Les enfants ont des droits sur leurs parents
Fatwa No: 414115

Question

Mes meilleures salutations à la noble personne qui lira ma lettre et y répondra.Allah m’a éprouvé par une mère qui nous parle qu’en nous menaçant en usant de propos blessants et humiliants. Elle ne sait pas en trouver d’autres. Elle a l’art de trouver à chaque fois des mots qui sont plus durs que les précédents. Dans notre quartier et dans les cours de Coran, elle est connue pour être une des meilleures mères de famille, de celles qui savent bien éduquer leurs enfants avec fermeté. Par contre, à la maison, c’est tout le contraire. Elle ne laisse paraître aucune forme de miséricorde sous prétexte qu’on ne lui désobéisse pas un jour et qu’on sorte de son cercle d’obéissance. Elle ne nous montre aucun respect que ce soit devant un proche ou un étranger et nous met la pression sous prétexte de ne pas nous gâter.En dehors du foyer, les gens nous complimentent, nous, les enfants de cette femme, ils invoquent en faveur de celle qui a éduqué de tels enfants. A la maison, elle ne nous reconnait aucun mérite ni la moindre bonne chose qu’on peut lui faire. Elle nie tout ce qu’on peut faire de bien, pire encore, elle ne le reconnait même pas. Elle compare toujours la façon dont on se comporte avec elle et celle des gens.De par ma nature, je n’aime pas me mêler aux gens. J’ai peur de commettre une erreur même minime et d’en être punie et grondée, que j’ai tort ou raison.Je pensais souffrir d’une maladie, j’ai consulté de nombreux médecins et Shaykhs, seule ou avec elle, et la réponse était toujours la même : tu n’es pas malade mais tu manques de confiance en toi.Tout ce que je fais de bien elle me dit que je suis une perdante au point où je le suis effectivement devenue et je n’ai plus la force de faire quoique ce soit dans mon foyer avec mon mari.Ces nuisances m’ont rattrapé jusque dans mon foyer avec des appels via les différents moyens de communication : les mots les plus vils, les propos les plus humiliants, des paroles qui vous poussent à devenir fou. Des calomnies auxquelles je n’avais pas pensé au point où il me vient en tête que je les ai vraiment faites. Elle en est venue à m’accuser de mal se comporter avec elle et d’avoir commis l’adultère.Aujourd’hui je l’évite pour ne pas entendre des propos qui blesseraient mon cœur. Je l’évite et minimise les visites que je lui rends sans pour autant rompre les liens qui me lient à elle. Je n’ai pas encore trente ans et je souffre de tensions, de maladies psychosomatiques parce qu’elle me menace d’un couteau si je venais à en parler et me plaindre de ma situation à un membre de ma famille ou à un médecin. Elle m’interdit d’être en contact ou d’avoir des amies ne serait-ce les filles de la famille qui ont mon âge. Ceci sous prétexte qu’elles corrompraient mes mœurs. Je ne suis pas capable de bien communiquer avec qui que ce soit, j’ai même peur quand j’ai à faire avec mon mari ou ma fille. Je suis au bord de la folie, je veux que mon âme trouve du repos. La plupart des sujets qui traitent des parents sont des exhortations qui enjoignent de bien se comporter avec eux, il n’y a jamais de cours qui parle de la miséricorde envers les enfants, ni histoires ou fatwas.Je crois que la miséricorde d’Allah est infinie, bien plus que cette humiliation que je vis. Si seulement mon cas relevait de ma faute et que c’est moi qui étais malade. Mais avec toutes mes sœurs et tous ceux qui tombent sous son autorité, c’est le même procédé sans que personne ne réagisse de peur de subir ses cris et ses manières. On se contente de subir et d’accepter bon gré mal gré ce qui nous touche, de bon cœur et avec le sourire si possible.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Les droits des parents sur leurs enfants sont immenses. Faire preuve de bonté à leur égard est l’une des obligations les plus importantes et c’est l’un des meilleurs actes permettant de se rapprocher d’Allah. De même, rompre les liens qui nous lient à eux est l’un des plus grands péchés.
La bonté envers la mère est davantage requise que celle envers le père. On dit qu’elle a droit au trois quart de la piété parentale. Et ceci ne signifie pas que la mère a droit d’être injuste envers ses enfants ou que les enfants n’ont pas de droits sur leurs parents. L’injustice est interdite pour tous et les enfants ont bel et bien des droits envers leurs parents.
Boukhari a intitulé un des chapitres de son livre Al-Adab Al-Mufrad : Chapitre de la bonté du père envers son fils : Selon Ibn Omar qui a dit : ‘ Allah les a nommés des gens bons car ils ont fait preuve de bonté envers leurs pères et leurs enfants. Et comme ton père a un droit sur toi, ton fils en a également un sur toi.’ Fin de citation.
Pour autant, malgré l’injustice de la mère envers ses enfants, cela n’annule pas le droit qui est le sien qu’on soit bon avec elle et lui être de bonne compagnie. Allah nous a enjoints de tenir bonne compagnie à nos parents s’ils sont polythéistes et ordonnent à leur enfant de commettre le polythéisme. Allah dit : « Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable.» (Coran 31/15).
Le conseil que nous vous adressons est de faire preuve de bonté avec votre mère et de lui rendre visite dans des proportions qui ne vous causent pas de tort, de faire tout ce qui peut vous être utile et de ne pas vous préoccuper de ce qui affecte votre état d’esprit et votre résolution. Qui sollicite l’aide d’Allah Il l’aidera et qui s’en remet à Lui Il lui suffira.
Nous vous conseillons également pour plus d’informations de prendre contact avec le secteur des consultations de notre site.

Et Allah sait mieux.

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