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Papa, c’est une boîte remplie de bisous…

Papa, c’est une boîte remplie de bisous…
13047 2011

Un soir ordinaire, le père de famille rentre à la maison fatigué après une longue et pénible journée de travail où il a eu à résoudre maints problèmes. Après le diner, un peu remis sur pied mais pas assez en forme pour supporter de nouvelles perturbations, il remarque que sa petite fille âgée de trois ans souffle encore et encore dans une boîte. Il s’installe dans son fauteuil pour y regarder les informations mais le bruit que fait la petite en soufflant dans la boîte lui devient pénible, il le prend comme une source de harcèlement n’ayant pour but que de l’empêcher de se détendre devant le JT. Soudain pris d’une pulsion il crie sur la petite en lui ordonnant sèchement de stopper son entreprise de nuisance sonore. La petite le regarde alors d’une manière profondément triste, pose la boîte, gagne sa chambre en silence et ferme derrière elle la porte son aucun bruit. A cet instant il est pris de remord, il s’en veut d’avoir réagi de manière disproportionnée avec sa fille qui n’a après tout que trois ans. Tant pis il essaiera de faire mieux la prochaine fois, il se remet devant la télévision et finit par s’endormir devant un programme abrutissant.

Le lendemain après le diner la petite vint voir son père pour lui parler d’une histoire que sa mère lui a racontée durant la journée. Dans cette histoire on y dit que l’on peut donner des cadeaux aux gens simplement parce qu’on les aime. Cette anecdote fut si agréable à entendre pour le père qu’il fut vraiment heureux d’avoir une telle famille. La petite fille se mit alors à courir pour se rendre dans sa chambre et revint avec un cadeau joliment emballé qu’elle donna à son père. Ce dernier déballa le cadeau et doucement ouvrit la boîte. A l’intérieur : rien. Il fut surpris et se demanda ce qu’il pouvait dire, il chercha ses mots et tout confus remercia sa fille pour cette si jolie boîte si bien emballée. Ce à quoi la petite répondit : « Papa ne soit pas bête. On ne peut pas offrir à quelqu’un une boîte vide. Papa, c’est une boîte remplie de bisous… J’ai compté hier et je l’ai remplie de 120 bisous spécialement pour toi. » Ensuite elle l’embrassa sur la joue. Le père en avait les larmes aux yeux. Il réalisa que la vieille à la même heure il l’avait disputée alors que la petite était en train de remplir la boîte de bisous pour lui !

Plus tard dans la soirée, il raconta à sa femme ce qui s’était passé et jura de ne plus jamais se laisser dicter son comportement par la fatigue, la frustration ou l’agacement.

Cette petite histoire est une bonne leçon pour chacun de nous ! Laissons-nous notre égoïsme, notre fatigue ou encore responsabilité dicter notre comportement ou sommes-nous assurés que celui-ci est conditionné par nos valeurs et nos objectifs ? Dans le cas présenté ci-dessus le père aurait pu y songer et travaillait sur ces quelques points :
• Il aurait pu voir dans le bruit que sa fille faisait une occasion d’exercer sa patience et persévérance. En effet nous ne sommes pas testés sur ces deux qualités lorsque tout va bien et est facile à contrôler.
• La meilleure da'wa que nous pouvons faire à nos enfants est de leur montrer le bon exemple, d’être avec eux tendres, doux tout en adoptant une attitude cohérente dans nos relations avec eux.

• Lorsqu’un parent doit nécessairement répondre de manière ferme pour corriger un mauvais comportement, il doit faire attention à rester calme et à ne pas réagir violement sous le coup d’une pulsion.
Répondre de manière calme et pondérée et non pas de manière impulsive s’apprend et se travaille. David Peck, un entraineur et un consultant en management, donne cinq conseils à utiliser pour ne pas réagir impulsivement :
1. La première des choses est de se rendre compte que nous sommes en colère et de s’empêcher d’agir sous l’emprise de cette émotion
2. faire une pause afin de nous calmer
3. faire le vide en nous
4. attendre que la tension redescende puis
5. répondre aux problèmes de manière appropriée. Même si la réponse vient après une heure, un jour ou une semaine une réponse donnée dans le calme est meilleure que celle prise sous l’emprise de la colère. « Que connaissons-nous sur le sujet ? Quelle est la meilleure manière d’agir ? Qu’est-il nécessaire de faire ici ? » Ces questions simples et pragmatiques ne peuvent faire surface que lorsque nous nous maîtrisons parfaitement. Ces questions peuvent nous guider vers ce qu’il y a de mieux pour nous.
Attendre que le pic d’adrénaline redescende et ne répondre que lorsque nous nous sentons calmes et sereins, que nous nous maîtrisons est un conseil qui n’est pas sans nous rappeler les nombreux enseignements qui se trouvent dans les versets du Noble Coran et la Sunna :
La maitrise de la colère est l’une des caractéristiques des hommes pieux, Allah, exalté soit-Il, dit à propos de ces derniers « […]. Qui dominent leur rage et pardonnent à autrui - car Allah aime les bienfaisants - » (Coran 3/134)
Un homme vint demander au Prophète () de lui faire une recommandation et la seule qu’il lui fait malgré son insistance est : « Ne te mets pas en colère» (Boukhari)
« Celui qui contrôle la colère alors qu'il est en mesure de l'exprimer, Allah, exalté soit-Il, l'appellera devant toutes les créatures le Jour de la Résurrection et lui demandera de choisir parmi les Houris celles qu'il désire ! » (Abou Dawoud et At-Tirmidhi)

« L'homme fort n'est pas celui qui terrasse son adversaire, mais l'homme fort est celui qui maîtrise sa colère. » (Boukhari).

«Si l'un d'entre vous se met en colère et qu'il est debout, qu'il s'assoit donc ; et si la colère ne le quitte toujours pas, qu'il s'allonge» (Abou Dawoud et Ahmad).

« Si l'un d'entre vous se met en colère, qu'il se taise! » (Ahmed)

Combien serions-nous inspirés si nous appliquions ces versets et hadiths et en tirions profit.
Allah le Tout-Puissant dit : « Et rappelle ; car le rappel profite aux croyants. » (Coran 51/55). Le sens de ce verset est que la personne qui donne le conseil en bénéficie aussi, un proverbe latin dit : « repetitio est mater studiorum », que l’on pourrait traduire par « La répétition est la mère des études », « L'expérience fait le maître » ou encore « C’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Ce qu’il est important de comprendre ici est que la répétition d’une chose est nécessaire à son acquisition, que ce soit un savoir, une technique ou une qualité.
Il existe une technique assez simple mais très efficace pour se rappeler des points sur lesquels nos efforts doivent se concentrer, il suffit de créer une image dans nos esprits représentants ces points. Par exemple dans le cas du père de famille cité dans l’histoire du début de l’article, pour se rappeler de la leçon qu’il a tirée de l’épisode de « la boîte de bisous », il lui est possible d’imaginer une image représentant un graphique avec un pic symbolisant la frustration, la colère, les cris ou n’importe quelles autres émotions négatives. Lorsque l’image est bien associée à l’émotion et qu’alors elle apparait lors d’un accès de l’une de ces émotions, il est alors temps de passer à la deuxième phase du plan à savoir être patient et endurant. Il peut aussi se représenter une image liée à ces émotions, le cadeau que sa fille lui a offert, ce symbole sera peut-être encore plus efficace car plein d’émotions, l’innocence de sa fille, les larmes qu’il a eues, etc. A chaque fois qu’il sentira une émotion négative faire surface, il aura alors à se représenter cette imagine pour renforcer son effort.
Visualiser une image demande diverses compétences mentales qui vont aider à renforcer notre travail, c’est un processus qui permet de « voir » les buts que nous nous sommes fixés. Ibrâhîm al-Taymî, un des Tâbi’în (un personne ayant rencontré un des Compagnons du Prophète ()), était connu pour son exceptionnelle capacité à se concentrer durant sa prière. Lorsqu’il fut interrogé à ce sujet, il répondit simplement que lorsqu’il récitait un passage qui parlait du Paradis et de ces délices, il s’imaginait au Paradis au milieu des jardins où coulent des rivières de miel et de lait, et lorsqu’il récitait un passage parlant de l’enfer et de ses supplices, il s’imaginait y souffrir de milles tortures.
En fait lorsqu’il s’agit d’apprendre par la méditation ou la réflexion, le cerveau ne fait pas la distinction entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Ceci est un outil dont nous devons nous servir pour nous habituer à réagir de la meilleure des manières. Vous voulez un conseil pour finir ? Rappelez-vous de la petite fille et de sa boîte de bisous !

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