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L’injustice mène à la ruine

L’injustice mène à la ruine

Allah accorde la victoire à l'Etat qui respecte la justice même s’il n’est pas musulman mais ne l’accorde pas à l'Etat qui pratique l’oppression même s'il est musulman.

 
L'administration de la justice et le respect scrupuleux des droits des citoyens sont autant de raisons qui garantissent la survie, la suprématie et la victoire des nations. Ainsi, dans sa Lettre «Al-Hisba» Cheikh Al-Islam Ibn Taymiyya a écrit: « Tout le monde est d'accord que les actes seront rétribués, que les conséquences de l’injustice seront funestes alors que celles de la justice seront heureuses. C’est pourquoi on dit souvent que « Allah accorde la victoire à l'Etat qui respecte la justice même s’il n’est pas musulman mais ne l’accorde pas à l'Etat qui pratique l’oppression même s'il est musulman ».
 
Lorsque ’Amr Ibn al-Ass a entendu Al-Moustawrad Ibn Chaddad dire: « A l’arrivée de l’Heure les romains seront les plus nombreux ». 'Amr lui dit alors: « Réfléchis à ce que tu viens de dire !»  Al-Moustawrad lui répond: « Ce que je dis je le tiens de la bouche même du Prophète ()». 'Amar lui dit: « Si tu es sûr de ce que tu avances eh bien je peux t’affirmer qu’ils sont doués des quatre vertus suivantes: ils sont les plus débonnaires et les plus cléments quand il y a un désordre général, les plus rapides à se ressaisir à la suite d’un désastre, les plus prompts à revenir à la charge après avoir déguerpi et, enfin, ils sont les plus serviables et les plus secourables pour les pauvres, les orphelins et les faibles. En plus ils ont une cinquième vertu qui est tout à fait adorable: leurs rois sont les moins oppresseurs. » (Rapporté par Mouslim)

On dirait que ’Amr (qu'Allah soit satisfait de lui) estime que ces qualités sont pour beaucoup dans leur survie et dans la multiplication de leur nombre. Il en résulte que l’oppression, l’irresponsabilité et le bafouement des droits sont autant de signes précurseurs de la ruine et de la défaite. C’est d’ailleurs un précepte bien établi en sociologie et auquel Ibn Khaldoun a, dans sa fameuse Introduction, consacré un chapitre à part intitulé « l’oppression mène à la destruction de la civilisation».
 
La conclusion à laquelle nous voulons arriver ici est que les nations non musulmanes qui satisfont aux conditions nécessaires pour l’instauration et le progrès des Etats se verront récompensées par Allah de la même monnaie car Il n’agit jamais injustement à l’égard de quiconque. C’est le sens du Hadith: « Allah rétribue correctement les bonnes œuvres faites par les croyants; pour elles Il leur fait des faveurs dans le monde ici-bas, avant de les récompenser dans l'Au-delà. Quant au non musulman il récolte le fruit de ses bonnes œuvres dans ce monde ici-bas, de sorte que, une fois dans l’Au-delà il ne lui en restera rien pour en être récompensé.» (Rapporté par Mouslim)
Allah le Tout Puissant donne aux non musulmans ce qu'ils méritent dans ce monde ici-bas sur la base des bonnes œuvres qu’ils accomplissent et des droits dont ils s’acquittent.
 
D’autre part il y a un autre aspect qu’on ne doit nullement ignorer à ce propos je veux parler du fait qu’Allah le Tout Puissant peut accorder la victoire à une nation non musulmane au dépend d’une nation musulmane, en punition pour la désobéissance de cette dernière. C’est ce qu’on a vu lors de l’Expédition d’Ouhoud comme décrit dans le Coran:«Et certes, Allah a tenu Sa promesse envers vous, quand par Sa permission vous les tuiez sans relâche, jusqu'au moment où vous avez fléchi, où vous vous êtes disputés à propos de l'ordre donné, et vous avez désobéi après qu'Il vous eut montré (la victoire) que vous aimez ! Il en était parmi vous qui désiraient la vie d'ici bas et il en était parmi vous qui désiraient l'au-delà. Puis Il vous a fait reculer devant eux, afin de vous éprouver.» (Coran: 3/152)

En évoquant les événements de l’an six cents quinze de l’Hégire, Ibn Kathir a signalé qu’Al-Mouadhaam a levé l’interdiction qui frappait la musique et l'alcool ainsi que d'autres actes aussi immoraux que répréhensibles que son père, Al-Adil, avait tant combattus au point que personne n'osait transporter un verre de vin à Damas que sous le manteau. Puisse Allah en récompenser Al-Adil et punir Al-Mouadhaam pour ses actes odieux même s’il s'en est justifié en prétendant qu’il n’a agi ainsi qu’en raison du manque de moyens de ses soldats et de leur besoin en nourritures pour repousser les Croisés.
 
Commentant ces allégations Ibn Kathir écrit: « Cela relève de son ignorance et de son manque de piété et d’intuition dans les affaires mondaines. En effet, ce genre d’actes est non seulement susceptible de déchaîner contre eux leurs ennemis en leur donnant le dessus sur eux, mais également les soumet à l’emprise des maladies tout en abattant le courage des soldats qui n’auront plus alors qu’à battre retraite. C’est donc, selon les Traditions, un motif de ruine et de destruction des habitations et des États : « Lorsque celui qui me connaît me désobéit je le fais soumettre à quelqu’un qui ne me connaît pas. C’est pourtant clair pour toute personne avertie ».
 
De son côté le Dr. Rabii ibn Mohammed ibn Ali, dans son livre (le Raid sur le Monde musulman) a écrit: « La nation consciente est celle qui réalise que l'audace à commettre les péchés et à s’éloigner du chemin de l'islam et de la loi du Créateur déclenche le courroux d’Allah qui, en conséquence, peut la punir en lui envoyant plus fort qu’elle pour la malmener et la brutaliser. On rapporte dans les Traditions que, en méditant les actes d'humiliation, d'oppression, de génocide, d’assassinat et de déportation dont ils étaient victimes de la part de Nabuchodonosor, certains prophètes en sont arrivés à cette conclusion sous forme d’une prière : « En raison de nos péchés tu nous a fait soumettre à quelqu’un qui fait fi de ta Majesté et qui n’a point pitié de nous. » Dans le même ordre d’idée, Ibn Abou Dounya rapporte qu’Al Foudeil Ibn ‘Iyad a dit : «Allah a fait la révélation suivante à quelques-uns de Ses prophètes: « Lorsque celui qui me connaît me désobéit je le fais soumettre à quelqu’un qui ne me connaît pas.»

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