Favoriser l'un des enfants dans la donation sans motif valable constitue une injustice Fatwa No: 536413
- Fatwa Date:6-9-2026
Un père a vendu, de son vivant, sa maison à son plus jeune fils après avoir proposé un tirage au sort entre l'ensemble des enfants. Trois filles ont refusé de participer au tirage en raison de leur manque de moyens financiers, et le fils aîné a également refusé d'y prendre part afin d'éviter toute rancœur ou différend avec son jeune frère, et parce qu'il ressentait une inclination du père à vendre la maison au benjamin.
Par la suite, le père a divisé le prix de vente de la maison en dix parts : deux parts pour lui-même, quatre parts pour les deux fils, et quatre parts pour la mère et les trois filles.
De plus, le père a exonéré le plus jeune fils des frais d'enregistrement de la propriété, en déduisant la somme de sept mille dinars du prix de vente avant sa répartition, sous prétexte que le benjamin achèterait un autre logement à l'avenir. Cela s'explique par le fait que la législation en vigueur dans le pays n'exonère l'acquéreur des droits d'enregistrement que lors de l'achat de son premier bien immobilier.
Le reste des enfants a éprouvé un sentiment d'injustice, dans la mesure où l'exonération accordée par le père au fils cadet équivaut presque à une part entière parmi les parts réparties. Quel est le jugement religieux applicable à ce cas ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
L'égalité entre les enfants en matière de donation est obligatoire, selon l'avis que nous privilégions et sur la base duquel nous délivrons nos avis juridiques. Cela s'appuie sur le célèbre hadith d'An-Nou'man ibn Bashir, établi dans le Sahih, par lequel le Prophète () a ordonné à Bashir ibn Sa'd, père d'An-Nou'man, d'être équitable entre ses enfants dans la donation, lorsqu'il fit don à An-Nou'man d'un verger lui appartenant.
Ibn Qudama a précisé après avoir cité le hadith : Ce hadith constitue une preuve de l'interdiction, car il l'a qualifiée d'injustice, a ordonné sa révocation et a refusé d'en être témoin. Or, l'injustice est illicite et l'injonction implique l'obligation. De plus, privilégier certains d'entre eux engendre entre eux l'animosité, la haine et la rupture des liens de parenté ; cela a donc été prohibé, à l'instar de l'interdiction d'épouser une femme en même temps que sa tante paternelle ou maternelle. Fin de citation.
Le fait de consentir un avantage financier indu (un traitement de faveur sur le prix) à l'un des enfants est assimilé à une préférence accordée au détriment de ses frères et sœurs dans la donation.
Par conséquent, si ce père a favorisé son fils sans motif légitime justifiant une telle préférence — tel qu'une infirmité ou un état de besoin particulier —, il est tenu d'octroyer aux autres enfants l'équivalent de la somme déduite du prix, ou d'exiger dudit fils le versement de l'intégralité du prix de vente.
Et Allah sait mieux.