Voir le Prophète en rêve et recevoir de lui un ordre (II)

Voir le Prophète en rêve et recevoir de lui un ordre (II)
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La religion de l'Islam est depuis longtemps complète et achevée et dans sa forme définitive en matière de croyance et de législation. Il n’est, en conséquence, plus possible d’y apporter le moindre changement ou amendement. Aussi, toute innovation est rejetée, car elle équivaut à la négation de ce qu’Allah a décidé concernant l'intégralité et la perfection de Sa religion.

Allah a dit : « Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée  l'Islam comme religion pour vous. » (Coran: 5/3).
Dés lors, les oulémas ont dit que celui qui voit en son sommeil le Prophète () qui lui intime un ordre contraire à la loi islamique, il n’est nullement obligé de s’y conformer, ni lui ni un autre.
Même s’il est véridique, le rêve n’est pas habilité à rendre illicite ce qui est licite, ni à rendre licite ce qui est illicite, ni, non plus, à instaurer une nouvelle règle juridique. On rapporte, dans ce cadre, qu’un homme pauvre mais vertueux a eu une vision selon laquelle le Prophète () lui a dit dans son sommeil: « Il y a à tel endroit un trésor va le prendre et ne donne pas en aumône le cinquième ». Le matin quand il se leva de son sommeil, il prit ce qu'il faut pour creuser le sol, et s’empara du trésor. Ensuite, il est allé voir Cheikh 'Izz ad-Dîn ibn 'Abd al-Salam pour lui demander s’il pouvait s’abstenir de payer le cinquième de ce trésor comme le lui a instruit le Prophète () dans son sommeil. Cheikh 'Izz ad-Dîn lui dit : « Tu dois donner en aumône le cinquième de ton trésor comme nous l’a ordonnés le Prophète () quand il était éveillé et sa fatwa en état d’éveil est prioritaire par rapport à sa fatwa dans un rêve. Il est vrai que la vision du Prophète () est une réalité, mais il est probable que les mots du rêve ne soient pas bien retenus et donc que peut-être il t’a dit : « Paie son cinquième » ce que toi tu as cru être : « Ne paie pas son cinquième ».
Ainsi, les jurisconsultes disent que s’il arrive aux musulmans de ne pas être d’accord au sujet du dernier jour de Cha'bân, pour déterminer si demain est le début du Ramadan ou non,et qu’entre-temps un homme voit le Prophète () dans son sommeil et l'entend lui dire que : « Demain est le premier jour du Ramadan, tu dois le jeûner et ordonner aux autres d’en faire autant ». Cet homme n'est pas obligé de jeûner parce que la vision du Prophète () en sommeil ne donne pas lieu à des dispositions légales, même si elle est vraie et valide, si bien sûr cela concerne le commun des gens, mais si c’est une vision des prophètes alors c’est une révélation comme dans l'état d’éveil et, par conséquent, elle donne certainement lieu à des dispositions légales.

Al-Qarafî a dit : « Si quelqu’un voit dans son sommeil le Prophète () et que celui-ci lui dit : « Ta femme est divorcée trois fois », alors qu’il est sûr et certain qu'il ne l'a pas répudiée, est-ce qu’elle devient interdite pour lui ? La question fut l’objet de beaucoup de recherches de la part des jurisconsultes, mais ce qui apparaît le plus probable est que ce que dit le Messager d'Allah () en éveil est prioritaire par rapport à ce qu’il dit en état de sommeil en raison de la possibilité d'erreur dans la restitution des termes de la vision. De même, s’il y dit que quelque chose de haram est licite ou cite à l’appui de ce qu’il dit une disposition légale, on donnera toujours la priorité à ce qui a été authentifié en état d’éveil au dépend de ce qui a été donné en état de sommeil pour les raisons que nous avons susmentionnées. De même, quand il y a opposition entre deux hadiths donnés en état d’éveil, on privilégie le plus probablement authentique.

Il s’agit donc là d’une question très importante et qui, en raison de sa méconnaissance par beaucoup, a été à l’origine de l’égarement d’un certain nombre de personnes. En effet, la vérité qu’il faut suivre est celle qui consiste à examiner, à la lumière de la Charia qui est déjà complète et dans sa forme définitive, chaque cas qui se présente pour voir s’il y est conforme et alors on dira que c’est le droit chemin et la bonne orientation, mais s’il y est contraire alors c’est l’illusion et l’égarement lointain.

C’est ainsi qu’apparaît au grand jour la fausseté de la vision alléguée, attribuée à Cheikh Ahmad, le serviteur de la mosquée du Prophète (), dont l’auteur prétend avoir vu le Prophète () dans un rêve lui dire : «J'ai honte des actes odieux des gens au point de ne pouvoir rencontrer mon Seigneur ou les anges. » avant de le charger de communiquer un testament qu’il prétend être transcrit par la plume même de la Destinée à partir d’Allouh al-Mahfoudh (la Table sauvegardée) : que celui qui y croit sera sauvé des tourments de l’Enfer et que celui qui n’y croit pas sera un kâfir (mécréant) !

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