Les dix commandements coraniques (2)

Les dix commandements coraniques (2)
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Deuxième commandement :
Nous avons parlé dans le premier article de cette série du premier des dix commandements que renferment les versets 151, 152 et 153 de sourate al-An’âm, rappelons en passant que ces commandements sont dans l’ordre :
1- N’adorez qu’Allah Seul sans rien Lui associer.
2- Soyez bienfaisants envers vos père et mère.
3- Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté.
4- N’approchez pas des turpitudes ouvertement ou en cachette.
5- Ne tuez qu’en toute justice la vie qu’Allah a rendue sacrée.
6- Ne vous approchez des biens de l’orphelin que de la plus belle manière, jusqu'à ce qu’il ait atteint sa majorité.
7- Donnez la juste mesure et le bon poids.
8- Soyez équitables quand vous parlez même s'il s'agit d'un proche parent.
9- Remplissez votre engagement envers Allah.
10- Suivez le chemin d’Allah dans toute sa rectitude et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie.
Nous allons à présent parler du deuxième commandement à savoir : Soyez bienfaisants envers vos père et mère.
La bienfaisance envers les parents est l’une des obligations fondamentales en Islam. Elle est souvent liée dans le Coran comme nous allons le voir à celle d’adorer Allah, exalté soit-Il, sans rien Lui associer. C'est sur la bienfaisance envers les parents que repose la stabilité de la société entière.
Les principaux versets du Coran qui font allusion au type de relation qui doit unir les enfants aux parents au sein de la cellule familiale sont les suivants :
« Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, […]. » (Coran 4/36).
« Dis : "Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien ; et soyez bienfaisants envers vos père et mère." » (Coran 6/151)
« Ton Seigneur a décrété : "n'adorez que Lui ; et (marquez) de la bonté envers les père et mère : si l'un d'eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi ; alors ne leur dis point : "Fi !" et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses, et par miséricorde abaisse pour eux l'aile de l'humilité ; et dis : "Ô mon Seigneur, fais-leur ; à tous deux ; miséricorde comme ils m'ont élevé tout petit". » (Coran 17/23-24).
«Et Nous avons enjoint à l'homme de bien traiter ses père et mère, et si ceux-ci te forcent à M'associer, ce dont tu n'as aucun savoir, alors ne leur obéis pas. Vers Moi est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez. » (Coran 29/9).

« Nous avons commandé à l'homme [la bienfaisance envers] ses père et mère ; sa mère l'a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans. Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents. Vers Moi est la destination. Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable […].» (Coran 31/14 et 15).
Tous ces versets montrent qu'après l'adoration d’Allah, l'obéissance aux parents est le devoir le plus important. Cela est confirmé aussi par les hadiths suivants :
Selon Ibn Mas’ûd (qu’Allah soit satisfait de lui), une personne demanda au Prophète (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) : «Quelle est l'œuvre la plus aimée par Allah ? » et le Prophète (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) de répondre : « La prière accomplit à son heure ». « Et ensuite ? » redemanda l’homme. Il dit : « La piété filiale ». « Et ensuite ? » Il dit : « Le combat dans le sentier d’Allah. » (Boukhari et Mouslim).

Selon Abû Hurayra, le Prophète (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) a dit : «Un fils ne peut s'acquitter du droit de son père à moins que, le trouvant esclave, il le rachète et l'affranchit. » (Mouslim).
Selon lui encore, un homme vint chez le Messager d’Allah (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) et lui dit : «O Messager d’Allah ! Quel est celui qui mérite le plus que je lui tienne compagnie ? » Il dit : « Ta mère ». Il dit : « Et qui encore ? » Il dit : « Ta mère ». Il dit : « Et qui encore ? » Il dit : « Ta mère ». Il dit : « Et qui encore ? » Il dit : « Ton père » (Boukhari et Mouslim).
Selon 'Abdallah ibn 'Amr ibn al-'Âs (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père), un homme vint au Messager d’Allah et lui dit : « Je te fais acte d'allégeance en m'engageant à accomplir l'hégire et la guerre sainte espérant la récompense divine. » Il lui dit : « As-tu l'un de tes deux parents encore en vie ? » Il dit : « Oui, les deux même ». Il dit : « Retourne auprès de tes parents et sois bienveillant envers eux ! » (Boukhari et Mouslim).
Abdallah ibn 'Umar (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) rapporte que le Prophète (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) a dit : « La satisfaction d’Allah se trouve dans la satisfaction des parents, et le mécontentement d'Allah est lié au mécontentement des parents. » (Tirmidhî et al-Hâkim).
Selon Djahimatta al-Salamî, un homme vint voir le Prophète (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) et lui dit : « Je voudrais aller au front, mais je voulais prendre ton avis au préalable ». Le Prophète lui dit : « As-tu une mère (toujours en vie) ? ». L’homme acquiesça. Le Prophète lui dit : « Ne t’en sépare pas, car le paradis se trouve à ses pieds. » (al-Nasâ`î).
Selon Abû Hurayra, un homme se rendit auprès du Prophète (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) et lui demanda : «Y a-t-il quelque bonté que je puisse accomplir envers mes parents après leur mort ? ». Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - répondit : « Oui. Il y a quatre choses dont tu peux t’acquitter : prier et demander le pardon d’Allah pour eux, tenir leurs promesses, honorer leurs amis et entretenir leurs liens de parenté. » (Boukhari).
Le Prophète (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) a dit : « Lorsque le fils d’Adam meurt, toutes ses œuvres s’arrêtent hormis trois : une aumône courante, un savoir utile et un enfant pieux qui invoque Allah en sa faveur » (Mouslim).

Le Prophète (Salla allahou AlaIhi wa Sallam) a dit aussi : « Le serveur se verra élevé en degré et dira : - Oh Seigneur ! D’où me vient ceci ? - De l’imploration du pardon faite en ta faveur par ton fils après ta mort, lui dira-t-on. » (Ahmed et Ibn Mâdjah).

Il ressort des versets et hadiths susmentionnés que la bienfaisance envers les parents peut se résumer dans les points suivants :
- leur obéir tant qu’ils ne nous demandent pas de désobéir à Allah
- être généreux envers eux
- les rendre joyeux
- être miséricordieux et bons envers eux
- ne pas être ennuyé de leur compagnie et garder quelque soit les circonstances de bonnes relations avec eux
- les aider dans leurs affaires
- leur parler avec politesse
- adresser des demandes à Allah en leur faveur pendant leur vie et après leur mort
- accomplir les bonnes œuvres prescrites en leur faveur après leur mort
- préserver les liens de parenté avec leurs proches parents et rendre visite à leurs amis après leur mort.

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