L’expédition d’Abu Salamah

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L’expédition d’Abu Salamah

 

 

 

Abu Salamah est de son vrai nom ‘Abdullah Ibn ‘Abd Al-Asad Ibn Hilâl. Ibn Hajar a dit dans son livre al Isâba : « Il s’appelait ‘Abd Manâf et le Prophète () a changé son nom et l’a nommé ‘Abdullah. Il s’est converti à l’islam après dix personnes. Il était parmi les premiers devanciers ». Ibn ‘Abd al Barr a dit à propos de lui dans son livre al-Isti’âb Fi Ma’rifah al-Ashâb : « Il est Abû Salamah Ibn ‘Abd Al-Asad Ibn Hilâl Ibn ‘Abdullah Ibn ‘Umar Ibn Makhzûm Al-Qurachi Al-Makhzûmi. Son nom était : ‘Abdullah Ibn ‘Abd Al-Asad. Sa mère était Barrah Bint ‘Abd al-Muttalib Ibn Hâchim. Il faisait partie de ceux qui, avec son épouse Umm Salamah Bint Abû Ummayyah, ont émigré vers l’Éthiopie. Il a ensuite pris part à la bataille de Badr, après avoir accompli les deux migrations. Il a reçu le jour d’Uhud une blessure qui s’est refermée, mais par la suite, sa plaie s’est rouverte, et il en est décédé. Le Messager d’Allah () a ensuite épousé sa femme, Umm Salamah, qu’Allah soit satisfait d’elle ». Al-Dhahabi a dit à propos de lui : « Il était le frère de lait du Messager d’Allah (), le fils de sa tante paternelle, Barrah Bint ‘Abd Al-Muttalib et l’un des premiers musulmans. Il a émigré vers l’Éthiopie, puis vers Médine ».

 


Au cours du mois de Muharram de la quatrième année de la migration du Prophète, deux mois après la bataille d’Uhud, et ce que les musulmans ont subi, le Prophète () a su que Tulayha et Salamah, les deux fils de Khuwaylid, de la tribu des Banu Asad, poussaient leur peuple, les Bani Khuzaymah, à combattre les musulmans et à piller la ville de Médine. Ils ont débuté cela en s’imaginant que ce que les musulmans ont connu à Uhud constituait une occasion à saisir pour eux dans leur volonté de les attaquer et de déclencher les hostilités. Le Messager d’Allah () convoqua donc Abu Salamah, qu’Allah soit satisfait de lui, et le mit à la tête d’un détachement fort de cent cinquante hommes. Il lui a recommandé de craindre Allah et de se mettre en route rapidement. Il, qu’Allah soit satisfait de lui, est donc parti avec sa troupe. Ils ont marché jusqu’à ce qu’ils atteignent un point d’eau leur appartenant, près d’un mont nommé Qatan. Lorsqu’ils les ont entendus arriver, ils se sont enfuis et se sont dispersés, en laissant derrière eux beaucoup de chameaux et de moutons. Abu Salamah et ses hommes s’en sont emparés comme butin. Ils sont retournés à Médine victorieux, accompagnés d’un précieux butin. Abu Salamah, qu’Allah soit satisfait de lui, ne tarda pas à mourir. Il fut blessé au cours de la bataille d’Uhud et la plaie s’était refermée, mais elle s’est rouverte. Lorsqu’il est sorti pour cette expédition, du sang s’est mis à couler de sa blessure ancienne, et il en est décédé. Al-Wâqidi a mentionné cette expédition dans Al-Maghâzi, Ibn Kathîr dans Al-Bidâyah et Al-Nihâyah, Al-Bayhaqî dans Dalâil Al-Nubuwah, et Ibn Sa’ad dans al-Tabaqât al-Kubra. Ibn Al-Qayyim a dit dans Zâd al-Ma’âd : « La bataille d’Uhud s’est déroulée un samedi, le septième jour du mois de Chawwâl (selon l’opinion d’Ibn Al-Qayyim) la troisième année de l’Hégire. Le Messager d’Allah () est retourné à Médine par la suite et il y est demeuré le reste du mois de Chawwâl, Dhu Al-Qa’adah et Dhû al-Hijjah. Lorsque le croissant lunaire indiquant le début du mois de Muharram est apparu (au cours de la quatrième année de l’Hégire) il a eu vent que Tulayhah et Salamah, les deux fils de Khuwaylid, se déplaçaient au sein de leur peuple et de ceux qui leur étaient soumis, en appelant Bani al Asad Ibn Khuzaymah à combattre le Messager d’Allah (). Il a alors envoyé Abu Salamah en expédition en lui confiant un étendard. Il a envoyé avec lui cent cinquante hommes parmi les Ansar (les auxiliaires) et les Muhâjirîn (les immigrants). Ils ont mis la main sur des chameaux et des moutons, sans rencontrer de résistance. Abu Salamah est ensuite revenu avec tout ce butin à Médine ».

 

 

 

La mort d’Abu Salamah

 


Abu Salamah, qu’Allah soit satisfait de lui, n’a pas eu de difficulté à disperser ses ennemis et à pousser leurs bétails devant lui. Il est retourné à Médine victorieux. Malgré cela, il est revenu de cette mission fatigué. Du sang s’écoulait de la blessure qu’il avait subie lors de la bataille d’Uhud et il en est mort peu de temps après. Al-Bayhaqi a dit : « Lorsqu’il est rentré à Médine, sa blessure s’est rouverte, et il est mort trois nuits avant la fin du mois de Jumâda Al-Âkhirah ». Umm Salamah, qu’Allah soit satisfait d’elle, a rapporté le jour et l’agonie de son époux, qu’Allah soit satisfait de lui, en ces termes : « Le Messager d’Allah () est entré chez Abu Salamah alors que son regard était révulsé, et il lui a fermé les paupières. Il a dit ensuite : ‘Lorsque l’âme est extraite du corps, le regard la suit’. Des gens de sa famille qui se trouvaient autour de lui à ce moment-là se sont mis à crier. Le Messager d’Allah () a dit alors : ‘Ne faites des invocations que si c’est en votre faveur et non contre vous-même, car les anges répondent Âmîn (Amen) à ce que vous dites’. Il a dit ensuite : ‘Ô Allah ! Accorde Ton pardon à Abu Salamah. Élève son degré parmi ceux qui sont bien guidés et accorde-lui un successeur qui prendra soin de sa descendance. Pardonne-nous ainsi qu’à lui-même, ô Seigneur des mondes ! Rend sa tombe spacieuse, et illumine-là’ ». (Muslim). Al-Nawâwi a dit : « Le hadith ‘Ô Allah ! Accorde Ton pardon à Abu Salamah […]’ contient (l’enseignement suivant) : il est recommandé de faire des invocations pour le défunt, sa famille et ses descendants d’implorer Allah en leur faveur pour les affaires de ce monde et de l’au-delà. Les paroles du Messager d’Allah (Salla Allahou Alaihi wa Salla) : ‘Prends soin de ses descendants qui restent’ signifient ‘ceux qui restent après lui’ comme dans les paroles d’Allah, exalté soit-Il, ci-dessous : ‘Nous l’avons sauvé, lui et sa famille, sauf sa femme qui fut parmi ceux qui sont restés’ (Coran 7/83) ». Ibn ‘Uthaymîn a dit : « L’expression Ô Allah ! Accorde Ton pardon à Abu Salamahsignifie : pardonne-lui ses péchés. Les paroles : Élève son degré parmi ceux qui sont bien guidés’ signifient : élève son degré dans les Jardins de la félicité (le Paradis). Puisse Allah faire de nous ses résidents ! Les paroles Rends sa tombe spacieuse’ signifient : rends sa tombe plus large et illumine-la pour lui, car, les tombes sont obscures, à l’exception des tombes de ceux qu’Allah a illuminées. Puisse Allah illuminer nos tombes ! Les paroles ‘Prends soin de ses descendants’ signifient : sois son successeur dans la prise en charge de ses descendants ».

 


Umm Salamah, qu’Allah soit satisfait d’elle, a rapporté : « Lorsque Abu Salamah est décédé, j’ai dit : ‘Il était un étranger sur une terre étrangère (parce qu’il était originaire de La Mecque et qu’il est mort à Médine). Très certainement, je le pleurerai (intensément), de sorte que cela reste gravé dans la mémoire des gens. Je m’étais donc préparé à pleurer sa mort (avec détermination), lorsque qu’une femme originaire des hauteurs de la ville est venue avec l’intention de m’aider (à pleurer et à gémir). Mais elle a rencontré le Messager d’Allah () (en chemin) qui lui a dit à deux reprises : ‘Veux-tu faire entrer le Diable dans une maison dont il a été sorti par Allah ?’ ‘À deux reprises’. Je me suis donc arrêté de pleurer, et j’ai cessé complètement de le faire (par la suite) » (Mouslim). Al-Tîbi a dit : « Les paroles du Messager d’Allah suivantes : dont il a été sorti à deux reprises’ sont susceptibles de se référer, pour la première fois, au jour où il s’est converti à l’islam, et pour la deuxième fois, au jour où il a quitté ce monde en musulman. Il est possible également que ces paroles signifient la répétition, c’est-à-dire, qu’Allah, exalté soit-Il, l’a fait sortir une fois après l’autre, comme les paroles d’Allah, exalté soit-Il, ci-dessous : « Puis, retourne ton regard une fois après l’autre : le regard te reviendra humilié et frustré » (Coran 67/4), et les paroles d’Allah, exalté soit-Il : « Le divorce est permis pour seulement deux fois » (Coran 2/229) c’est-à-dire : Une fois après l’autre. Quant aux paroles d’Umm Salamah : ‘Je me suis donc arrêtée’ elles sont liées à des paroles sous-entendues qui sont : ‘Le Messager d’Allah () a dit cela et j’ai obtempéré. Je me suis donc arrêtée’ ». Al-Qâdy ‘Iyâd a dit : « Dans les hadiths que Mouslim transmet d’après Umm Salamah il y a des enseignements sur ce qu’il convient de dire auprès de l’agonisant et après sa mort, à savoir les invocations en sa faveur, les formules de rappel, la prononciation de la formule de retour à Allah : Inna li Allah wa inna ilayhi râji’ûn (nous appartenons à Allah et à Lui nous retournons), les bonnes paroles et l’invocation en faveur de celui qui lui succède. Il convient d’adopter les manières du Prophète () en ces circonstances et de se conformer avec ce qu’il () a formulé, avec sa pratique et avec ce à quoi il a exhorté ».

 


Après les évènements de la bataille d’Uhud et les calamités qui ont frappé les musulmans au cours de celle-ci, un sentiment de jubilation et de fierté s’est répandu parmi les polythéistes. Il en a résulté une volonté, de leur part, de mener la guerre aux musulmans et d’en finir avec eux. Dès lors, un important bénéfice que l’expédition d’Abu Salamah, qu’Allah soit satisfait de lui, a apporté aux musulmans est le fait qu’elle a provoqué un grand effroi chez les ennemis de l’islam et a mis en exergue l’ascendant des musulmans, — en dépit des pertes qu’ils avaient subies au cours de la bataille d’Uhud. Par conséquent, la réaction de ces ennemis a été de ne plus tenter d’attaquer les musulmans. C’est de cette manière que le Messager d’Allah () a stoppé les ennemis qui pensaient à envahir la ville de Médine.

 

 

 

 

 

 

 

 

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