Suspicion relative à l'examen de la Sunna à la lumière du Coran

Suspicion relative à l
  • Date de publication:16/12/2009
  • Catégories:Controverses
  • Fréquence:
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Tout d’abord nous sommes ordonnés de nous appuyer en matière de législation sur la Sunna prophétique, comme sur le Coran. Les textes établissant cela sont très nombreux, nous pouvons en citer à titre d’exemple :
Allah, Exalté Soit-Il, dit (sens du verset): " Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’ entre vous qui détiennent le commandement." (Coran : 4/59). 
Il dit aussi, exalté soit-Il (sens du verset) : " Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en." (Coran : 59/7).
Aussi le Messager d'Allah, , a dit : " Attachez-vous à ma voie, Sunna, et à la voie, Sunna, des Califes bien-guidés " (Abou Dawoud, Ibn Maja, Ibn Hibbane, At-Tirmidhi qui le qualifia de bon, Hassan, et authentique, Sahih.)
Pour prouver le manque de force juridique de la Sunna, les détracteurs de celle-ci mettent en avant des Hadiths forgés par les Zenadigha (athées) et qu'ils présentent comme imposant la révision de tous les hadiths à la lumière du Coran et leurs comparaisons avec Celui ci. Si ces hadiths sont conformes au Livre, ils constitueraient, selon eux, un argument et donc une raison valable pour être sauvegardés et même appliqués. S’ils se révèlent être contraires au Livre même en apparence seulement alors qu'au fond ils sont conciliables avec lui, la Sunna devient,  à leurs yeux, nulle et non avenue et sans rapport aucun avec les hadiths ou les actes du Prophète. Parmi les hadiths qu’ils citent à l’appui de ce qu’ils avancent, il y a ces deux:
« Le Hadith rapporté de moi se propagera largement. Ce qui vous parvient et diffère du Coran n’est pas de moi. »
« S’il vous parvient de moi un Hadith, confrontez-le au Livre d’Allah. Ce qui est en accord avec lui, prenez-le. Ce qui est en contradiction délaissez-le. » 
Les imams du Hadith ont montré que ces Hadiths sont inauthentiques (inventés) et faussement attribués au Prophète . Le Coran lui-même dément ces Hadiths. Si nous les confrontons au Coran, nous y trouverons ce qui les contredit et les démentit : " Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en." (Coran : 59/7).
Ainsi cette allégation porte en elle-même la preuve de sa fausseté. Pour Al-Havedh As-Souyouti ce sont les Zenadigha qui l’ont depuis longtemps tenue et entretenue. De nos jours elle est défendue par certains détracteurs de la Sunna comme ceux que nous avons mentionnés dans nos précédant articles sur le même thème.
Parmi les détracteurs qui soutiennent cette allégation il y’a  Jemal El Bana qui dit: « il y a des hadiths qui rapportent des choses que le Coran ne contient pas, ceux-ci doivent donc être examinés à la lumière du Coran pour voir si leur contenu est conforme à celui-ci. S'il l'est on les accepte, s’il ne l’est pas, on les rejette. Ainsi l’interdiction de prendre avec sa femme la tante paternelle ou maternelle de celle-ci ou de manger les ânes n'est pas, à nos yeux, susceptible d’objection mais plutôt matière convenable pour l’analogie » (Voir la page 254 de son livre intitulé : la Sunna et son rôle dans la nouvelle jurisprudence).
Allah, Exalté Soit-Il, a inspiré à son Prophète, , que viendront des gens qui ne considèreront que le Coran et refuseront ce qui est authentiquement attribué au Prophète, . C’est pourquoi Il a, , dit : "J’ai certes eu le Livre et son semblable avec lui. Il s’en faut de peu pour qu’un homme repus, prélassé sur son divan, dise : " Prenez le Coran. Rendez licite ce que vous y trouvez licite et ce que vous y trouvez illicite, rendez-le illicite. ". Sachez que vous sont interdits l’âne domestique, ainsi que les carnassiers parmi les animaux et tout objet tombé d’un allié sauf si son propriétaire s’en passe, et celui qui séjourne chez des gens, ils ont pour obligation de lui faire hospitalité […]" . Ce Hadith est rapporté par Abou Dawoud. Le Messager y montre que l’interdiction des choses citées ne figure pas dans le Coran. Il s’agit là d’une législation obligatoire qu’il faut considérer.
L’Imam Ibn Abd El Bar a dit en réponse aux détracteurs qui soutiennent cette allégation : «  Allah, exalté soit-Il, a enjoint que la Sunna de Son Prophète, , doit être obéi et suivi de façon absolue sans restriction aucune, exactement comme il nous a enjoint de suivre Son Livre. Il n’a pas dit qu’il faille la suivre seulement dans les cas où il y a conformité avec le Coran comme le prétendent certains égarés. »
Abdarrahmane Ibn Mahdi pour sa part dit : « Il n'y a pas de doute que ce sont les Zenadigha qui ont forgé lesdits hadiths. Les termes même de ces hadiths ne correspondent pas à ceux qu’on attribue à tort ou à raison au Prophète, . D’autres oulémas se sont opposés à ces hadiths en disant: " nous les examinons d’abord à la lumière du Coran, car c'est notre façon d'agir et c'est ce qu'on a fait et nous nous sommes rendus compte qu'ils sont contraire au Coran dans lequel on n’a rien trouvé qui puisse être interprété comme signifiant que le Hadith ne doit être accepté que s’il est conforme au Coran. Ce qu’on a par contre trouvé c’est que le Coran ordonne qu’on suive l'exemple du Prophète, ,  et qu’on lui obéisse. D'ailleurs le Coran met en garde contre toute désobéissance du prophète de quelque nature qu'elle soit"».
  Malgré le fait que les hadiths relatifs à l’examen de la Sunna à la lumière du Coran n’ont pas un grand poids chez les oulémas, il n’en demeure pas moins que leur sens soit correct et que les spécialistes en hadiths les ont utilisés dans la critique des textes des hadiths. Ainsi, ils ont mis parmi les signes de forgerie qui ne trompent pas pour juger de l’authenticité d'un hadith, l'opposition expresse de celui-ci au Saint Coran ainsi qu’à la Sunna ou à la raison. Ils ont cependant mis une réserve à cela. Il s’agit de l’impossibilité de réussir un syncrétisme entre les deux. S’il s’avère possible de réaliser, sans difficulté, un syncrétisme avec ce qui est en apparence paradoxal avec le Livre, la Sunna ou la raison, on opte pour le syncrétisme et l’application des deux en même temps car il n' y a plus alors de contradiction .Si, maintenant, il s'avère que les raisons en faveur du syncrétisme sont faibles, de l’avis des oulémas, il serait meilleur, selon eux, d'y recourir » (Voir Chawkani dans son livre Irchad Al Fouhoul, tome 2 page 2/369 et Al Razi dans son livre Al-Mahsoul dans les Sources de la Jurisprudence, page 2/434). Aussi est-il  plus prioritaire d’appliquer les arguments que d’omettre certains, sinon on devra identifier le texte abrogeant et le texte abrogé et on opte pour le texte abrogeant tout en  laissant tomber le texte abrogé et son application. Ou bien encore on fait recours aux méthodes de privilégisation, assez détaillées dans les livres fondamentaux et dans les sciences du Hadith. L’application de ce qui est privilégiable est obligatoire dans ce cas.
 Rien de tout cela n'a été pris en compte par ces pervers en raison de leur ignorance et de leur obstination comme le rapporte l’Imam Chatibi dans son livre Al-I’itissam (tome 1 page 200).
Je ne connais pas un seul texte attribué à un savant et qui prône le rejet d’un hadith pour la simple raison de son incompatibilité avec le Coran surtout quand il y a possibilité de syncrétisme, d’interprétation ou de voie de prépondérance. Je n'en connais pas, même chez ceux chez qui les fondamentalistes ont appris le rejet de la prépondérance des textes avant de s'en départir en disant : « quand il y a incompatibilité : il est obligatoire d'opter pour un choix ou de procéder à l’abstention, étant entendu que l'abstention vaut mieux que l'abrogation concomitante des deux options d’autant plus que l'incapacité momentanée de voir les raisons ayant conduit à faire prévaloir un argument au dépend d' un autre ne concerne que le cas pris actuellement en considération, avec toujours la possibilité de voir quelqu’un d’autre venir et s'en apercevoir. Il y a toujours plus malin que soi ».
Voici un exemple de ce qu’on vient dire : «Abraham, que le salut et la paix soient sur lui, n’a, dans sa vie, menti qu'à trois reprises dont deux se rapportant à Allah Lui-même… » (Voir le Hadith dans Boukhari et Mouslim). En commentant ce Hadith ils ont dit qu'il n’est pas valable dans la mesure où il contredit le verset (sens du verset) : «Et mentionne dans le Livre, Abraham C'était un très véridique et un Prophète. » (Coran : 19/41), oubliant le reste du hadith et en particulier ce qui a été relaté confirmant la vérité du Livre d’Allah et l’absence de contradiction concernant le Hadith. Dans le hadith il est dit que « deux  se rapportent à Allah »: il s’agit de la parole attribuée à Abraham par le verset « je suis malade » (Coran : 37/89), et le verset «  c’est plutôt celui là le plus grand qui a fait ça » (Coran : 21/63).Quand au troisième mensonge, il concerne Sarah dont il en dit qu’elle est sa sœur. Les Oulémas ont cherché à concilier tout cela et ils en sont venus à la conclusion qu’il ne s’agit pas de mensonge en apparence, mais plutôt d'un jeu de calembour. En parlant ainsi Abraham donnait l'impression de s'interroger seulement alors qu'au fond il est plein de réprobation. En tout cas ce Hadith ne contredit en rien le Coran mais plutôt confirme son contenu. Si ces détracteurs en disconviennent, qu'ils nous montrent là où il y a contradiction.   
 

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