La minorité musulmane du Japon

 La minorité musulmane du Japon
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Le Japon se situe à l’est du continent asiatique ; ce pays, qui se trouve dans l’Océan Pacifique, est un archipel composé de diverses îles, le Japon a pour voisins à l’ouest la Russie ainsi que les deux Corées. 

 

D’après les derniers recensements, le Japon compte plus de 132,6 millions d’habitants. Les Japonais sont majoritairement bouddhistes et shintoïstes, on trouve néanmoins au Japon plus d’1% de chrétiens et un peu moins d’1% de musulmans, ces derniers sont environ 150 000.

 

Les musulmans sont dispersés surtout l’archipel japonais, on en trouve du nord, à Hokkaido, au sud, sur la petite île d’Okinawa près de Taïwan, et de l’est, à Tokyo notamment, à l’ouest, dans les villes de Kanazawa et de Shimani Tutura. Le premier Japonais qui se convertit à l’Islam fut Osutara Noda en 1891, lequel prit le nom de ‘Abd al-Halîm Afandî, celui-ci était reporter pour le journal Biji Shimpon. Il embrassa l’Islam suite à un échange d’opinions qu’il eut avec le président des musulmans de Liverpool M. ‘Abdallah Kiliâm. Les deux hommes, se trouvant à Istanbul, discutèrent au sujet de la concordance de la foi islamique avec la raison et la logique. ‘Abdallah Kiliâm, qui s’exprimait en anglais, exposa au japonais des preuves logiques, ce dernier les trouva acceptables et donc Allah, exalté soit-Il, le guida sur la voie droite.

 

En 1909, ‘Umar Yamaoka fut le premier Japonais de l’histoire à accomplir le Hadj, il fut accompagné dans son pèlerinage par ‘Abd al-Rachîd Ibrâhîm, puis les deux hommes se rendirent à Istanbul. Lorsque le Japon colonisa la Chine, l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines, de nombreux Japonais se convertirent à l’Islam. Nous faisons remarquer que le premier groupe de prédicateurs musulmans qui visita le Japon après la Seconde Guerre mondiale fut la Djamâ’at al-Da’wa wa al-Tablîgh (entre 1956 et 1960), les membres de ce groupe, appelés communément Tablîghs, furent la cause de la conversion à l’Islam de nombreux Japonais. ‘Alî Ahmad al-Djardjâwî est l’un des prédicateurs ayant visité le Japon le plus célèbre, de même qu’il fut parmi ceux qui eurent le plus d’influence en termes de prédication religieuse sur les populations de ce pays. En 1906, ‘Alî, qui était un avocat égyptien, entendit dire qu’une conférence allait se tenir au Japon et que des Japonais cherchaient à rassembler des représentants des diverses religions du monde afin d’embrasser ce qui leur semblerait être la meilleure religion. Ainsi, ‘Alî s’envola pour le Japon dans le but d’assister à cette conférence. Il tira de cette expérience japonaise un livre intitulé Le séjour japonais dans lequel il rappelle qu’il fut la cause de la conversion de 12 000 Japonais ; des prédicateurs musulmans de diverses pays l’accompagnèrent dans ce périple, et notamment des Chinois, des Russes ou encore des Indiens. Il publia donc son livre au Caire en 1907.

 

Parmi les organisations islamiques japonaises les plus importantes on trouve le Centre islamique japonais : celui-ci est une institution qui a été fondée en 1965, le Centre a été reconnu par le gouvernement japonais en 1980. La principale mission de ce Centre est de présenter l’Islam au peuple japonais, de plus il se propose d’enseigner aux musulmans du Japon leur religion à travers des conseils, des livres et des cours ; par ailleurs, le Centre coopère avec l’ensemble des musulmans vivant au Japon, individuellement ou collectivement ; enfin, parmi les objectifs les plus importants que s’est donné le Centre, il y a la volonté d’instaurer une relation de coopération entre le Japon et le monde musulman. Le Centre a choisi une devise composée de trois mots : prédication, diffusion et coordination.

 

Le Japon compte diverses associations islamiques, parmi celles-ci on trouve notamment : 
1- L’Association islamique japonaise
2- Le Congrès islamique japonais
3- L’Association culturelle japonaise
4- L’Association des étudiants japonais musulmans
5- L’Association des musulmans du Japon : cette association fut la première association islamique fondée par les musulmans avant la Seconde Guerre mondiale, lesquels étaient des Japonais qui s’étaient convertis à l’étranger, notamment en Chine, en Indonésie et en Malaisie, puis qui étaient rentrés au pays, de même qu’on trouvait dans cette association ceux qui, parmi les tous premiers convertis à l’Islam japonais, étaient encore vivants.
6- L’Association islamique d’Hokkaido
7- L’Association des femmes musulmanes d’Osaka et de Kyoto

 

Les cinq traductions en Japonais du Noble Coran :
Le docteur al-Sâmarâ`î, directeur du Centre islamique du Japon, indique qu’il existe cinq traductions en Japonais du Noble Coran. Une seule d’entre elles a été faite à La Mecque par trois musulmans : l’un d’entre eux est un Japonais appelé ‘Umar Mita, le deuxième est un Pakistanais appelé ‘Abd al-Rachîd Archad et le troisième est un autre Pakistanais appelé Mustafâ Kûmûrâ, tous trois sont aujourd’hui décédés, qu’Allah leur fasse miséricorde.

 

Les associations islamiques japonaises font d’immenses efforts afin de diffuser le message de l’Islam, et ce, notamment à travers la construction d’écoles islamiques, l’apprentissage du Noble Coran ou encore l’enseignement de la langue arabe. Par ailleurs, il faut signaler que l’Association du monde musulman a fondé un centre islamique dans la capitale japonaise Tokyo.

 

Quelques problèmes rencontrés par les musulmans au Japon : 
Les principaux problèmes rencontrés par les musulmans du Japon tournent en général autour de la langue et de la traduction des textes religieux en Japonais, de même que la communauté musulmane manque d’enseignants en religion ou en langue arabe bien formés ainsi que d’écoles islamiques, en effet certaines régions du japon où vivent des musulmans en sont dépourvues. Enfin, les musulmans du Japon ont besoin que soient distribués en grande quantité des exemplaires traduits en japonais du Noble Coran, comme ils ont un besoin urgent de livres de hadith, de jurisprudence ou traitant du dogme traduits dans leur langue.

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