Statut de celui qui recourt aux djinns et croit les propos d’un devin Fatwa No: 536326
- Fatwa Date:3-9-2026
Un homme a commis un acte d’association à Allah par ignorance du jugement religieux, comme celui qui recourt aux djinns pour traiter les effets de la sorcellerie ou qui croit les propos d’un devin. Est-il considéré comme ayant associé à Allah au même titre que celui qui connaît le jugement religieux, ou son ignorance constitue-t-elle une excuse ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
La question de déclarer mécréante une personne déterminée relève des juges et des savants. Vous ne devez donc pas vous préoccuper de juger des personnes en particulier ni de les accuser de mécréance.
Par ailleurs, le recours aux djinns n’atteint pas en lui-même le degré de la mécréance, bien qu’il soit interdit. De même, le fait de croire les devins ne constitue pas toujours un acte de mécréance : certaines formes relèvent de la mécréance, tandis que d’autres ne constituent qu’un péché.
Al-Buhûtî dit dans son commentaire d’Al-Iqnâ‘ :
Quant à celui qui prononce des incantations à l’adresse des djinns et prétend pouvoir les rassembler et obtenir leur obéissance, il ne devient pas mécréant pour autant et n’est pas mis à mort, car son cas n’est pas assimilable à celui dont les textes prescrivent la mise à mort pour pratique de la sorcellerie. Il doit toutefois subir une peine discrétionnaire sévère, sans aller jusqu’à la peine de mort, en raison de la gravité du péché qu’il a commis. Il en va de même pour le devin et le voyant. Le devin est celui qui dispose d’un esprit familier parmi les djinns qui lui transmet des informations, tandis que le voyant est celui qui émet des conjectures et se livre à des suppositions, à l’image de l’astrologue, lequel observe les astres pour en déduire les événements. Fin de citation.
En définitive, ce que vous avez mentionné ne constitue pas systématiquement un acte rendant son auteur mécréant, contrairement à ce que vous supposiez. C’est pourquoi nous vous avons mis en garde contre le fait de vous aventurer dans ces questions graves, car les conséquences d’une telle démarche ne sont pas louables.
Celui qui commet un acte entraînant la mécréance tout en ignorant que la religion l’interdit, et dont l’ignorance peut raisonnablement être admise — parce qu’il a, par exemple, grandi dans une région isolée ou qu’il s’est récemment converti à l’islam — ne devient pas mécréant pour autant, comme l’ont affirmé les savants. Allah le Très-Haut dit :
Nous n’avons jamais châtié un peuple avant de lui avoir envoyé un messager. (Coran 17/15)
Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — compte parmi ceux qui ont longuement établi cette règle et exposé les preuves qui la fondent. Ses propos à ce sujet sont nombreux et bien connus. Il a notamment déclaré :
Cela étant, j’ai toujours été — et tous ceux qui m’ont fréquenté le savent — l’un de ceux qui mettent le plus fermement en garde contre le fait de qualifier une personne déterminée de mécréante, de perverse ou de pécheresse, tant qu’il n’est pas établi que la preuve transmise par le Messager lui a été exposée, preuve dont la transgression peut faire de son auteur tantôt un mécréant, tantôt un pervers et tantôt un pécheur. J’affirme également qu’Allah a pardonné à cette communauté les erreurs qu’elle commet. Cela englobe aussi bien les erreurs concernant les questions doctrinales et les propos que celles relatives aux actes. Fin de citation.
Et Allah sait mieux.