Comme est excellente la richesse licite entre les mains d'une personne pieuse !

Comme est excellente la richesse licite entre les mains d
  • Date de publication:08/06/2021
  • Catégories:Ethique
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 Comme est excellente la richesse licite entre les mains d'une personne pieuse !

Certains des hadiths (narrations) du Prophète () sont très concis tout en véhiculant une multitude de significations. Cela n'est pas surprenant puisqu'ils ont été produits par celui qui a reçu les clés de la parole éloquente et sage. Certaines de ses déclarations servent de principes fondamentaux, de règles générales et de normes justes. Sur chaque sujet donné, il y a des hadiths considérés comme des principes fondamentaux sous lesquels tous les sous-thèmes respectifs se retrouvent. Certains de ces hadiths concis abordent la question de la richesse, établissant le point de vue islamique correct sur la richesse et fixant des critères fixes pour la gérer et les moyens de s'en débarrasser.

 

L'un d’entre eux est le hadith suivant, rapporté sous l'autorité de 'Amr ibn Al-'Aas, qu'Allah soit satisfait de lui :

« Le Prophète () m’a envoyé [un messager], me commandant d'emballer mes vêtements et mes armes et d'aller le retrouver. J'ai fait ce qu'il avait demandé et je suis venu le voir au moment où il effectuait ses ablutions. Il m'a regardé de la tête aux pieds, puis il a dit : ‘Ô ‘Amr, je veux t’envoyer à la tête d'une armée pour qu'Allah te bénisse avec du butin. Je te donnerai alors ta part licite du butin.’ J’ai dit : ‘Je ne suis pas devenu musulman pour la recherche de la richesse. Je suis devenu musulman par désir d'embrasser l'islam pour être avec le messager d'Allah ( ! » Il a dit : ’Ô ‘Amr ! Comme est excellente la richesse licite entre les mains d'une personne pieuse !’ » [Ahmad, Al-Bukhâri, Abu 'Awânah, Ibn Hibbân, Al-Hâkim, Al-Albâni : authentiques]

 

Selon sa formulation même, le hadith affirme clairement que la richesse est louable si elle est légalement acquise et entre les mains d'une personne pieuse. Le caractère licite de la richesse signifie qu'elle est pure et qu’elle a été acquise par des moyens licites. La piété du propriétaire signifie qu'il dépense sa richesse licite pour ce qui profite à sa propre personne et à sa communauté. Celui-ci honore les droits d'Allah en ce qui concerne sa richesse en payant la Zakâh (aumône obligatoire) sur celle-ci et il peut également la dépenser en aumône volontaire. Il s'agit d'une attitude louable envers la richesse, comme en témoigne sa parole : « Comme est excellente la richesse licite [...] » Dans la même veine, un autre hadith a loué la richesse gagnée et dépensée licitement.

 

Il a été rapporté, sous l'autorité d’Abu Sa‘îd, qu'Allah soit satisfait de lui, que le Prophète () a dit :

« Cette richesse est agréable (attrayante). Celui qui la gagne de manière licite et la dépense de manière pieuse, quelle excellente aide elle est alors ! » (Al-Bukhâri)

 

Dans ce cas, la richesse est un excellent moyen, pour un musulman, de remplir ses devoirs, de maintenir les liens de parenté, de soulager les affligés et de se protéger de l'humiliation de la mendicité, ainsi que de tous les autres avantages de richesse. Les textes de la Charî'a (législation islamique) qui louent la richesse doivent être interprétés sous cet angle.

 

De la même manière, le hadith indique la gravité de l'affliction lorsque la richesse est entre les mains d'une personne corrompue et méchante. Cette personne refuse de remplir ses devoirs, envers Allah, en ce qui concerne sa richesse et, par conséquent, cela devient un outil destructeur entrainant sa propre perdition et un moyen de causer des méfaits sur Terre. Une telle personne peut également combiner le péché d'acquérir des richesses de manière illicite et celui du gaspillage.

 

Cette signification a été énoncée par le Prophète () dans la deuxième partie du hadith cité précédemment, rapporté sous l'autorité d'Abu Sa’îd : 

« [...] et celui qui l'obtient injustement est comme celui qui mange, mais qui n'est jamais satisfait. » (Al-Bukhâri)

 

C'est en plus d'avoir une âme gloutonne et un cœur vaincu par la Fitna (tentation) de la richesse. Les textes de la Charî’a qui condamnent la richesse, mettent en garde contre l'extravagance et encouragent l'ascétisme et le renoncement à l'avidité pour les plaisirs de ce monde doivent être interprétés dans cette optique.

 

Ce hadith et les autres, soutiennent l'attitude prescrite envers la richesse - comme celui narré par Abu Sa’îd, qu'Allah soit satisfait de lui, dans ses deux parties : 

« Cette richesse est agréable (attrayante). Celui qui la gagne de manière licite et la dépense de manière pieuse, quelle excellente aide elle est alors ! [Mais] celui qui l'obtient injustement est comme celui qui mange, mais n'est jamais satisfait. »

 

Ils sont considérés comme une norme prophétique et une méthodologie islamique de modération dans la poursuite de la richesse, sans ascétisme excessif ni accumulation condamnable de richesse dépassant les limites appropriées dans son acquisition et ses dépenses. Par conséquent, ces hadiths dirigent les musulmans vers le point de vue correct sur la vraie nature de la richesse et soulignent que l'Islam ne condamne pas la richesse dans un sens absolu, comme le prétendent certains soufis, ni ne la loue dans un sens absolu. Le sujet de la louange et de la condamnation, ici, n'est pas la richesse, elle-même, mais plutôt les états des personnes qui l’acquièrent, la dépensent ou en disposent. Comme est excellente la richesse de quiconque cherche à l’acquérir avec l'intention de subvenir à ses besoins et à ceux des personnes à sa charge, de réformer le monde en l'investissant et en le dépensant pour ce qui est bon et bénéfique pour l'individu et la communauté ! Certains des compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, étaient des commerçants riches et prospères. Abu Bakr, qu'Allah soit satisfait de lui, était un commerçant et sa richesse a été bien dépensée pour soutenir l'Islam et les musulmans.

 

Il a été rapporté, sous l'autorité d’Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, que le Prophète () a dit : 

« Aucune richesse ne m'a autant profité que la richesse d'Abou Bakr. » Sur ce, Abu Bakr, qu'Allah soit satisfait de lui, a pleuré et a dit : « Ô Messager d’Allah ! Moi et ma richesse ne sommes que pour toi, ô Messager d'Allah ! » [Ibn Mâjah, Al-Albâni : authentiques]

 

Il y avait beaucoup d'autres Compagnons riches dont la richesse était une source de miséricorde et d'assistance pour les gens et qui était dépensée pour soutenir les causes musulmanes. Il y a, par exemple, le cas du troisième calife, 'Uthmân, qu'Allah soit satisfait de lui, qui a équipé l'armée musulmane pour la bataille de Tabûk avec neuf cent cinquante chameaux et les a accompagnés avec cinquante chevaux, de sorte qu’il a fourni en tout et pour tout, mille montures.

 

Quant à ceux qui recherchent la richesse pour l'accumuler et pour s'en vanter, la transformant en un moyen de causer des méfaits sur Terre et de corrompre l'économie en s'engageant dans des transactions interdites telles que la Riba (usure) et les jeux de hasard, ceux-ci contribuent à la pauvreté et au chômage dans leurs sociétés en concentrant la richesse entre les mains d'une seule classe sociale. En conséquence, la richesse, entre leurs mains, devient un moyen de destruction et de mal, tout comme Qârûn, dont l'histoire a été racontée dans le Coran. Il a fait du tort à son peuple en faisant des affaires avec la Riba en utilisant leur richesse, tout en affirmant qu'il avait gagné et obtenu cette richesse exclusivement grâce à ses connaissances et à ses efforts ! Ce point de vue corrompu sur la richesse et l'injustice économique était suffisant comme péché pour qu'il mérite la destruction immédiate qu’il a subi. Pour contrer ses aspirations à dominer la Terre, Allah, le Très-Haut, a causé sa destruction en le faisant avaler par elle et il continuera de couler jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Allah, le Très-Haut, dit (selon la traduction du sens du verset) :

« Nous fîmes donc que la Terre l’engloutisse, lui et sa maison. Aucun clan, en dehors d’Allah, ne fut là pour le secourir et il ne put se secourir lui-même. » (Coran 28/81)

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