Il regrette les vols qu'il a commis
Fatwa No: 314989

Question

Assalam alaykum,
Qu’Allah vous récompense, qu’Allah me pardonne car je travaillais dans une société qui vendait des produits et ma responsable me disait que s’il y avait quelque chose qui me plaisait, je pouvais en prendre mais cela m’a conduit à abuser de sa gentillesse et je prenais des choses sans lui dire et en grande quantité, je regrette énormément, cela fait un an que je ne travaille plus dans cette société mais j’ai encore des produits que je garde que j’ai donc volés qu’Allah me pardonne, j’aimerais avoir une fatwa directe car je ne sais pas quoi faire de ces produits car moi je n’y toucherai pas, j’ai pensé à les jeter mais je me suis dit que c’était du gaspillage j’ai pensé à les donner mais je ne veux pas faire prendre de péchés aux gens et j’ai enfin pensé à les rendre à la société. Comment faire pour ne pas risquer un tort, car si je leur ai dit que je les ai volés je ne sais pas ce que je risque, bien que ce serait mérité j’ai vraiment honte, je demande pardon à Allah tous les jours, je vous remercie de me donner une fatwa qui pourrait me dire ce que je dois faire car je ne veux pas faire partie des mouflis.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Serviteur et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Vous avez certes commis un acte illicite en outrepassant les limites fixées par votre responsable, et en ayant pris des choses qu'il ne vous était pas permis de prendre. Votre devoir est donc de vous repentir pour ce que vous avez fait.

Une des conditions du repentir d'une injustice ayant été commise envers autrui - comme le fait d'avoir volé autrui - est de restituer la personne lésée dans ses droits, en réparant l'injustice commise envers elle ou en obtenant son pardon. En effet, Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté que le Prophète () a dit :

« Quiconque a commis une injustice à l’égard de son frère, en portant atteinte à son honneur ou autre, qu’il lui demande de lui pardonner, avant que ni dinar ni dirham ne lui soient d'aucune utilité. S'il a fait de bonnes œuvres, il devra compenser l'injustice qu'il a commise et verra le fruit de ses bonnes actions transféré au profit de son frère (la victime). S’il n’a pas de bienfaits à son actif, on lui imputera les mauvaises actions de son frère. » (Boukhari)

Le Prophète () a également dit : « L’homme est responsable de ce dont il s'est emparé injustement jusqu’à ce qu’il le restitue à son propriétaire. » [Ahmad, al-Tirmidhî, al-Nasâ'î, Abû Dâwûd, ibn Mâdja (al-Hâkim : sahîh)]ý

Lorsqu'une personne a été volée et que le bien qui lui a été volé existe toujours ou peut lui être restitué, il est alors obligatoire de le lui restituer et il n'est pas permis de lui donner la valeur du bien à la place, sauf si elle l'accepte. L'Encyclopédie jurisprudentielle du Koweït mentionne : « Si la chose devant être restituée existe toujours telle quelle, elle doit alors être rendue telle quelle, comme c'est le cas pour un bien pris de force ou volé. La preuve de ce verdict est tirée de la parole d'Allah, exalté soit-Il, qui dit (sens du verset) : "Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit [...]" (Coran 4/58) ainsi que de la parole du Prophète () qui dit : "L’homme est responsable de ce dont il s'est emparé injustement jusqu’à ce qu’il le restitue à son propriétaire." »

L'Encyclopédie mentionne également ce qui suit : « Il y a unanimité sur le fait que le voleur a l'obligation de rendre la chose volée si celle-ci existe toujours ; et dans le cas contraire, il a l'obligation de rendre une chose semblable ou la valeur de cette dernière. »

Partant, votre devoir est donc de demander pardon à la responsable de cette société pour ce que vous avez fait. Si elle vous pardonne, tant mieux, mais si elle ne vous pardonne pas, vous avez alors l'obligation de lui rendre les choses volées sans son autorisation, si vous les possédez toujours.
Dans ce cas, vous n'avez pas le droit de les endommager ni de les jeter, car ce gaspillage serait un autre péché et ne vous rendrait pas quitte vis-à-vis d’elle.
Il vous est également interdit d’en faire l’aumône sauf s'il vous est impossible de les rendre à leur propriétaire ; mais cela n'est pas le cas en ce qui vous concerne. Vous avez donc l'obligation de rendre les choses que vous avez volées à leur propriétaire.

Si vous avez consommé une partie de ces choses, vous avez alors le devoir de les remplacer par des choses semblables et de même valeur.

Enfin, si vous avez la possibilité de rendre ces choses de manière indirecte, sans dévoiler ce que vous avez fait, alors tant mieux et faites-le. Ibn 'Uthaymîn, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Celui qui s'empare d'un bien de son frère, puis se repent de son acte a l'obligation de rendre, de quelque manière que ce soit, ce dont il s'est emparé. Qu'il tente de le faire sans que cela n'entraîne de nuisance. Exemple, si quelqu'un a volé 100 dirhams à son frère puis se repent de son acte et veut les lui rendre, il est clair que s'il dit à son frère qu'il lui a volé ces dirhams, s'est repenti de son acte et veut les lui rendre, il est probable qu'un mal découle de cela. Dans ce cas, il lui est possible de mettre cet argent dans une enveloppe et de la donner à un ami de confiance afin que ce dernier se charge de la donner à qui de droit en disant à celui-ci que cet argent vient de la part d'une personne qui le lui a volé dans le passé et qui s'est repentie de son acte. » (Fatâwâ Nûr 'Alâ al-Darb)

Nous implorons Allah de vous aider et d'accepter votre repentir.

Et Allah sait mieux.

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