L'infanticide selon le style moderne

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Notre Seigneur dit dans le Coran (sens du verset) : «Lorsqu’on demandera à la petite fille enterrée vivante pour quel forfait elle a été tuée» (Coran : 81/8 et 9).Ce verset décrit la situation prévalant dans la période préislamique lorsque l’un d’eux reçoit l’annonce de la naissance d’une fille, s'il décide de la tuer il attend qu’elle atteigne l’âge de six ans pour dire à sa mère: embellis la car je vais l’emmener dans un lieu plus sûr et plus approprié pour elle. Alors il la conduit vers un puits qu’il avait auparavant creusé dans le désert en lui disant: Regarde ce puits ; ensuite il met sa main derrière son dos, la pousse dans le puits et se met à lui mettre le sable sur la tête jusqu’à ce que le puits soit au même niveau que le reste de la terre.

Il arrive parfois que cet acte criminel et abominable soit commis par la mère elle-même. Ainsi, lorsque la femme est saisie par les douleurs de l’accouchement, elle s’assoit sur une fosse. Si le bébé est une fille elle la jette dans la fosse et met le sable dessus. S’il s’agit d’un garçon elle le prend dans ses bras et l’amène avec elle!"(Voir le livre de Sayid Qottoub intitulé "Fi Dhilal Al-Qoran).
Pour toute explication et excuse de leurs actes, les hommes de la Jahiliya disent qu’ils craignent la honte ou la pauvreté qui pourraient les conduire au fond des abîmes de l'immoralité. C’est pourquoi certains d’entre eux avaient pour slogan: «L'infanticide des filles fait partie des faits glorieux ».
Il ne s’agissait pas seulement de l'infanticide des filles mais aussi de celui des garçons, comme on l’a vu dans l’histoire d'Abdoul-Mouttalib, le grand-père du Prophète – – qui fit vœux de tuer son dixième fils qui ne fut autre qu’Abdoullah le père du Prophète (.
 
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'ère de la première période préislamique de l’ignorance prend fin avec l’arrivée du Prophète de la Miséricorde () pour que commence avec le 20e siècle une nouvelle ère de l'ignorance et de l'insouciance, accompagné de son corollaire de comportements plus graves et plus horribles. Désormais l’infanticide ne se limite plus à l’assassinat des petites filles et de certains petits garçons, mais il émerge sous la bannière de la "violence domestique" qui décime les enfants, les femmes, les personnes âgées et les domestiques. Il peut aussi prendre d'autres formes qui consistent à "assassiner" leur innocence, leur volonté, leur liberté, leur dignité et leurs droits par des abus tantôt physiques, tantôt verbaux, tantôt psychologiques.
La violence domestique est par définition tout acte de coercition physique ou verbale, faite à une personne et lui causant un préjudice physique ou psychologique ou une privation, avec l'intention de la mettre dans une position subordonnée.
Quant à la violence domestique processuelle, elle se dit de toute agression physique, psychologique ou sexuelle exercée sur un membre de la famille par un autre membre de la même famille.
Je n’ai pas besoin de revenir sur l'histoire de Ghoussoun, de Charaa, de Bayane, de Sarah et d'autres encore, dont les cas ont soulevé, ébranlé et remué l'opinion publique en raison de leur gravité et parce que les victimes ont perdu leur vies innocentes à cause de leurs proches, mais je m’en vais relater d'autres formes de cet infanticide moderne dont sont victimes les enfants, qu'ils soient de sexe masculin ou féminin:
 
Un jeune de dix-sept ans a été soumis par son père à la torture, au passage à tabac, au repassage et la découpe du corps avec un instrument tranchant. L’intervention des membres de sa famille n’en fit rien. L’enfant s’en est sorti avec des brûlures sur la peau dues à un instrument tranchant que l’homme réchauffe avant de placer sur le corps de son fils.
Encore cette fille de dix-sept ans qui raconte : «Mes parents m'ont empêchée d’aller à l'école sans aucune raison. Lorsque je me suis élevée pour protester, ils m'ont frappée durement. En réalité ils me privaient de faire ce que je souhaitais. Quand je voulais regarder la télévision ils m’en empêchaient tous sans exception aucune, arrachant de ma main, sans la moindre aménité, le remote control comme on arracherait un enfant à sa mère ; ensuite je recevais des coups sur ma tête devenue plate à cause des coups répétés. Il ne me restais plus qu’à m’enfermer dans ma chambre et à pleurer à chaudes larmes. Si je prenais un livre ils me le retiraient et le déchiraient devant mes yeux. Une fois j'ai pleuré jusqu'à l’évanouissement et quand j’ai repris conscience j’ai trouvé qu’ils m’ont attachée les jambes avec une corde épaisse qui a écorché et fait saigner mes pieds. Curieusement ma mère voyait le tout sans jamais lever le petit doigt».

Traiter les enfants avec cruauté tout en abusant d’eux verbalement et physiquement risque de faire épuiser la passion et de détruire les liens de parenté entre les membres d’une même famille, sans parler du fait que cela constitue une violation flagrante des orientations de notre Guide bien-aimé () qui a dit : «
Allah aime la bonté en toute chose et Il donne pour la bonté ce qu’il ne donne pas pour la violence ». Il () a dit encore: «Allah n’accorde Sa miséricorde qu’à ceux, parmi ses serviteurs, qui sont miséricordieux ».
En effet,  il est fortement recommandé de faire preuve de bonté avec tout le monde, en particulier avec les filles car le Prophète () nous y a incité en disant: «Quiconque devient responsable de quelques filles et qu’il les traite correctement et aimablement, elles constitueront pour lui un bouclier contre le feu de la Ghenne». Expliquant ce Hadith, Ibn Hajar (qu’Allah lui accorde Sa miséricorde ) y voit une forte insistance sur le droit des filles en raison de leur manque d'expérience et d'expertise dans les affaires de la vie où elles ne savent pas souvent comment s’y prendre, contrairement aux garçons qui sont mieux dotés de force physique, d'opinions plus élaborées et de possibilités plus larges pour agir dans les cas qui se présentent le plus souvent. 
Il y a un signe d'aménité et de bonté qui ne trompe pas: c’est lorsque, à l’égard de nos enfants, nous utilisons nos chuchotements, nos regards, nos caresses, nos mots, nos embrassements, nos sourires et nos accolades. Une chose est sûre : la famille ne saurait les entourer tous tant que l’atmosphère générale qui y prévaut n’est pas pleine d’amour, de courtoisie, de familiarité et de relations intimes entre les parents d'une part, et entre ceux-ci et leurs enfants d'autre part.
 
C’est ainsi que le Prophète () se comportait avec ses enfants. Aïcha raconte : «Je n’ai jamais vu quelqu’un qui ressemble aussi bien, par le geste et par l’action, au Messager d'Allah - – que sa fille Fatima qui, lorsqu’elle vient à lui, il se met debout, la prend par la main, l’embrasse et la fait asseoir à côté de lui. De même quand il vient à elle, elle se met debout, le prend par la main, l’embrasse et le fait asseoir à côté d’elle".
Nous sommes devant une belle image où se côtoient générosité, compassion, haute estime, appréciation, affection et éducation par l’amour ; une image débordante d’affection qui découle de l’affiliation familiale, qui établit en nos enfants la confiance en eux mêmes, qui les rassasie de passion affective, de tendresse parentale et de soins familiaux tel un bracelet au poignet, entourant son porteur de toutes parts pour faire barrage à toute velléité de dérapage, de désintégration ou de dissension.
Selon des statistiques plus ou moins anciennes "les données de la structure par âge de la population saoudienne indiquent qu'en Arabie saoudite la proportion d’enfants dont l'âge est inférieur ou égal à 14 ans est, selon le dernier recensement, de « 49,23% » de la population totale."
Ce sont là les personnes qui sont sensées entreprendre la tâche de construire leur pays, de porter la bannière de l'orientation et de l'éducation; ce sont elles aussi qui seront plus tard des chefs de famille. Si donc ces mêmes personnes vivaient dans un milieu où prévalait la «violence domestique», comme le dit "A. B" parlant de son mari: «Mon mari battait sévèrement ses fils, il était nerveux; les siens l'encourageaient à agir de la sorte car ils y voient un signe de virilité! » ;alors nous nous trouverions devant une génération déformée, tronquée, ébranlée et sans repère, une génération qui se hait, qui n’a confiance en rien, qui n’a pas d’ambition, qui pourrait adopter toute sorte d’ idées négatives, frustrantes, agressives et extrémistes, sans parler de la possibilité pour elle de succomber à la violence qui imprégnera alors leurs comportements de sorte qu’elle devienne leur style vis à vis de leurs enfants et de leurs femmes dans l'avenir.
La violence ne s’est pas limitée aux enfants, elle s’est aussi étendue aux femmes. Lorsqu’on devient impuissant et incapable de gérer les positions protagonistes des deux conjoints, la violence reprend ses droits sans limites ni restrictions et alors interviendront les dissensions et les problèmes. Aussi il est notoirement connu que les femmes se sentent mieux à l’aise et davantage soumises à ceux qui sont sensibles à leur valeur et à leur dignité qu’à ceux qui n’en tiennent aucun compte. A côté de ces derniers, elles ne sauraient vivre sans coup férir.
 
 "F.T" raconte:
«Pendant notre lune de miel nous étions dans une station balnéaire sur la mer. Je portai un manteau épais qui couvrait tout mon corps. Alors que nous nous promenions sur la plage, mon manteau, par un coup de vent impromptu, s’est ouvert, laissant mes vêtements se découvrir. Mon mari me dit alors: même les filles de mauvaise vie n’agissent pas de la sorte ".
Choquée et attristée, je me suis mise à pleurer, tellement cela ne me ressemble guère».
"A .A." raconte: «Mon mari est grossier et ses passages à tabac sont si fréquents qu’ils interviennent pour des motifs tout à fait futiles. Souvent il me prend par les cheveux, me frappe avec n’importe quoi qui lui tombe sous la main. L’arrivée des enfants, ce don inestimable d’Allah, n'a pas changé d’un iota son comportement indigne. Il m’a fait voir de toutes les couleurs. Tous les jours je pleurais."
Les formes de la violence familiale avec les épouses sont aussi nombreuses que variées. Ainsi trouve-t-on:
La violence physique: il s’agit de tout ce qui porte atteinte à l'organisme ou fait obstacle à sa croissance, quel que soit le degré des dommages causés.
La violence verbale: C'est tout ce qui blesse les sentiments, qu’il s’agisse d'abus, d’insulte, d’offuscation, de dégradation ou d’humiliation.
Il en résulte la violence psychologique, en particulier lorsque leurs sentiments sont sous estimés, leurs désirs opposés, leurs opinions méprisées, lorsque la menace de divorce ou de mariage avec une deuxième est brandie à tout bout de champs, lorsqu’il y a déni de sortie de la maison, des visites familiales ou manque d'entretien ou rappel incongru des services et des bienfaits qu’on leur fait, la correction physique de leurs enfants, la mise d’une main basse sur leurs biens propres ou leur humiliation devant leurs enfants.
Autant dire qu’il y a une nécessité urgente pour nous de nous imbiber du style et de la méthode adoptés par le Prophète () pour les appliquer à l’égard de ceux qui sont sous notre protection en nous comportant vis-à-vis d’eux. On n'y réussira que si nous nous rappelons d’Allah et de la parole de notre bien-aimé () qui dit:« Le meilleur d’entre vous est celui qui se comporte le plus correctement avec sa famille et je suis le meilleur pour ma famille. » Il dit aussi: « Craignez Allah et recommandez-vous de faire du bien aux femmes, Allah vous les a confié en dépôts et vous a permis d’avoir des relations sexuelles avec elles …  »
Nous allons, Incha Allah, revenir sur ce sujet dans nos prochains articles pour dénoncer d’autres formes de cet ignoble infanticide moderne.
 

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