La minorité musulmane dans le Royaume du Swaziland

Jeudi 7-3-2013| IslamWeb

Le Royaume du Swaziland est un pays se situant à l’intérieur des terres du continent africain, il se situe exactement au sud de ce dernier, il est entouré par l’Afrique du Sud au nord, au sud et à l’ouest, et à l’est il partage sa frontière avec le Mozambique. Le nombre d’habitants de ce petit royaume atteint les un million et demi, il est devenu un protectorat britannique depuis l’année 1881, il faudra attendre 1968 pour que le Swaziland obtienne son indépendance.
Les deux langues officielles de ce petit pays sont l’anglais et le swati, sa capitale est la ville de Mbabane, son économie est essentiellement basée sur la culture du riz, du maïs, du coton et de la canne à sucre, par ailleurs, ce pays pratique l’élevage de bovins et de chèvres notamment ; les produits de cette économie agricoles destinés à l’exportation sont majoritairement vendus aux pays voisins : le Mozambique, mais surtout l’Afrique du Sud (9/10e des exportations totales).
Il est à noter que les habitants du Royaume sont très majoritairement des Africains (97 %), même si l’on trouve quelques Européens (3 %). Les religions pratiquées au Swaziland sont les suivantes : on trouve 70 % de catholiques, 20 % de musulmans et 10 % de pratiquants de diverses religions (animisme, judaïsme, etc.). L’Islam s’est implanté récemment au Royaume du Swaziland via notamment l’émigration de populations pratiquant cette religion issues d’Afrique du Sud et du Mozambique, ces populations étaient notamment constituées de commerçants qui ont, en plus de faire des affaires, entrepris un travail de prédication auprès des populations locales. La prédication islamique a commencé à fonctionner de manière officielle à partir de 1989.

Les problèmes rencontrés par les musulmans du pays :

Parmi les principaux problèmes rencontrés par les musulmans du Swaziland on trouve entre autres :
1 – Une désunion des rangs musulmans dans le travail islamique et donc une absence d’un front uni et commun travaillant comme un seul homme à l’organisation de structures adaptées pouvant relever les défis faisant face à la communauté, et ce, de manière officielle et en partenariat avec les représentants du pouvoir du pays.
2 – Les musulmans doivent également relever le défi des divisions religieuses au sein de leur propre communauté provoquées par le travail incessant de sectes religieuses comme la Qâdiyâniyya ou le Chiisme, lesquelles sont très répandues en Afrique de manière générale et au Swaziland en particulier.
3 – Organisation d’un système de séparation forcée des diverses ethnies du pays, ce qui favorise beaucoup les sentiments racistes et empêche les musulmans de se réunir sur la base de leur foi commune malgré leurs origines ethniques diverses.
4 – Absence d’un système d’enseignement islamique unifié au Swaziland, ce qui favorise la désunion des musulmans et la confusion, et par conséquent le refus du gouvernement d’officialiser ces trop nombreux systèmes d’enseignement.
5 – L’insuffisance d’organisations ou d’institutions communautaires fournissant des livres islamiques en langue anglaise ou en langue swati, car en effet la demande des musulmans dans ce domaine est extrêmement forte.
6 – Présence de profondes divergences entre les différentes organisations islamiques et absence d’une vision à long terme de ces organisations.
7 – Absence d’institutions ayant pour mission de prêcher l’Islam aux Africains noirs.
8 – Faiblesse des organisations islamiques de prédication face au dangereux et efficace dynamisme des mouvements d’évangélisation qui sont pour la plupart financés et organisés par des Américains.
9 – Immenses efforts, et notamment financiers, consentis par les mouvements évangélistes dans les domaines de la santé et de l’agriculture en direction des populations musulmanes, évidemment avec l’arrière-pensée de la prédication, alors que dans le même temps les organisations islamiques n’ont ni les moyens ni la logistique d’occuper ces terrains-là.

Si les différents problèmes que nous venons de soulever peuvent s’appliquer à de nombreux pays africains où les communautés musulmanes sont minoritaires, désunies et assez faibles, les musulmans du Royaume du Swaziland rencontrent des problèmes qui leur sont spécifiques, et parmi ces derniers on trouve le grave problème du Sida. En effet, le problème de la grande diffusion du Sida dans ce petit pays est l’un des problèmes les plus dangereux menaçant les musulmans, il faut savoir que le Swaziland est l’un des pays du monde où l’espérance de vie est la plus faible (49,42 ans estimation 2012), principalement car c’est aussi le pays du monde où le taux de prévalence chez les adultes du Sida est le plus élevé, avec 25,9%. Face à ce qu’il faut bien appeler une véritable épidémie, le gouvernement du Swaziland a opté entre autres pour une solution islamique, c’est-à-dire qu’il a rendu obligatoire la circoncision de tous les hommes, ce qui doit avoir pour conséquence de limiter considérablement les nouvelles contaminations, car en effet il a été démontré scientifiquement que la circoncision est un frein à la transmission de cette maladie sexuellement transmissible.

Pour finir sur une touche un peu plus positive et optimiste voici la liste des principales organisations islamiques sud-africaines qui ont des branches et succursales dans le Royaume du Swaziland : le Centre de prédication islamique mondiale, le Comité des jeunes musulmans, le Haut comité de jugement, le Mouvement des jeunes musulmans, le groupe des oulémas, le Mouvement Tabligh, le Mouvement de la prédication islamique ou encore le Centre islamique : Nûr al-Islâm.
Evidemment même si la présence de ces diverses organisations est plutôt une chose positive, comme nous l’avons rappelé dans l’article leur principal problème est la désunion, si les musulmans du Swaziland veulent s’organiser et devenir une force qui compte politiquement et économiquement, ils n’ont d’autre choix que de s’unir et essayer de parler d’une seule voix. Nous sommes bien conscients que le nerf de la guerre reste l’argent, et par conséquent cette réorganisation de la communauté musulmane ne pourra se faire qu’avec des soutiens financiers extérieurs, en somme, ils doivent communiquer sur leur situation pour attirer l’attention des pays musulmans économiquement prospères avec lesquels des partenariats économiques seraient possibles. Il faut bien voir que pendant que nous musulmans dormons, les mouvements évangélistes, qui sont des officines américaines, eux, ont fait de l’Afrique un terrain de chasse, ils y convertissent hélas de nombreux musulmans grâce à leurs dollars et à leur organisation bien huilée. Enfin, une diffusion au Swaziland d’un Islam bien compris et pratiqué correctement aurait pour vertu de freiner l’épidémie du Sida, pas seulement grâce à la circoncision des hommes, mais surtout parce que l’Islam est un système de valeur vivant et dynamique qui éloigne les individus de ces turpitudes, il donne un sens à la vie et une éthique équilibrée et saine. Le Sida fait son nids et se développe dans les sociétés où les individus ne croient en rien et sont dans une recherche désespérée du plaisir charnel qui est fugace et illusoire. Les chiffres nous disent que les habitants du Swaziland sont majoritairement catholiques, mais cette épidémie de Sida effrayante qui touche ce petit pays est la preuve que l’Eglise a complètement échoué dans sa mission, elle n’a pu convaincre ces populations de suivre une voie qui les écarteraient de ce fléau. En conclusion et au risque de nous répéter, il paraît évident que seul l’Islam peut sauver ces populations d’un fléau endémique qui les aura bientôt anéantis si elles ne se réforment pas radicalement.

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