La fidya du jeûne selon la lecture de Hafs avec le singulier (miskîn) et la lecture de Warsh avec le pluriel
Fatwa No: 527314

Question

Concernant la fidya du jeûne dans la parole d’Allah :
fidyatun ta‘âmu miskîn (une compensation consistant à nourrir un pauvre),
doit-on lire ta‘âmu miskîn comme dans la lecture de Hafs, ou ta‘âmu masâkîn comme dans la lecture de Warsh ?
La différence entre ces deux lectures se limite-t-elle à la forme du mot sans différence de sens ? Et laquelle des deux lectures devons-nous adopter ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Il n’y a aucune contradiction ni opposition entre les deux lectures.
Dans la lecture au singulier : miskîn (pauvre), le sens est qu’il faut nourrir un pauvre pour chaque jour durant lequel le jeûneur n’a pas jeûné.
Dans la lecture au pluriel : masâkîn (pauvres), le sens est que celui qui ne jeûne tout le mois ou plusieurs jours doit nourrir un nombre de pauvres équivalant au nombre de jours non jeûnés.


An-Nasafî a dit dans At-Taysîr fî at-Tafsîr :
Le singulier “pauvre” correspond à chaque jour, tandis que le pluriel “pauvres” correspond à l’ensemble des jours.


Abû Hayyân a également dit dans Al-Bahr al-Muhît fî at-Tafsîr :
Celui qui lit masâkîn met le pluriel en face du pluriel ; quant à celui qui lit au singulier, cela correspond à la prise en compte du singulier à portée générale, c’est-à-dire : chaque personne qui est capable de jeûner mais ne jeûne pas doit nourrir un pauvre pour chaque jour.
Un exemple similaire est la parole d’Allah :
Et ceux qui accusent les femmes chastes sans produire quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups.
C’est-à-dire : fouettez chacun d’eux de quatre-vingts coups.
L’usage du singulier “pauvre” indique donc que la règle concerne un pauvre pour chaque jour non jeûné, ce que l’on ne déduit pas explicitement de la forme plurielle.


Et Allah sait mieux.

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