Un apostat revenant à l'Islam doit-il faire le ghusl ?
Fatwa No: 301552

Question

Assalam alaykum,
Un mécréant doit faire le ghusl pour se convertir, ce qui est logique vu qu’il est en état d’impureté majeure, mais un musulman qui apostasie et puis revient vers Islam et que dans sa période d’apostasie il n’avait pas été en état d’impureté majeure doit-il faire un ghusl ? Par exemple un musulman dit une parole qui le rend apostat et s’en rend compte juste après et fait directement les deux attestations doit-il refaire son ghusl ? Et aussi je voulais vous demander j’ai souvent l’impression d’avoir apostasié mais je n’en suis jamais sûr par exemple une fois j’ai dit à mon épouse en étant fâché « tu as un mauvais cœur » est-ce de l’apostasie ? étant donné que seul Allah connait les cœurs et il m’arrive de dire des paroles comme dire d’un témoin de mariage qu’il est équitable pour signifier que c’est vraiment un bon témoin pour le mariage, il m’est aussi déjà arrivé de dire le coran n’est pas complet, ce que je voulais dire c’est qu’Allah ne nous avait pas tout révélé, il y a des choses dont nous n’avons pas connaissance qui sont dans la table bien garde est-ce que les paroles que j’ai citées sont des paroles d’apostasie ? Aidez-moi car je ne comprends pas bien l’apostasie pourriez-vous me l’expliquer du mieux possible et avec le plus de détails possibles.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

La réponse à votre question se fait en plusieurs points :

Premièrement : le fait qu’un mécréant qui embrasse l’Islam doive faire le ghusl fait l’objet d’une divergence entre les oulémas. Certains oulémas rendirent cela obligatoire dans l’absolu alors que d’autres l’imposèrent uniquement si le mécréant a commis une chose nécessitant le ghusl avant d’embrasser l’Islam. Ce dernier avis est celui des Chaféites et c’est pour cet avis que nous optons. Partant de cela, la personne qui apostasie puis revient aussitôt à l’Islam ne doit pas faire de ghusl. Toutefois, s’il fait le ghusl par précaution et afin de tenir compte de la divergence sur la question, cela est certes meilleur.

Deuxièmement : prenez garde aux insufflations du diable, car elles mènent à un grand mal. Rien de ce que vous avez mentionné n’entraîne votre apostasie et votre sortie de l’Islam. Ne vous laissez pas entraîner et ne prêtez donc pas attention à ces insufflations du diable, et combattez-les à chaque fois qu’elles vous viennent à l’esprit, jusqu’à ce qu’Allah, exalté soit-Il, vous en débarrasse.

Troisièmement : l’apostasie désigne le fait qu’une personne accomplisse une chose qui la fait sortir de l’Islam. Il y a des choses qui entraînent l’apostasie ; les oulémas les ont expliquées et nous allons les mentionner dans un but purement bénéfique. L’imam al-Nawawî a dit : « L’apostasie, c’est le fait de sortir de l’Islam par une intention, une parole ou un acte de mécréance, et cela, même s’il s’agit d’une parole prononcée par moquerie, entêtement ou par conviction. Celui donc qui réfute l’existence d’Allah ou des Messagers, qui refuse de croire en l’un des messagers d’Allah, qui rend licite une chose reconnue unanimement comme étant illicite, telle la fornication ou inversement, qui réfute une obligation ou une interdiction sur laquelle il y a unanimité, qui se résout à tomber dans la mécréance le lendemain ou hésite à le faire, tombe dans la mécréance. L’acte de mécréance est un acte fait intentionnellement pour se moquer explicitement de la religion ou la renier comme le fait de jeter un exemplaire du Coran aux ordures ou de se prosterner devant une idole ou le soleil. » (Al-Minhadj)

Le cheikh al-Mar’î al-Karamî fit l’inventaire des raisons de l’apostasie et dit : « L’apostat est celui qui mécroit après avoir embrassé l’Islam. On devient mécréant par l’une de ces quatre choses : par une parole, tel le fait d’insulter Allah, exalté soit-Il, et Son Messager ou Ses anges ; ou bien en prétendant être un prophète ; en commettant un acte de polythéisme comme en se prosternant devant une idole ou une chose semblable, ou en jetant un exemplaire du Coran aux ordures ; ou en faisant preuve de polythéisme par une croyance comme le fait de croire qu’Allah possède un associé, que la fornication ou l’alcool est licite, que le pain est illicite ou par toute autre chose de ce genre sur laquelle il y a unanimité entre les oulémas, ainsi que par le doute à propos de l’une de ces choses. » (Dalîl al-Tâlib)

Et Allah sait mieux.

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