Les musulmans du Honduras

Les musulmans du Honduras
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Le Honduras est l’un des pays d’Amérique centrale, la Mer des Caraïbes délimite sa frontière septentrionale de même que le Honduras partage ses autres frontières avec le Guatemala et le Salvador à l’ouest, avec une ouverture étroite sur l’Océan Pacifique, et avec le Nicaragua au sud. L’Espagne a colonisé le Honduras en 1502 et y est restée jusqu’en 1838, puis ce pays a obtenu son indépendance. La capitale du Honduras est Tegucigalpa (non d’origine maya) et sa ville la plus grande est San Pedro.


Les habitants :


Les habitants du Honduras sont environ huis millions, et la plupart d’entre eux sont ce qu’on appelle des « mestizos », c’est-à-dire que ce sont des métis d’origine hispanique et indienne, et certains ont même du sang africain qui coule dans les veines, en effet, le colonisateur espagnol avait fait venir d’Afrique des esclaves noirs pour les faire travailler dans les champs de bananes. On trouve donc au Honduras 90 % de métis, 7 % d’Indiens, 2 % de Noirs et 1 % de Blancs. Les religions pratiquées dans ce pays sont diverses, on trouve 97 % de chrétiens d’obédience catholique apostolique et romaine, 2,5 % de Protestants et 0,5 % de pratiquants de diverses religions minoritaires et notamment l’Islam.


La langue officielle du Honduras est l’espagnol, l’agriculture est le principal secteur d’activité des habitants de ce pays, d’ailleurs le Honduras est connu pour sa culture du café ainsi que pour sa production de métaux précieux. A ce propos, notons que c’est la présence de ces métaux au Honduras, et notamment de l’or et de l’argent, qui a motivé les Espagnols à coloniser ce pays.
 

Histoire de l’Islam et des musulmans au Honduras :


L’homme blanc occidental a commis l’un des pires crimes de son histoire, mais il refuse de le reconnaître, de même que les historiens européens sont en général assez silencieux sur cette question quand ils n’essayent pas d’effacer tout bonnement cet événement terrible de la mémoire collective, comme s’il n’avait jamais eu lieu, et aucune source occidentale n’a essayé de résoudre cette question qui n’est autre que l’énigme de la disparition des « marins arabo-musulmans ». Il s’agit de ces marins musulmans qui avaient été contraints par l’Inquisition espagnole de s’embarquer avec Christophe Colomb, lequel s’est débarrassé d’eux en les massacrant alors que sa flotte naviguait vers le Honduras, Haïti et Cuba, il semblerait même que certains de ces pauvres musulmans aient été donnés en pâture aux chiens de garde qui accompagnaient les Espagnols. Le but de cet acte abject était d’empêcher que les Mauresques n’informent leurs coreligionnaires sur le nouveau monde après leur retour en Espagne et surtout qu’ils ne deviennent leurs guides afin de les aider à fuir les persécutions de l’Inquisition espagnole et commencer une nouvelle vie dans le nouveau monde.


Il existe actuellement au Honduras une minorité musulmane installée récemment dans le pays. Elle a pu, dans une certaine mesure, diffuser le message de l’Islam parmi les habitants du Honduras, à telle enseigne qu’aujourd’hui le nombre de musulmans dans ce pays atteint les 300 000 personnes. Malgré le fait que ce chiffre semble assez faible, cela reste très positif quand on sait qu’il y a dix ans en arrière les musulmans, pour la plupart des immigrés fraîchement arrivés des pays arabes, n’étaient que quelques centaines.


La situation des musulmans et les problèmes qu’ils rencontrent :


L’organisation de la communauté musulmane hondurienne a commencé depuis quelques années, et ce, notamment à travers la création de l’Association islamique hondurienne qui a mis sur pieds un projet visant à fonder le premier centre islamique dans la capitale Tegucigalpa, ce centre est composé d’une mosquée, d’une université et d’une école islamiques, de salles de conférences et de réunions ainsi que d’une bibliothèque rassemblant des ouvrages sur l’Islam. Par ailleurs, cette association a également créé une caisse pour le legs pieux islamique afin d’avoir des fonds pouvant servir à financer des projets ayant trait à la communauté musulmane, et en premier lieu le projet du centre islamique de la capitale. Certains rapports faits par des organismes islamiques montrent que la communauté musulmane hondurienne a grand besoin d’être soutenu financièrement pour mener à bien la mise en place de leurs institutions.


Il existe au Honduras trois bâtiments loués par la communauté musulmane afin qu’elle puisse accomplir tous les rites religieux de manière collective. Ces lieux dédiés aux cultes musulmans se trouvent dans la capitale mais également dans d’autres villes du pays. Il est à noter que l’Association islamique hondurienne a commencé à établir une coopération avec des associations islamiques du Guatemala, du Salvador et du Nicaragua, et ce, afin d’unir les forces des musulmans de ces pays, de coordonner les efforts visant à développer le message islamique dans cette région du monde mais aussi afin de mettre en place un haut conseil islamique en Amérique centrale.
 

Parmi les réalisations les plus importantes accomplies par les musulmans du Honduras, il y a le fait que ces derniers ont obtenu de la part des autorités honduriennes le droit de quitter leur travail le vendredi midi afin d’aller faire la prière du djumu’a. De même que les musulmans honduriens ont créé dans la capitale une école islamique dédiée à l’apprentissage du Noble Coran, ce sont des bénévoles issus de la communauté musulmane qui y font l’enseignement.


L’Association islamique hondurienne joue un rôle essentiel dans le travail de da’wa qui vise à mieux faire connaître l’Islam et à diffuser les préceptes véridiques de cette religion. L’Association concentre beaucoup sa prédication sur les Honduriens d’origine africaine estimant que leurs alleux étaient des musulmans que les esclavagistes blancs forcèrent à abandonner leur croyance. Par ailleurs, l’Association travaille beaucoup à l’édition de livres et de périodiques islamiques qui sont publiés en espagnol et en anglais.


Il est évident que les musulmans du Honduras ont soif de connaissances islamiques authentiques, mais pour ce faire ils ont besoin du soutien des organisations islamiques internationales, et ce, afin qu’ils puissent affirmer leurs identités et croyances propres et aient les moyens de fonder des mosquées et des écoles religieuses dignes de ce nom.

 

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