Ramener à la raison un père qui ne prie pas et boit de l'alcool ?
Fatwa No: 307786

Question

Assalamu Alaykum,Mon père vit avec nous à la maison, tout le monde prie sauf lui, en plus il ramène de l’alcool à la maison, que puis-je faire ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Si la situation de votre père est telle que vous l'avez mentionnée et qu'il ne prie pas et boit de l'alcool, il est alors en grand danger. En effet, ces deux choses sont des péchés capitaux et certains oulémas ont même déclaré que celui qui délaisse la prière, même par paresse, devient mécréant, mais cet avis n'est pas celui de la majorité des oulémas. Néanmoins, le fait qu'il y ait divergence quant à la mécréance de la personne qui délaisse la prière est déjà suffisant pour démontrer le mal d’un tel acte. Quant à celui qui délaisse la prière par déni de celle-ci, il est mécréant et apostat à l’unanimité des savants.

Il ne fait aucun doute qu’un fils a le devoir de bien se comporter envers son père même si ce dernier est mécréant. La meilleure chose que vous puissiez faire pour votre père est de vous efforcer de le remettre dans le droit chemin. Multipliez donc les invocations en sa faveur ; efforcez-vous de le conseiller et faites-vous aider de savants et de personnes pieuses si besoin est. Il se peut qu'Allah lui permette de se repentir et le guide dans le droit chemin.

Ensuite, s'il persiste dans ses péchés, la question est de savoir s'il vous est permis de le contraindre par la force à mettre un terme à ce mal sans lui porter préjudice physiquement, mais en sachant qu'il pourrait se mettre en colère ? Cette question fait l’objet d’une divergence entre les oulémas. Al-Ghazâlî a dit : Réprimander le mal est composé de cinq étapes et l'enfant peut utiliser les deux premières que sont l'explication avec la personne puis le bon conseil avec douceur. Il n'a par contre pas le droit d'utiliser l'injure, la violence et les menaces, ni les coups directs, et ces choses (les injures, la violence et les menaces, et les coups) constituent les deux dernières étapes. La question est maintenant de savoir s'il peut utiliser la troisième étape qui consiste à empêcher un mal directement par la force pouvant nuire à son père et l'amener à se mettre en colère ? Cette question fait l’objet de divergence entre les oulémas. Cela consisterait par exemple à briser son luth, à jeter son alcool, à effilocher ses vêtements de soie, à rendre à ses propriétaires de l'argent volé ou aux musulmans l'argent de leur taxes que le père aurait pris et que son fils trouverait à son domicile, à détruire les représentations gravées dans les murs et sculptées dans le bois de sa maison ou encore à briser les ustensiles en or et en argent. Le fait de faire ces choses ne serait pas directement lié au père contrairement au fait de lui porter des coups et de l'insulter, mais le père en souffrirait et se mettrait en colère à cause de cela. Toutefois, l’action du fils est une cause juste et la colère du père ne provient que de son amour pour une passion déviante et illicite. Il semble, par raisonnement analogique, qu’il soit permis au fils de faire cela et qu’il lui serait même obligatoire de le faire… (Al-ihyâ')

Si vous devez en arriver là, contentez-vous de faire le strict nécessaire à condition que cela n'entraîne pas de nuisance plus grande encore. Ibn Hadjar al-Haytamî a dit : Le fils doit ordonner le bien et interdire le mal à ses parents avec douceur et non en leur faisant peur sauf s'il y est contraint. (Al-Zawâdjir)

Et Allah sait mieux.

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