Jugement concernant la réunion collective, à un jour déterminé, pour la récitation de formules de rappel spécifiques
Fatwa No: 525253

Question

Chaque lundi, après la prière d’al-‘Ichâ, nous nous asseyons en grand cercle, et l’imam ou la personne responsable prononce certaines formules de rappel, parmi lesquelles : la prière sur le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam), la récitation de la sourate Al-Fâtiha, la formule Lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâh (Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah), ainsi que des demandes de pardon.
Ils appellent cela chez eux al-khatm (la clôture).
Cette pratique est-elle permise ?
Qu’Allah vous accorde la meilleure des récompenses.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


L’évocation d’Allah — Exalté soit-Il — est une œuvre requise et légiférée en tout temps. Toutefois, le fait de spécifier des formules de rappel déterminées, à un jour précis, selon une forme particulière, relève de ce que l’on appelle les innovations additionnelles (al-bidaʿ al-idâfiyya) dans des actes dont le principe est, à l’origine, légiféré.
L’imam Ach-Châtibî a dit dans Al-Iʿtiçâm :
L’innovation consiste en une voie inventée dans la religion, qui ressemble à la voie légiférée, et dont on adopte la pratique dans le but d’intensifier l’adoration d’Allah — Exalté soit-Il.
Puis il en a précisé le sens en disant :
C’est-à-dire qu’elle ressemble extérieurement à la voie légiférée sans l’être réellement, mais qu’elle s’y oppose sous plusieurs aspects, parmi lesquels :
•    l’imposition de limites, comme celui qui fait le vœu de jeûner debout sans jamais s’asseoir ;
•    l’engagement dans des modalités et des formes spécifiques, comme le rappel collectif à l’unisson, ou le fait de prendre le jour de la naissance du Prophète () comme fête, et autres pratiques similaires ;
•    l’engagement dans des actes d’adoration déterminés à des moments précis, alors que cette détermination n’existe pas dans la législation, comme le fait de jeûner le quinzième jour de Shaʿbân et d’en veiller la nuit. Fin de citation.


Par ailleurs, les formules de rappel relèvent des actes d’adoration individuels, pour lesquels le rassemblement collectif n’a pas été légiféré. Ce qui est rapporté, c’est que chaque personne demande pardon pour elle-même et évoque Allah intérieurement. Quant au fait de se réunir à cette fin, que ce soit par une récitation collective à voix unifiée ou sous la direction d’une personne au sein du cercle, nous ne connaissons aucun fondement attestant sa légitimité.


Ach-Châtibî dit également dans Al-Iʿtiçâm :
Lorsque la législation incite à l’évocation d’Allah, et qu’un groupe s’engage à la pratiquer collectivement, d’une seule voix et selon une forme déterminée, il n’existe dans cette incitation aucune indication justifiant cette spécification contraignante. En effet, le fait de s’imposer des pratiques non obligatoires est compris comme une législation en soi, surtout lorsqu’elles sont accomplies par des personnes que l’on suit, dans des lieux publics comme les mosquées. Si ces pratiques sont affichées et instituées dans les mosquées au même titre que les rites connus — comme l’appel à la prière, les prières des deux fêtes ou celle de l’éclipse —, il est alors inévitable qu’elles soient perçues comme une Sunna, voire comme une obligation. Or, la preuve invoquée ne les englobe pas, et elles deviennent de ce fait des innovations introduites. Fin de citation.

Par conséquent, la réunion collective régulière chaque lundi après la prière d’al-‘Ichâ, selon la forme décrite, n’est pas légiférée et est considérée comme faisant partie des innovations introduites, qu’il convient d’éviter.

 

Et Allah sait mieux.
 

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