Argent obtenu de manière illicite et seuil de pauvreté
Fatwa No: 528484

Question

Selem aleykoum, j’ai de l’argent illicite que je perçois et je ne peux rien faire pour arrêter je me suis repenti. Ma mère me dit qu’elle en a besoin mais on ne sait pas ce que veut dire être dans le besoin selon la charia, je sais qu’elle est de temps en temps à découvert et que quelque fois elle arrive à s’en sortir avec 200€ à la fin du mois, quelle est la somme que je peux lui donner et à partir de quelle somme on est considéré comme nécessiteux. Je n’ai aucun revenue et je vis chez elle.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Le besoin (Al-Hâjah) se définit par le manque d'une chose qui, si elle est acquise, libère l'individu de la gêne et de la pénibilité. À l'inverse, si elle fait défaut, l'individu subit une gêne profonde et une épreuve sans pour autant atteindre le stade de la perdition (mort) ou de ses conséquences. Par conséquent, si le revenu de votre mère ne suffit pas à couvrir ses nécessités — telles que la nourriture, l'habillement, les soins médicaux, etc. — de sorte qu'elle éprouve des difficultés et de la gêne à se les procurer, elle est alors considérée comme étant dans le besoin.

S'il s'avère que vous détenez des fonds illicites en raison de leur mode d'acquisition et que vous ne pouvez cesser de les percevoir, il vous incombe de vous repentir devant Allah et de vous défaire de cet argent en le reversant aux pauvres et aux nécessiteux, car ils constituent les voies d'affectation de l'argent illicite. Vous pouvez ainsi donner tout ou partie de cet argent à votre mère si elle est pauvre et nécessiteuse, tout comme vous pouvez en prélever pour vous-même, mais uniquement à hauteur de votre besoin.

Cheikh al-Islâm Ibn Taymiyya a déclaré dans Al-Fatâwâ al-Kubrâ :
Le pauvre peut consommer — c’est-à-dire l'argent illicite perçu avec le consentement de celui le détient — et le responsable (de la gestion de cette argent illicite) peut en donner à ses auxiliaires ; et si le responsable est lui-même pauvre, il peut en prélever ce qui lui suffit.

Le seuil de suffisance ne fait l'objet d'aucune limite déterminée par la Loi religieuse (Charî'a). Il varie selon les personnes, les situations et les pays. L'essentiel est que cela se fasse selon l'usage convenable, sans excès ni gaspillage, et sans restriction ni avarice.

Et Allah sait mieux.

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