un homme en jeûne », répondirent les gens.
- « Ce n’est pas un acte de bonté pieuse que de jeûner durant le voyage », dit le Prophète (), (Boukhari et Mouslim).

Si pour le voyageur, il est aussi pénible de ne pas jeûner que de jeûner, il lui est recommandé de jeûner, pour profiter du mérite du mois de Ramadan, parce que le jeûne collectif suscite habituellement l'ardeur et l'enthousiasme du musulman, également parce que ce comportement est plus à même de libérer sa conscience et parce que le Prophète () a fait ainsi dans certains de ses voyages. L'Imam Ahmed et un groupe d’oulémas, qu’Allah leur fasse miséricorde, ont soutenu eux que la rupture du jeûne était préférable pour le voyageur même s’il n'avait aucune peine à jeûner, pour user de la dispense accordée par Allah, exalté soit-Il, Qui dit (sens du verset) : « Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours » (Coran 2/185). En outre, le Prophète () a dit : « Allah aime que l’on use de Ses dispenses comme Il déteste qu’on Lui désobéisse » (Ahmed). Aussi, le Prophète () a eu l’habitude de se comporter ainsi jusqu’à sa mort, et certains Compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, rompaient leur jeûne dès qu’ils s’éloignaient des habitations de leurs villages, soulignant que c’était une sunna.
 

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