Les musulmans du Burundi

Les musulmans du Burundi
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Le Burundi est l’un des Etats d’Afrique de l’est, celui-ci partage ses frontières avec le Rwanda au nord, avec le Congo à l’ouest ainsi qu’avec la Tanzanie au sud-est. Le Burundi n’a aucun accès à la mer, il possède cependant un très grand lac (le lac Tanganyika) qui a approximativement la même superficie que la Belgique. Selon un recensement qui date de 2010, les habitants du Burundi seraient environ 10 millions.


Les religions et les croyances au Burundi :


Il est à noter que 60 % des Burundais sont catholiques, 30 % pratiquent des religions animistes locales et 10 % sont des musulmans. La proportion de musulmans augmente parmi les étrangers installés au Burundi, ainsi le nombre total de musulmans atteint environ les 1 288 000 individus. L’Islam est arrivé au Burundi par la côte est de l’Afrique ; en effet, des caravanes constituées de prédicateurs et de commerçants musulmans transhumaient entre la côte et l’intérieur des terres, la da’wa islamique s’est développée notablement au Burundi durant l’ère des Sultans de Zanzibar.
 

Nous trouvons au Burundi trois ethnies distinctes : la première est celle des Noirs appartenant à la tribu des Hutus, ils représentent plus des trois quarts des Burundais, soit 85 % ; la deuxième ethnie est celle appartenant à la tribu des Tutsis, ils sont environ 14 % ; enfin, la troisième ethnie est celle des Twas ou Pygmées, ils sont seulement 1 %. Puis à côté de ces autochtones, il y a diverses minorités issues d’une immigration plus ou moins récente selon les cas, ainsi on trouve au Burundi des communautés malienne, sénégalaise, guinéenne, indienne, pakistanaise ou encore arabe. Il faut également rappeler que la langue employée quotidiennement par les Burundais est le swahili et que la langue officielle du pays est le français. Enfin, il faut savoir que la majorité des membres des trois tribus burundaises sont agriculteurs, et ce, afin de subvenir aux besoins les plus élémentaires de leur famille, d’autres sont éleveurs de vaches ou bien travaillent dans la culture du café.


Vers la fin du XVe siècle, les Tutsis ont envahi le Burundi en passant par l’Ethiopie, ils étaient alors plus puissants que les Hutus qui se soumirent donc à eux. Les deux ethnies procédèrent néanmoins à un échange de bon procédé : les Hutus cultiveraient la terre pour nourrir les Tutsis et en échange ces derniers protégeraient les premiers. Cependant, un petit groupe de personnes appartenant à une classe noble, connues sous le nom de Janous, s’emparèrent du pouvoir. Ces Janous semblent être d’origine tutsie, même si ces derniers ne se considèrent ni Tutsis ni Hutus ; quoi qu’il en soit ces Janous ont dominé ces deux dernières ethnies et ont acquis d’immenses richesses. Le Burundi fut durant un certain temps dirigé par une monarchie, dont le roi était traditionnellement appelé mwami, mais les Janous limitaient considérablement son pouvoir.
 

En 1897, les Allemands colonisèrent le Burundi, et, en 1923, le Rwanda et le Burundi, qui ne faisaient qu’un, passèrent sous mandat belge. Et ce n’est qu’en 1946 que le Royaume du Burundi put accéder à son indépendance. Puis le Rwanda vota pour devenir la République du Rwanda, et les deux pays frères devinrent donc indépendant l’un de l’autre le 1er juillet 1962. C’est à cette époque que les Tutsis ont pris le pouvoir au Burundi.
 

Après l’indépendance du Burundi des problèmes d’entente ont commencé à voir le jour entre les Hutus et les Tutsis, ce qui a provoqué des troubles incessants dans la région, les Hutus, dominés, s’opposèrent durement au pouvoir des Tutsis. En 1965, des extrémistes assassinèrent le Premier ministre hutu, Pierre Ngendandumwe ; un peu plus tard dans la même année, des soldats rebelles ont ouvert le feu sur le successeur de Ngendandumwe, Léopold Biha. Ce dernier ne mourut pas, mais il laissa les commandes du pays au capitaine Michel Micombero. En novembre 1966, Micombero abolit la monarchie, proclama la république et bien sûr se fit Président de la jeune République du Burundi. En 1972 a lieu une insurrection avortée menée par les Hutus contre les Tutsis qui aboutit tout de même à la mort d’environ 100 000 personnes, dont la plupart était des Hutus. En 1976, le colonel Jean-Baptiste Bagaza prit la tête d’un groupe d’officiers de l’armée et fit un coup d’Etat contre le gouvernement en place, il devint donc le nouveau Président de la République. En 1981, les Burundais votèrent pour l’établissement d’une nouvelle constitution, laquelle stipulait la mise en place d’une chambre des députés.


Pendant la présidence de Jean-Baptiste Bagaza les relations entre le gouvernement burundais et la puissante Eglise catholique se sont dégradées. Ainsi, à titre d’exemple, l’accomplissement des messes nécessitait une autorisation gouvernementale ou bien l’armée nationale refusait dans ses rangs toute personne ayant des liens avec l’Eglise. Ces vexations contre la religion catholique cessèrent avec la chute de Bagaza en 1987. Son successeur, le commandant Pierre Buyoya, travailla à donner plus de libertés religieuses aux Burundais. Sous sa présidence, le Burundi vota une nouvelle constitution en 1992. Puis c’est en juin 1993 qu’eurent lieu les premières élections de l’histoire du Burundi, le vainqueur fut le leader du Front pour la démocratie le Hutus Melchior Ndadaye. Mais en octobre de cette même année ce dernier fut assassiné par des militaires tutsis lors d’une tentative de coup d’Etat. Cette tentative provoqua une guerre civile et interethnique de grande échelle qui fit plus d’un demi-million de morts ; il faut noter que de nombreux cadavres furent jetés dans le Nil, ce qui provoqua une grande pollution des eaux de ce fleuve.


Les problèmes les plus importants rencontrés par les musulmans burundais :


Les musulmans du Burundi souffrent d’une grande pauvreté, d’analphabétisme et de maladies diverses comme la malaria ou le sida ; par ailleurs, ils sont les proies désignées des prédicateurs évangélistes, mais hélas cette influence néfaste n’est pas contrée, car il n’y a pas au Burundi de prédicateurs musulmans ou des écoles islamiques pouvant leur enseigner les bases de l’Islam. Ainsi, les musulmans burundais ont besoin de livres qui leur apprennent la religion en swahili ou en français, de même qu’il leur faut des mosquées, des exemplaires du Coran ainsi qu’un soutien solide afin de les aider à lutter contre la christianisation et l’évangélisation occidentales dont ils sont les victimes.
 

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