Les musulmans d’Ethiopie et la mort du despote

Les musulmans d’Ethiopie et la mort du despote
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Les sentiments des musulmans éthiopiens durant le dernier Aid al-Fitr (2012) étaient un peu particuliers et un peu différents des autres fois, cela est dû au fait qu’ils apprirent durant ce mois la nouvelle du décès du despote Meles Zenawi ; ainsi, les musulmans de ce pays furent submergés par la joie et commencèrent à espérer en un avenir meilleur à l’intérieur des frontières éthiopiennes, ils pouvaient désormais rêver à des perspectives correspondant à la réalité de leur communauté, c’est-à-dire une communauté nombreuse et ayant un vrai potentiel pour réussir. Zenawi a dirigé le pays par la violence et la répression, il fut la cause pour les musulmans de nombreux maux et malheurs tels que les assassinats, l’emprisonnement arbitraire, la torture, les sanctions économiques injustifiées, les persécutions religieuses notamment matérialisées par l’interdiction de construire des mosquées ou encore la marginalisation politique et sociale. Même malade et à l’agonie, Zenawi continua à s’acharner sur les musulmans et à exprimer toute sa haine pour cette communauté ; ainsi, durant les traitements qu’il recevait pour essayer de soigner la maladie qui finira par le terrasser, Zenawi décida de faire mettre en prison tous les responsables musulmans travaillant pour le gouvernement éthiopien, il leur empêcha donc de fait de poursuivre leur travail jusqu’à ce qu’une enquête soit menée concernant le fait qu’ils se sont occupés de manière particulière des demandes administratives des citoyens éthiopiens de confession musulmane. En outre, Zenawi menaça de renvoyer tous les fonctionnaires musulmans de leurs postes gouvernementaux. 

 

En plus d’avoir une haine personnelle et déclarée contre l’Islam et les musulmans d’Ethiopie et d’ailleurs, Zenawi est également l’homme qui a déclenché une guerre contre la Somalie que son armée occupa en partie, avant cela il avait fait assassiner des musulmans en Erythrée, de même qu’il a joué un rôle actif dans la partition en deux Etats du Soudan, il fut en sus un fidèle allié stratégique d’Israël et des Américains dans la région, il les aida notamment dans leurs entreprises visant à agresser des musulmans et à contrecarrer l’expansion de l’Islam en Afrique de l’Est et il joua l’infâme rôle de policier des américano-sionistes dans la Corne de l’Afrique et de petit kapo criminel avec une application et un zèle incroyable.

 

Il faut savoir que les musulmans d’Ethiopie représentent environ 40 % de la population totale, laquelle atteint le nombre de 75 millions de personnes (statistiques de 2010). Les religions se partagent en Ethiopie comme suit : les musulmans sont donc 40 %, les chrétiens orthodoxes sont 50 %, les pratiquants de religions traditionnelles (animistes) sont 7 % et les 3 % restants rassemblent des communautés ultra-minoritaires comme les juifs. L’Ethiopie est composée d’ethnies diverses, on trouve : 32 % d’Oromos, 30 % d’Amharas, 7 % d’Afars, 4 % de Tigrés, 4 % de Somalis, 4 % de Gurages, 3 % de Sidamas et 2 % de Welaytas (les 15 % restants sont composés de multiples petites ethnies). Toutes ces ethnies parlent une multitudes de langues, les plus importantes sont : l’amharique (qui est la langue officielle), le tigriniya, l’oromo, le somali, l’arabe et l’anglais.
Géographiquement, l’Ethiopie est au cœur de la Corne de l’Afrique, au sud-est elle partage sa frontière avec la Somalie, à l’est avec Djibouti, au nord-est avec l’Erythrée, au nord-ouest avec le Soudan et au sud avec le Kenya.

 

Après la mort du despote Meles Zenawi, la possibilité pour les musulmans d’Ethiopie de demander et d’obtenir leurs droits religieux, politiques et sociaux est devenue une réalité, parmi les plus importants de ces droits on trouve : la libération des leaders de la communauté emprisonnés injustement par les sbires de l’ex-président, une représentativité équitable des musulmans dans le gouvernement éthiopien correspondant à la proportion des citoyens de confession musulmane – sachant que ces derniers sont presque aussi nombreux que les chrétiens, le droit pour les musulmans de construire des mosquées, des écoles et des instituts islamiques ainsi que la liberté d’appeler les gens à l’Islam (la da’wa), la liberté pour les membres de la communauté musulmane de choisir elle-même ses représentants, car en effet sous le règne despotique de Zenawi, ce dernier imposait aux musulmans, dont l’écrasante majorité est d’obédience sunnite, des individus pour les représenter issus de courants sectaires et minoritaires, c’est ainsi que pendant longtemps c’est la secte des Ahbachs qui a contrôlé l’Union des affaires islamiques, cette secte très dangereuse appelle les gens à insulter les Compagnons du Prophète (), à dénigrer les grands oulémas sunnites comme Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya ou Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhâb ou encore à adhérer à des dogmes et croyances proches de celles proférées par les sectes soufies les plus égarées et par le chiisme. Notons au passage que cette secte, dont les quartiers généraux sont au Liban, inocule son venin idéologique dans les grandes villes européennes, et notamment en France où ils sont à l’origine de nombreuses fitnas car ils sortent de l’Islam tous ceux qui ne suivent pas les charlatans qui leur servent de guides spirituels.

 

La mort du petit subalterne et sous-fifre aux ordres des américano-sionistes, c’est-à-dire Zenawi, a mis fin dans la région – en tout cas pour un temps – à la guerre que ces derniers avaient lancée contre l’Islam au nom de la lutte contre le terrorisme, de même que le retrait des troupes américaines de la région, la fin de la guerre en Iraq et la fin du mandat présidentiel de l’homme de paille aux mains des lobbies sionistes et militaro-industriels George W. Bush ont été des facteurs déterminants qui ont aidé au retour à une situation plus stable pour les musulmans éthiopiens. Par conséquent, les Etats islamiques doivent profiter de ces bouleversements historiques favorables aux musulmans éthiopiens, dus en partie à la mort du tyran Zenawi, pour soutenir ces derniers dans les négociations qu’ils ont et auront avec le gouvernement en place dans ce pays ; par ailleurs, ces Etats doivent étendre leurs relations économiques, sociales et politiques avec les musulmans d’Ethiopie, ces dernières peuvent être le moyen pour eux de faire pression sur les instances dirigeants éthiopiennes, et notamment dans le domaine économique, afin que ces dernières les prennent en considération et fassent tout le nécessaire pour améliorer leur situation.

 

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