Règle juridique concernant le refus de la résolution d’une vente après que le vendeur a informé l’acheteur des défauts connus du véhicule et que celui-ci les a acceptés
Fatwa No: 525106

Question

Quel est le jugement de la charia concernant le refus de résilier la vente d’une voiture d’occasion après l’officialisation du contrat, au motif de l’existence d’un défaut prétendu, alors que le véhicule a été soumis, à l’initiative de l’acheteur, à un contrôle complet afin d’éviter tout litige après la vente ?
J’ai vendu une voiture d’occasion âgée d’environ vingt ans. Il est évident pour toute personne raisonnable qu’un véhicule d’un tel âge peut présenter certaines remarques ou imperfections dues à son ancienneté.
J’ai demandé à l’acheteur de ne pas m’interroger sur l’état technique du véhicule, n’étant pas un expert en mécanique, et par crainte de donner des informations inexactes qui pourraient lui porter préjudice, par souci d’honnêteté. C’est pourquoi, avant de finaliser la vente, j’ai insisté pour qu’il fasse examiner la voiture de manière complète et par ses propres moyens afin d’éviter tout différend ultérieur. Je lui ai même proposé de se rendre dans un centre de contrôle spécialisé, mais il a préféré faire appel à un technicien de son choix, dont il a lui-même vanté la compétence à l’époque.
J’avais mentionné dans l’annonce le défaut existant sur le véhicule, je le lui ai montré lors de la visite, et c’est précisément en raison de ce défaut que le prix avait été réduit. L’acheteur a ensuite demandé une réduction supplémentaire, à laquelle j’ai consenti.
Un contrat préliminaire a été établi, puis un acte de vente officiel a été enregistré auprès du service compétent. Les deux contrats stipulaient expressément que la vente était définitive et irrévocable, après que l’acheteur eut examiné le véhicule de manière complète, excluant toute ignorance, et qu’il l’eut accepté dans l’état où il se trouvait, devenant dès lors responsable de celui-ci et assumant l’ensemble des responsabilités civiles, fiscales et liées aux accidents.
Après la conclusion et l’enregistrement officiel de la vente, l’acheteur a demandé l’annulation du contrat en se fondant sur l’avis d’un atelier privé, prétendant l’existence d’un défaut non avéré, alors que des rapports antérieurs le démentent. Il est même revenu sur ses propos en affirmant que le technicien qu’il avait mandaté ne s’y connaissait en rien . Or, les contrôles précédents sur la base desquels j’avais moi-même acheté ce véhicule excluent l’existence de ce défaut allégué.
Par ailleurs, le prix de vente a déjà été dépensé pour d’autres besoins, toutes les annonces relatives à la vente du véhicule ont été supprimées, et tous les rendez-vous avec d’éventuels acheteurs ont été annulés après la finalisation de la vente. Ces annonces représentaient en outre un coût financier important.
Sachant que la résolution de la vente entraînerait des pertes financières réelles, qu’il pourrait devenir difficile de revendre le véhicule, ou que sa valeur pourrait être fortement affectée en raison du fait qu’il a déjà été vendu, enregistré officiellement, puis restitué ;
Est-ce que je commets un péché, du point de vue religieux, si je refuse la résolution de la vente afin d’éviter le préjudice qui m’atteindrait, compte tenu de l’examen complet excluant toute ignorance, du caractère naturel des imperfections liées à l’âge du véhicule, des contradictions de l’acheteur concernant le technicien chargé du contrôle, et de son refus de se rendre dans un centre de contrôle spécialisé ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Il apparaît que cette transaction relève de ce que les juristes appellent la vente assortie d’une clause d’exonération des défauts. Les savants ont divergé sur la question de savoir si le vendeur est libéré de toute responsabilité par une telle clause.
Selon l’école hanafite — position également rapportée chez les chaféites et dans une version chez l’imam Ahmad — le vendeur est exonéré de tout défaut de manière absolue, qu’il en ait eu connaissance avant la vente ou non, à l’exception du défaut d’éviction (c’est-à-dire si le bien s’avère ne pas appartenir légitimement au vendeur, par exemple s’il est volé ou usurpé, auquel cas l’acheteur peut se retourner contre lui).
Il est dit dans La Majalla des règles juridiques :
Lorsqu’une personne vend un bien en se déclarant exempt de tout défaut qui pourrait apparaître, l’acheteur ne dispose plus de l’option liée au vice. Fin de citation.


Les malikites — ainsi qu’une version rapportée de l’imam Ahmad — estiment que le vendeur est exonéré des défauts qu’il ignorait, mais non de ceux qu’il connaissait.


Quant aux chaféites, ils considèrent que le vendeur n’est exonéré d’aucun défaut de manière générale, sauf dans le cas des défauts cachés propres aux animaux.


Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya a privilégié l’avis selon lequel, lorsque le vendeur n’a pas connaissance du défaut, il est exonéré par cette clause, et l’acheteur ne dispose pas du droit de résiliation.
Il dit dans Al-Fatawa al-Kubra :
L’avis correct concernant la vente assortie d’une clause d’exonération de tout défaut — et c’est celui sur lequel ont jugé les Compagnons et qu’ont adopté la majorité des savants — est que lorsque le vendeur n’avait pas connaissance du défaut, l’acheteur ne dispose pas du droit de restitution. Fin de citation.


Par conséquent, tant que vous avez informé l’acheteur des défauts que vous connaissiez, que vous lui avez permis d’examiner le véhicule de manière complète, qu’il l’a accepté dans son état après un examen excluant toute ignorance, et qu’il a assumé la responsabilité de tout défaut susceptible d’apparaître par la suite, il n’y a aucun mal pour vous à refuser la résolution de la vente, d’autant plus que le défaut invoqué n’est pas établi avec certitude.

 

Et Allah sait mieux.
 

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