Les grandes religions de líInde : le sikhisme

Les grandes religions de líInde : le sikhisme
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Le sikhisme est apparu bien longtemps après les autres grandes religions de l’Inde, dont la plupart ont vu le jour avant l’avènement de Îsâ (). En effet, la religion sikh est donc apparue entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle de l’ère chrétienne, et ce, après que la lumière de l’Islam eut éclairé plusieurs régions indiennes où s’établirent donc des royaumes et des états musulmans.
 

Qu’est-ce que le sikhisme ?
C’est une religion positiviste et terrestre qui rassemble des éléments issus de la culture hindouiste ainsi que de la religion musulmane ; le but premier du sikhisme était de faire fusionner l’hindouisme et l’Islam en une seule religion, mais ce projet échoua et ces deux grandes religions ne se modifièrent aucunement. Ainsi, l’initiateur de cette fusion et ses adeptes finirent par fonder une nouvelle religion qui prit le nom de sikhisme.
 

Le fondateur du sikhisme :
Le fondateur du sikhisme se faisait appeler Nanak, ce dernier naquit en Inde en 1496. Il est né dans la religion hindoue, mais il se mélangea beaucoup avec des musulmans et notamment avec des soufis, ce qui eut une grande influence sur lui. Dans les cercles musulmans qu’il fréquentait, il entendit des critiques concernant certains aspects de la religion hindouiste, cela fit naître en lui le projet de rassembler les deux religions, et c’est ainsi qu’il commença à appeler les gens à la fusion de l’Islam et de l’hindouisme en employant le slogan suivant : « Ni musulman ni hindou ».
Cependant, son appel ne connut pas le succès escompté et le projet de Nanak fut rejeté tant par les musulmans que par les hindouistes. Il se retira donc avec ses adeptes afin de former une religion indépendante, à l’instar des nombreux autres groupes religieux qui pullulent en Inde. Il fit bâtir pour sa nouvelle religion un temple dans la ville de Karatarphur, lequel fut le premier temple du sikhisme. On attribue à Nanak un livre intitulé Karukrantaha Saheb, qui est l’un des livres sacrés des sikhs.
Nanak mourut en 1539, mais avant son décès il désigna l’un de ses disciples pour lui succéder ; il fut enterré dans le village de Babananak qui se trouve dans la région indienne du Pendjab.


Les pensées et croyances du sikhisme :
Les pensées et croyances des Sikhs se composent d’un mélange hétérogène de croyances et d’idées prises à l’Islam et à la culture hindoue, parmi les croyances des Sikhs nous trouvons :
1 – L’affirmation de l’unicité divine : les Sikhs ont évidemment pris ce concept des musulmans, mais ils le mélangèrent avec l’associationnisme des hindous ; à ce sujet, leur tête prétendit – d’après ce qui est rappelé dans leur livre saint – la chose suivante : « La divinité Brahma est issue de l’union de Sira et Shinu ». Brahma et Shinu font donc partie du panthéon des divinités hindoues ; pour les hindouistes, Brahma est le dieu créateur, et Shinu ou Vishnu est le dieu qui permet de conserver le monde. Ainsi, en alliant de manière étrange le concept d’un dieu créateur et celui d’un dieu qui conserve la création, les Sikhs ont donc tenté d’unir le concept d’unicité divine islamique et l’associationnisme polythéiste hindou !
2 – L’affirmation de l’unicité de l’Être ou wahda al-wudjûd, autrement dit tout serait Dieu, Il serait partout non pas par Sa science, ce qui est l’opinion juste, mais par Son essence : il ne fait aucun doute que les Sikhs ont emprunté ce concept à l’hindouisme, car l’Islam authentique sépare totalement la réalité du Dieu Créateur et Qui Seul mérite d’être adoré et toute Sa création, animale, végétale ou minérale. A l’inverse, les hindouistes sont convaincus que toutes les créatures sont faites de la « matière divine », c’est pour cela que le but ultime pour les hindouistes est d’accéder à une sorte de symbiose avec ce qu’ils considèrent être leur divinité suprême. Il est donc quasiment certain que c’est ce concept hindouiste que les Sikhs ont emprunté et nommé « unicité de l’Être » ou wahda al-wudjûd.
3 – L’interdiction d’adorer les statues et de les fabriquer : il est clair que les Sikhs empruntèrent ce concept aux musulmans ; a contrario, les maisons et les temples des hindous sont remplis de ces statues.
4 – La croyance en la réincarnation : c’est là un concept religieux qui est au cœur du dogme hindouiste ; ainsi, selon cette croyance, les âmes passeraient d’un corps à l’autre de manière incessante et éternellement jusqu’à ce que ces âmes atteignent le salut et donc s’unissent avec la divinité Brahma – selon la croyance hindoue. En fait, les Sikhs ont apporté des modifications à cette croyance hindoue en la réincarnation ; ainsi, ils ont attribué ce phénomène à Allah, exalté soit-Il, et ils dirent : « La réincarnation n’est pas une sentence irrévocable, car l’homme peut parfois en réchapper grâce à la grâce d’Allah, exalté soit-Il ».
5 – L’interdiction du monachisme : c’est ainsi que le sikhisme oblige ses adeptes à travailler pour gagner leur vie, cette approche de la vie est sans aucun doute inspirée du modèle musulman, lequel interdit le monachisme et oblige les croyants à tout faire pour gagner leur vie. En revanche, dans l’hindouisme, les individus tendent vers le monachisme et tentent d’échapper à la réalité du travail pour pouvoir se consacrer aux adorations.
6 – La croyance en l’envoi de prophètes par Allah : les Sikhs sont convaincus que Dieu envoie vers ses serviteurs des prophète pour qu’ils les guident et leur indiquent le chemin du bien et de la piété, cette croyance sikh ressemble beaucoup à celle des musulmans sur le sujet des envoyés d’Allah ; de leur côté, les hindous sont persuadés que si Dieu veut guider Ses créatures, alors Il descend Lui-même parmi eux sous la forme d’un homme afin de les sauver. Par ailleurs, l’idée de la divinité des grands réformateurs sikhs a pénétré les croyances des Sikhs par le biais de l’un de leurs maîtres spirituels Arjandas, décédé en 1601, celui-ci avait déclaré que tous les grands réformateurs du sikhisme du passé ont quelque chose de divins, à commencer par le fondateur du sikhisme Nanak, et bien sûr Arjandas se comptait parmi ces êtres supérieurs et saints ; après lui, d’autres réformateurs sikhs prétendirent comme lui être des êtres divins.
7 – La permission de boire du vin et de manger la viande porc ; en revanche, l’interdiction de manger de la viande de vache, laquelle interdiction vient évidemment de l’hindouiste, car cette religion a rendu sacré ce bovin.
8 – L’appel à l’unité des musulmans et des hindous, unité qui aurait pour devise : « Ni hindous ni musulmans ». Le chef sikh Kuband Singh a déclaré : « Il n’y a aucune différence entre un mundar (temple hindou) et une mosquée, ni entre les rites religieux des hindouistes et la prière des musulmans ».
9 – La préservation et l’application des cinq règles fondamentales, lesquelles ont trait à l’apparence des Sikhs :
- Le Kichou : cela consiste à laisser pousser la barbe et les cheveux et à ne pas les raser
- Le Kanagha : il s’agit du tressage des cheveux, en fait ces derniers sont tressés au lieu d’être peignés.
- Le Kanacha : cela renvoie au fait de porter un pantalon ample resserré au niveau des genoux et à l’interdiction pour les Sikhs de porter le dahuti, lequel est un habit porté par les hindous, sa longueur est de six mètres et il s’enroule autour du bas du corps à partir du niveau du nombril.
- Le Kara : il s’agit d’un bracelet de fer qui se place autour du poignet, en revanche les Sikhs ont interdiction de porter tout autre bijou ou pierre précieuse.
- Le Karbal : il s’agit d’une sorte d’épée ou de poignard que porte le Sikh en guise d’ornement, mais cela lui sert également à se défendre en cas d’agression.

Les livres saints du sikhisme :
Les chefs et les maîtres du sikhisme ont rédigé des livres que leurs disciples ont sanctifiés, ces derniers se sont appuyés sur ces ouvrages afin de rechercher la « bonne guidée », parmi ces livres nous trouvons : le livre de l’Adagharant, celui-ci est un recueil de poèmes liturgiques composés par les cinq grands premiers maîtres sikhs, il recèle environ 6000 psaumes ; le livre du Karukrantaha Saheb, il est attribué au fondateur du sikhisme Nanak ; ou bien encore le livre du Rahatnama, celui-ci se compose des règles éthiques et des traditions de la Khalasdal, il s’agit d’un petit groupe de jeunes sikhs qui se sont astreints à un mode de vie très dur, ils partageaient leur vie entre les rites religieux et le combat armé dans le but de faire triompher ce qu’il considère être comme la vérité et la justice.
Ainsi, les rites religieux chez des Sikhs sont basés sur l’adoration de ce qu’ils pensent être la divinité suprême, et ce, en psalmodiant les poèmes liturgiques et les autres textes contenus dans les livres que nous venons de citer.
 

A travers ce court aperçu de ce qu’est la religion sikh, nous avons constaté que cette dernière est clairement une création humaine, la création d’un homme qui a créé un syncrétisme mélangeant des éléments d’une religion céleste et authentique, l’Islam, et des éléments d’une religion terrestre et polythéiste, l’hindouisme ; ainsi, le fondateur du sikhisme voulut prendre de la première ses grands et sages enseignements et de la seconde l’imitation aveugle des alleux ainsi que le font tous les associateurs comme le dit Allah, exalté soit-Il dans le Coran : « Et c’est ainsi que Nous n’avons pas envoyé avant toi d’avertisseur en une cité, sans que ses gens aisés n’aient dit : « Nous avons trouvé nos ancêtres sur une religion et nous suivons leurs traces » » (Coran 43/23). Cette funeste tentative de mélanger et unir une religion céleste authentique avec une philosophie humaine est bien la preuve de l’immense bêtise et de l’illogisme des associateurs, car, en effet, les religions divines authentiques sont célestes et transmises aux gens par révélation, et elles ne sont pas créées et inventées par l’esprit humain qui est bien trop faible pour cela.

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