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Notre nation progresse-t-elle ou régresse-t-elle ?

Notre nation progresse-t-elle ou régresse-t-elle ?
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A l'apogée de la prospérité de la civilisation musulmane, la Nation de l'islam était, sur le plan moral, législatif et urbain, en avance sur les autres nations ce qui lui a  permis de formuler les aspirations de beaucoup de nations et de leur montrer comment avoir une vie décente, concrétisant ainsi une règle constante qui dit que le plus puissant, le plus savant  et le plus moderne ouvre la voie du progrès aux autres qui n'auront alors qu'à le suivre en lui emboitant le pas à l’instar des grandes armées qui marchent derrière leur commandant.

Aujourd'hui nous souffrons de cette situation,  puisque non seulement nous  ne sommes pas à la tête du convoi de la civilisation, mais nous n’en  partageons même pas son leadership ! Dès lors nous ne pouvons pas avoir, comme il se doit, mainmise sur nos propres affaires.
Or  pour jouir de notre  indépendance intellectuelle et morale il nous est nécessaire  de pouvoir contrôler nos ambitions et nos aspirations pour les orienter à notre guise, contrôler la formulation des normes et de références aussi bien pour ce qui est acceptable, excellent, amusant et nécessaire que pour ce qui est dangereux, médiocre et  mauvais. Il est fortement perceptible aujourd'hui que la mondialisation a mis tout le monde dans une sorte de grande bétonnière.
Le progrès technique a fourni un degré d'ouverture et de communication mondiale que le plus intelligent esprit ne pouvait même pas imaginer. Aussi il  n'est un secret pour personne que lorsque le fort et le faible, le producteur et le consommateur se rencontrent, c'est le plus souvent, au bénéfice du fort et du producteur. C'est ce que nous voyons en constatant aujourd'hui que l'éclat des pays industrialisés ne cesse de se renforcer aux yeux de nombreux Arabes et musulmans tout comme l'aspiration à la simulation  tout azimut est devenue exponentielle par rapport à ce qu'elle était il y a vingt ans au point que certains des intellectuels qui sont pourtant des musulmans pratiquants sont devenus si engoués  par l'Occident qu'ils en sont venus à espérer que l'on dispose de tout ce dont celui-ci dispose à tous les niveaux et dans tous les domaines.
 
Il est vrai que ce genre d'aspiration n'est pas nouveau, mais il est vrai aussi que la tranche favorable au copiage de l'Occident sur une échelle plus grande a incontestablement augmenté par rapport au passé ce qui, évidement, constitue un point faible et un signe indéniable du retard accusé par notre Ouma d'aujourd'hui.

Il y a un deuxième point concernant lequel je sens que notre Ouma  est en régression, je veux parler de la tendance à favoriser la forme et l'apparence au détriment du contenu et de la substance. En effet, le progrès sur le plan urbain tend à accorder plus d'importance aux apparences au dépend du fond. C'est ce que nous observons aujourd'hui et que nous voyons partout. Il ne me semble pas que la profession de la technique de la décoration n’ait jamais autant fleuri, à n’importe quel stade de notre histoire, qu’elle ne l’a fait aujourd'hui. Par contre, on constate une sorte de renoncement et de négligence vis-à-vis des valeurs liées à l'éthique, à  la substance et au fond  tels l'abandon des plaisirs de ce monde, l'humilité, l'altruisme et la purification de l'âme de ses vices et de ses défauts ainsi que l'affinement des cœurs et des esprits .
Tout cela est consécutif à l'empreinte significative qu’a laissé la civilisation matérielle sur notre culture et sur  notre comportement quotidien.
Le troisième point négatif que je tiens à soulever c'est le fait de privilégier, de façon plus ouverte, l'intérêt personnel ce qui n’est, somme toute, qu’une des sécrétions négatives du progrès enregistré sur le plan urbain. Une telle situation rend les gens si âpres à toute forme de gain supplémentaire et si obsédés par lui qu'ils sont devenus particulièrement tolérants et complaisants sur les méthodes de gagner tout en étant peu regardants par rapport aux interdictions qui peuvent les entacher. Il faut dire aussi que le sentiment d'appartenance à la Ouma a régressé, tout comme d'ailleurs le souci de l'intérêt public et la volonté d'aller au plus pressé.
À l'issue de ces articles je voudrais dire une chose: la situation de la Ouma  aujourd'hui - sans entrer dans les détails - est bien meilleure qu'elle ne l'était il y a quatre cents ans, mais si nous comparons notre situation d'aujourd'hui à celle d'il y a vingt ans, force sera pour nous de constater que certains aspects de notre vie progressent alors que  d'autres régressent et reculent.
C'est peut être l'occasion pour moi d'attirer l'attention sur ce qui suit:
1 - Notre appréciation de notre situation continuera à être approximative en raison de l'imprécision des mesures que nous utilisons de même que nous continuerons à avoir certaines divergences dans le domaine.

2 - Il est très important pour nous de disposer d'un grand nombre d'institutions, de  cadres et d'activités pour assurer le suivi des changements qui interviennent dans notre quotidien. Ainsi il parait que l'attention qu'on donnait à beaucoup de bonnes actions n'est plus la même. De même on constate l’existence, ici et là, d’un grand nombre d'initiatives à la fois pertinentes et appropriées. Ce qui fait qu'un suivi systématique et professionnel est susceptible de nous fournir une aide précieuse pour mettre en place des projets de reforme afin de bien nous organiser pour ne pas être pris de court par les développements  en cours.
 
3 -J'invite tous ceux qui ont la capacité de voir clair dans ce qui se passe dans la réalité, tous ceux qui peuvent comprendre les facteurs qui exercent un impact sur les tendances de la réalité, à s'y mettre pour  contribuer à la sensibilisation de la Ouma  et pour éclairer l'opinion publique afin qu'elle ne se laisse pas emporter par les courants irrationnels.
4 – La précision des définitions, des concepts et des termes de la civilisation restera notre point de départ avant toute tentative visant à comprendre ce qui nécessite de notre part un plaidoyer ou une promotion ainsi que ce qui demande un peu de précaution mais beaucoup de résistance.

Une chose est sûre : Avant comme  après, la gestion de toutes les affaires du monde restera entre les mains d'Allah seul.

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