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Règles relatives au jugement des hadiths quant à leur authenticité ou leur faiblesse, et signification du terme « hadith »

Question

Lorsqu’un savant affirme qu’un hadith est authentique ou faible, entend-il par là le hadith dans l’ensemble de ses chaînes de transmission ?
Par ailleurs, que signifie exactement le terme « hadith » : désigne-t-il ce qu’un compagnon précis a rapporté du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) ? Si un même propos est rapporté par un autre compagnon, s’agit-il alors d’un hadith différent, ou bien le critère déterminant du hadith est-il le texte (matn), indépendamment du compagnon qui l’a rapporté ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Il n’est pas exigé, pour qu’un hadith soit jugé authentique, qu’il possède plusieurs chaînes de transmission ; un hadith isolé, transmis par une seule voie, peut parfaitement être authentique. Cela est indiqué par la parole de l’imam Mouslim, telle que rapportée par Al-‘Irâqî dans son Alfiyya :
« Mouslim a rapporté de Az-Zuhrî quatre-vingt-dix hadiths isolés, tous solides. »
Ainsi, un hadith peut être authentique par certaines chaînes, tandis que d’autres chaînes le rapportant peuvent être irrégulières (shâdh) ou réprouvées et faibles. Il ne découle donc pas du jugement d’authenticité d’un hadith que toutes ses chaînes soient nécessairement authentiques.
En revanche, lorsqu’un hadith ayant plusieurs chaînes est jugé faible de manière générale, cela implique la faiblesse de toutes ses chaînes, sauf si le jugement est précisé en disant, par exemple : « faible par la voie d’Untel rapportant de Tel autre ». Dans ce cas, cette restriction n’implique pas nécessairement la faiblesse du hadith dans son ensemble, car il peut être établi par d’autres voies. C’est d’ailleurs ce que ces formules indiquent le plus souvent.


Quant au terme « hadith », désigne-t-il ce qu’a rapporté un même compagnon, ou bien tout récit dont le texte est identique, même s’il est rapporté par plusieurs compagnons ?
La réponse est que les spécialistes du hadith ont divergé à ce sujet en deux avis :
– Certains se fondent sur l’unité du texte, à condition que le sens soit identique, et considèrent alors qu’il s’agit d’un seul hadith, même s’il est rapporté par plusieurs compagnons. En revanche, si le texte diffère — même s’il est rapporté par un seul compagnon — chaque formulation constitue un hadith indépendant. Dans le premier cas, ils parlent de mutâba‘a (corroboration), et dans le second, ils parlent de shâhid (témoignage).
– Les savants postérieurs parmi les spécialistes du hadith ont estimé que le critère déterminant est l’unité du compagnon rapporteur : il s’agit alors d’un seul hadith, même si les formulations diffèrent, tant que le sens est le même, et ces voies sont considérées comme des corroborations (mutâba‘ât).
En revanche, lorsque le compagnon rapporteur est différent, le hadith est alors distinct, et cela est appelé chez eux un shâhid.
Hâfidh Al-Hakamî a dit dans Sharh al-Lu’lu’ al-Maknûn :
« Tel est l’avis retenu par les savants postérieurs, et c’est celui suivi par la majorité. » Fin de citation.
Sur cette base, le hadith rapporté par Abû Hurayra est distinct de celui rapporté par Ibn ‘Abbâs, même si le texte est identique selon les savants. Il s’agit là d’un hadith, et là d’un autre.
En revanche, si le compagnon est le même, il s’agit d’un seul hadith, même si les formulations varient, tant que le sens demeure identique.
Il convient toutefois de signaler que certains savants ont adopté une approche plus large, considérant que le hadith rapporté par un seul compagnon constitue plusieurs hadiths, en fonction du nombre de chaînes menant à ce compagnon. C’est ainsi qu’a été interprétée la célèbre parole de l’imam Al-Boukhari :
« Je mémorise cent mille hadiths authentiques et deux cent mille hadiths non authentiques. »
Az-Zarkashî a expliqué cette parole dans An-Nukat en indiquant deux interprétations :
– soit il visait la multiplicité des chaînes et des isnâds ;
– soit il entendait par « hadiths » un sens plus large englobant les hadiths prophétiques, les propos des compagnons et ceux des pieux prédécesseurs.
C’est dans ce sens qu’Al-Bayhaqî, dans Manâqib Ahmad, a interprété la parole de l’imam Ahmad :
« Sept cent mille hadiths sont authentiques », en considérant qu’il visait les paroles du Messager d’Allah () ainsi que celles des compagnons et des tâbi‘în. Fin de citation.


Et Allah sait mieux.

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