Question sur l'application du châtiment coporel relatif à la fornication
Fatwa No: 89174

Question

Vous avez dit dans une fatwa précédente qu’on ne pouvait prouver la fornication qu’à l’aide de quatre témoins qui ont vu ce crime. Mais j’ai des questions à ce propos : si la femme tombe enceinte avant de se marier, son châtiment est certes recommandé. Mais à défaut des quatre témoins, l’homme échappera au châtiment. Cela ne l’aide-t-il pas à y échapper ? Par ailleurs, croyez-vous que dans le cas du viol, l’existence des quatre témoins est nécessaire pour que le criminel subisse un châtiment ? N’est-ce pas une grande injustice que supporte la femme violée ? L’un des oulémas au Pakistan juge qu’il n’est pas indispensable de trouver quatre témoins pour prouver un viol. Est-ce correct ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

La préservation de la société contre la turpitude et la protection de l’honneur des gens constituent des finalités de la charia, c’est pourquoi des châtiments corporels ont été prescrits et des restrictions ont été prévues pour empêcher les gens de lancer des accusations sans preuve.

 

Ainsi, la fornication est prouvée par deux choses : le témoignage et l’aveu, et, s’ils font défaut, ni l’homme ni la femme ne subit aucun châtiment corporel. Selon l’avis prépondérant des oulémas, la grossesse ne suffit pas pour infliger à la femme le châtiment corporel de la fornication, car il se peut que quelqu’un ait eu des rapports sexuels avec elle pendant son sommeil ou par force, et parce que la grossesse peut être issue d’une autre cause que le coït, comme l’injection de sperme.

 

Quant au viol, il ne peut imposer à l’homme un châtiment corporel que s’il avoue son crime ou si quatre témoins l’ont vu commettre ce crime. De même, la femme ne subit pas le châtiment corporel de la fornication si elle affirme qu’elle a été violée, donc il ne convient pas de dire qu’elle est victime d’une injustice.

 

Nous devons attirer votre attention sur le fait que le musulman doit être convaincu de la justice des Législations divines, et il ne commet pas de péché ensuite s’il pose des questions sur les points qui lui paraissent confus.

 

Et Allah sait mieux.

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