L'attitude du musulman à l'égard du Coran

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  • Date de publication:09/09/2009
  • Catégories:Tafsir
  • Fréquence:
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Une fois l'origine divine du Coran établie pour quelqu'un, la question à laquelle il sera inévitablement confronté est la suivante :

 

 

"Comment dois-je agir envers la Parole d’Allah ? Et quel comportement dois-je avoir à son égard ?"
Croire en son contenu (informations et enseignements)
Adhérer intellectuellement aux enseignements et injonctions coraniques est le premier réflexe que doit avoir le musulman.
Ibn Mass'oud a dit : " Lorsque tu entends Allah dire : " O vous qui croyez ", prête-lui toute ton attention, car c'est un bien auquel on t'invite, ou un mal contre lequel on te met en garde ".
Quelles que soient les situations, un musulman ne peut douter, hésiter ni remettre en question un propos quelconque du Coran. Face à une information qui lui paraîtrait intellectuellement inaccessible, par exemple, il se remettra lui même en question, mais pas le Coran. Il n'osera aucunement juger la Parole d’Allah. Ni comparer sa science à la Sienne. En tout cas c'est l'attitude qu'on a tous tendance à avoir devant un technicien dont on connaît la compétence. Nous ajoutons -généralement- foi à son analyse même si on ne peut pas la vérifier (par méconnaissance du domaine, etc.) ni même la saisir dans toutes ses subtilités.   
D'autre part cette adhésion doit être toujours la même quelque soit le domaine que le Coran aborde. Sans distinction. On ne peut considérer ses propos sur le comportement social (relation entre homme et femme, comment gérer son argent, etc.) comme des positions décalées par rapport à notre époque moderne, tout en admettant son appel à la prière ou au jeûne du Ramadan. Allah (le très haut) n'a-t-Il pas reproché Lui-même dans le Coran cette attitude lorsqu'Il dit (sens du verset): "Croyez-vous en une partie du Livre tout en reniant l'autre? Quelle rétribution serait alors réservée  à ceux d'entre vous qui se comportent ainsi, sinon l'avilissement dans la vie d'ici-bas et le tourment le plus atroce le Jour de la Résurrection?" (Coran: 2/85)
Méditer sur le Coran
Insister sur le fait de croire aux données coraniques sans condition, ne veut aucunement dire renoncer à toute réflexion sur le Coran. La foi, au regard de l'islam, n'est pas l'ennemi de la raison. Elle est son complément. Ce sont les deux yeux qui permettent à l'homme de voir, les deux mains qui lui permettent d'agir, ou les deux pieds qui lui permettent de marcher. Avec l'une des deux sans l'autre on est borgne ou handicapé.
C'est le Coran lui même qui nous invite à la réflexion d'une manière générale et à la méditation sur le Coran en particulier. Allah, exelté soit-Il, dit (sens du verset): "Et c'est là un Livre béni que Nous t'avons révélé pour que ses versets soient médités et pour qu'il serve de Rappel aux hommes intelligents." (Coran: 38/29)
Le rôle de la foi dans cette réflexion c'est de l'encadrer, de l'orienter et lui éviter de s'engager dans des voies sans issue. Elle la sert. Jamais elle ne l'étouffe.
Quant à la méditation à laquelle le Coran nous invite, et afin d'être fructueuse, elle doit tenir compte d'un certain nombre de règles d'ordre méthodologique.
Mettre en application ses commandements
Le but du Coran est non seulement de nourrir nos besoins spirituels et intellectuels, mais aussi de guider, concrètement, nos pas dans cette vie. Ce ne sont pas quelques règles éparses qui nous sont communiquées dans le Coran. C'est tout un mode de vie qui y est exposé. De là, Allah, exalté soit-Il, ne se contente pas de notre part qu'on y croit théoriquement, sans donner suite à notre adhésion et notre foi.
Ceci est certes évident. Mais c'est ce qui ressort également de l'étude de l'attitude qu’avaient les compagnons devant la Parole d’Allah. En voici un exemple :
"Abou Talhâ fut l'un des plus grands propriétaires de palmiers de Médine. Parmi ses palmerais, il y en avait une qu'il préférait le plus. Elle était du nom de -Bayruha-, et était située en face de la mosquée. Le Messager d’Allah ( ) avait l'habitude de venir boire de l'eau douce qui s'y trouvait. Quand fut révélé le verset où il est dit (Vous n'atteindrez la (vraie) piété que si vous faites largesses de ce que vous chérissez) Abou Talhâ vint trouver le Prophète ( ) et dit : " O Messager d’Allah ! Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset): (Vous n'atteindrez la (vraie) piété que si vous faites largesse de ce que vous chérissez). Mon bien qui est le plus cher est -Bayrouha- et je la donne en aumône dans le sentier de Dieu, dans l'espoir d'en obtenir la récompense auprès de Dieu le Très-Haut. Fais-en donc, ô Messager de Dieu ce que Dieu te demande d'en faire ". Le Messager d’Allah ( ) dit : " Félicitations ! C’est un commerce fructueux ! " (Boukhari et Mouslim)
Quand ce verset fut révélé : " Quiconque prête à Allah de bonne grâce, Il le lui rendra multiplié plusieurs fois ". (Coran : 2/ 245) Abou ad-Dahdah s'écria : " O Envoyé d’’Allah, Allah à Lui la puissance et la gloire veut qu'on Lui prête ?"
- Oui, Abou ad-Dahdah, répondit-il.
- Abou ad-Dahdah répliqua "donne moi ta main ô Envoyé d’Allah." Après qu'il l'ait prise, il dit : "je fais à mon Seigneur un prêt de mon jardin", à savoir que ce jardin renfermait 600 dattiers et où sa femme Oum ad-Dahdah se trouvait avec ses enfants. Abou ad-Dahdah se rendit chez lui, appela sa femme et lui dit : "Quitte ce jardin car j'en ai fais un prêt à Allah" (Ibn abi Hatim)
 
 

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