La prière d'al-Chaf'
Fatwa No: 227266

Question

Salam alaykum, Je vois beaucoup de personnes faire une prière surérogatoire après celle du ‘Ichâ'. Ils appellent cette prière chaf' et ils disent qu'elle va avec le witr et qu'elle est de 2 raka'at. Je connais les preuves de l'existence du witr qu'on retrouve dans les hadiths, mais après plusieurs recherches je ne trouve rien concernant l'existence de cette prière appelée chaf'. J'aimerais savoir s'il existe des preuves dans le Coran ou la Sunna la concernant ? Bârak Allahu fîkum

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Al-Azharî, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « D’après al-Layth : "Al-Chaf’ désigne les nombres pairs. On dit qu'un nombre impair (Witr) devient pair (Chaf’) en l’additionnant à un autre nombre impair.’" » (Tahdhîb al-Lugha)

Ibn al-Mundhir, qu'Allah lui fasse miséricorde, a rapporté qu’Abû Thawr, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Dans la langue arabe, le terme Witr désigne ce qui est unique ou singulier. Quant au terme Chaf', il désigne ce qui est combiné » (Al-Awsat).

Partant, toute prière ne comportant pas un nombre impair de Rak’âts (Witr) est appelée « Chaf’ ». Cette appellation a été rapportée dans la Sunna. En effet, ‘Imrân ibn Husayn, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté que l’on questionna le Prophète () à propos du Chaf’ et du Witr et il a dit :

« Il s’agit de la prière qui composée d’un nombre pair de Rak’âts pour une partie d’un nombre impair de Rak’âts pour l’autre. » [Ahmad, al-Tirmidhî (al-Albânî : da’îf)]

Le terme arabe « Chaf’ » désigne les prières effectuées durant la nuit avant la prière du Witr. ‘Aïcha, , a rapporté : « Le Messager d’Allah () priait dans la chambre alors que je me trouvais dans la maison et il séparait le Chaf’ du Witr par des salutations de fin de prière qu’il nous faisait entendre. » (Ahmad : sahîh)

Ceci est clair quant à l’apellation « Chaf’ » pour désigner les prières éffectuées avant le Witr. C’est pourquoi al-Madjd ibn Taymiyya, qu'Allah lui fasse miséricorde, titra l’un des chapitres de son livre Al-Muntaqâ : « La prière du Witr composée d’une, trois, cinq, sept ou neuf Rak’âts, avec un seul Taslîm (salutations de fin de prière) et les prières paires (Chaf’) qui la précèdent. »

Ibn Hibbân, qu'Allah lui fasse miséricorde, rapporte dans le chapitre intitulé : « Mention de la narration affirmant qu’il y a une séparation entre le Chaf’ et le Witr » le hadith dans lequel Ibn ‘Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, rapporte : « Le Messager d’Allah () séparait le Chaf’ du Witr. » [Sahîh ibn Hibbân (Ibn Hadjar : Isnâd Qawî)]

Cette appellation a été utilisée par de nombreux oulémas dont al-Tahâwî, qu'Allah lui fasse miséricorde, de l’école Hanéfite, qui a dit : « Concernant sa parole affirmant qu’il faisait les salutations de fin de prière toutes les deux Rak’âts, cela peut signifier qu’il les faisait toutes les deux Rak’âts pendant la prière du Witr et toute autre prière, confirmant ainsi la pratique des habitants de Médine qui font les salutations de fin de prière entre le Chaf’ et le Witr ; ou cela peut signifier qu’il faisait les salutations de fin de prière toutes les deux Rak’âts sauf pour la prière du Witr […] » (Charh Ma’ânî al-Âthâr)

Ibn al-Mundhir, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Chapitre sur la séparation entre le Chaf’ et le Witr : les oulémas ont divergé concernant la séparation entre le Chaf’ et le Witr. Un groupe de oulémas est d’avis qu’il faut les séparer. Parmi ceux qui le faisaient figure Ibn ‘Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, qui faisait les salutations de fin de prière entre les deux premières Rak’âts et la dernière Rak’ât de la prière du Witr à tel point qu’il lui arrivait de faire des requêtes à son entourage pendant ce laps de temps. Mu’âdh ibn Abî Halîma al-Qârî faisait les salutations de fin de prière après les deux premières Rak’âts de la prière du Witr. Tel est aussi l’avis d’Abdullah ibn ‘Ayyâch ibn Abî Rabî’a, de Mâlik, d’al-Châfi’î, d’Ahmad, d’Ishâq et d’Abû Thawr, qu'Allah leur fasse miséricorde » (Al-Awsat)

Et Allah sait mieux.

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