Percevoir une prime de performance sur des comptes de simulation de trading
Fatwa No: 538291

Question

Les sociétés de financement pour le trading fournissent un compte virtuel en contrepartie de frais d'inscription modiques. Une fois les conditions respectées et des gains réalisés, elles accordent au participant le droit de percevoir ces gains. Or, il ne s'agit pas d'opérations de négociation réelles sur les marchés financiers, mais plutôt d'une sorte de concours : si le participant remplit les critères requis, il perçoit les fonds conformément aux stipulations contractuelles. De plus, ces sociétés ne qualifient pas ces montants de profits/bénéfices , car ils proviennent de comptes de simulation et non de trading réel, mais les désignent sous le terme de prime de performance . Cela est-il illicite (haram) ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Nous avons précédemment explicité l'illicéité de souscrire à ce type de comptes, ainsi que le caractère prohibé des gains qui en sont tirés.
En effet, la situation du souscripteur oscille entre le gain et la perte : il verse une somme d'argent pour passer la phase d'évaluation qu'il risque de ne pas réussir, perdant ainsi le montant déboursé sans aucune contrepartie. Ce risque relève du jeu de hasard/pari (qimâr) formellement prohibé. Ibn Taymiyya — tel que consigné dans Majmû' al-Fatâwâ — a dit :
La notion de jeu de hasard (al-qimâr) implique qu'une personne se voie prélever son bien sous la condition d'un aléa, sans certitude d'obtenir ou non une contrepartie en retour, à l'instar de celui qui achète un chameau échappé, le fœtus d'une bête, ou d'autres transactions analogues dont la contrepartie peut advenir ou ne pas advenir.
Dès lors, le terme de maysir (jeux de hasard/spéculation illicite) mentionné dans le Livre d'Allah le Très-Haut englobe l'ensemble de ces pratiques, tout comme le hadith authentifié rapporté par Muslim selon lequel le Prophète () a prohibé la vente entachée d'aléa (bay' al-gharar), laquelle s'étend à toute transaction comportant un tel niveau de risque spéculatif. Fin de citation.


Par ailleurs, l'activité dont les gains sont promis au lauréat du concours est entachée d'un aléa majeur et d'une incertitude excessive, sans compter le fait que certaines de ces sociétés recourent délibérément à diverses complexités techniques et manœuvres déloyales pour faire échouer le trader sur le compte virtuel qu'elles contrôlent intégralement, afin de le priver du pourcentage de gains promis.


Pour de plus amples détails, se référer à la fatwa n° : 535786 .


Et Allah sait mieux.

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