La femme et le temps au mois de Ramadan

La femme et le temps au mois de Ramadan
3913 1833

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Que le salut et la bénédiction d’Allah soient sur le plus noble des prophètes et des Messagers, notre Prophète Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons. 

Le temps est un trésor que possèdent le riche comme le pauvre, l’homme modeste comme le prince, mais qui est, hélas, gaspillée par nombre de gens, car les jours et les nuits se succèdent et tout le monde peut en tirer profit.

Quiconque médite sur le Livre d’Allah, exalté soit-Il, et la Sunna de Son Prophète () trouvera mise en relief l’importance du temps. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? » (Coran 23/115).

De par Sa grâce, Allah, exalté soit-Il, a fait en sorte que le jour et la nuit se succèdent, et celui qui manque à accomplir de bonnes actions au cours de l’un peut essayer de compenser ce manque au cours de l’autre. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) :

« Et c’est Lui qui a assigné une alternance à la nuit et au jour pour quiconque veut y réfléchir ou montrer sa reconnaissance » (Coran 25/62).

Le Prophète () a dit :

« Les comptes que l’on demandera au serviteur le Jour du Jugement ne s’achèveront pas avant qu’il ne réponde à quatre choses : à quoi il a passé sa vie, comment il a passé sa jeunesse, comment il a acquis ses biens et comment il les a dépensés » (Tirmidhî : sahîh).

Donc, la moitié des questions posées portera sur le temps !

L’importance du temps augmente au noble mois de Ramadan, au cours duquel celui qui d’habitude gaspille son temps doit revoir la façon de l’employer, et celui qui sait l’exploiter en dehors de ce mois doit s’évertuer à encore mieux en tirer profit pendant Ramadan.

Chère sœur musulmane,
Nous mettons l’accent sur la grande importance du temps au mois de Ramadan, parce que nous voyons beaucoup de femmes qui gaspillent leurs nuits à s’amuser, veiller et sortir de chez elles, et leurs journées à dormir ou faire la cuisine, adoptant ce credo : Ramadan, le mois où l’on passe ses journées à dormir et ses nuits à veiller ! Ainsi, les Ramadans se succèdent, sans qu’elles ne procèdent à un recensement de leurs œuvres et projets, ni à une rectification de leurs erreurs et manquements. Par conséquent, à chaque nouveau Ramadan, on recommence à zéro, ce qui constitue un grand gaspillage du temps et de la vie.

Dans son Zâd al-Mi’âd, Ibn al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, dit : « Au cours du mois de Ramadan, le Prophète () multipliait les actes d’adoration. Au cours du mois, Djîbrîl (l’Ange Gabriel) venait chaque nuit lui faire réviser le Coran. Lorsque Djîbrîl (l’Ange Gabriel) le rencontrait, le Prophète () se hâtait de faire le bien et était alors plus généreux qu’un vent impétueux. Il était la personne la plus généreuse, et plus généreux que jamais pendant le mois de Ramadan, au cours duquel il multipliait les aumônes, et autres actes de bienfaisance : la récitation du Coran, les prières, les évocations d’Allah, la retraite spirituelle, etc. Il accomplissait () au mois de Ramadan des actes cultuels qu’il n’accomplissait pas les autres mois de l’année, si bien qu’il poursuivait parfois son jeûne (la nuit) pour consacrer ses jours et ses nuits à l’adoration ».

Sachez, chère sœur, que la vie des membres de la communauté musulmane est courte, ce qui doit vous pousser à tirer profit de votre vie. On rapporte qu’un prophète rencontra un jour une femme qui pleurait son fils mort alors qu’il avait plus de deux cents ans. Il le consola en lui disant : « Qu’en serait-il si tu avais connu une communauté, dont l’âge moyen des membres varie entre soixante et soixante-dix ans ? ». « Si je l’avais connue et en avais fait partie, j’aurais passé ma vie en prosternation », répondit-elle.

Cependant, Allah, exalté soit-Il, a compensé la faible longévité relative des membres de la communauté islamique par la bénédiction dans leur vie, grâce aux bonnes actions qu’ils accomplissent, telles que la prière nocturne de Laylat al-Qadr, le jeûne des six jours du mois de Chawwâl, la prière effectuée dans la Mosquée sacrée de La Mecque, dans celle du Prophète () à Médine ou dans celle d’al- Aqsâ à Jérusalem. Ainsi, c’est comme si ceux qui les accomplissent jouissaient d’une longue vie. A noter que l’écoulement étonnamment rapide des jours et des années figure parmi les signes précurseurs de l’Heure.

Conscients plus que quiconque de la valeur du temps, nos pieux prédécesseurs étaient au plus haut point soucieux d’en tirer profit. Ibn Mas’ûd, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit : « Je n’ai jamais rien regretté comme un jour qui passe, diminuant la durée de ma vie sans que ne soient augmentées mes bonnes œuvres ».

Pour sa part, Ibn Radjab raconte qu’une femme dévote de La Mecque se disait à la tombée de la nuit : « Mon âme ! Cette nuit est à toi et tu n’en auras pas d’autre », puis elle s’adonnait aux actes d’adoration, et quand arrivait le matin, elle se disait : « Mon âme ! Ce jour est à toi et tu n’en auras peut-être pas d’autre », puis elle s’adonnait aux actes d’adoration.

Un homme dit un jour à ‘Âmir ibn ‘Abdi-Qays : « Lève-toi que je puisse te parler ». Il lui répondit : « Alors, retiens le soleil », c'est-à-dire empêche le temps de passer.

Chère sœur musulmane,
Il est incontestable que le temps qui n’est pas utilisé pour accomplir une bonne action le sera pour en accomplir une mauvaise. Et nos ennemis ne cessent de manigancer pour nous faire perdre notre temps, tandis qu’ils tirent profit du leur, sans en gaspiller le moindre instant. Ne croyez pas, chère sœur, que seules les femmes qui travaillent sont capables de bien employer leur temps, car chacune peut le faire dans la mesure du savoir et des potentialités qu’elle possède, et peut s’adonner à la mémorisation du Coran, à l’apprentissage ou à l’enseignement du savoir religieux, à la prédication, ou encore à la cause des pauvres et à la collecte de dons en leur faveur. Allah, exalté soit-Il, a donné à d’autres l’occasion de faire le bien en aidant un de leurs parents âgés, encore en vie. En somme, chacun se verra faciliter ce pour quoi il a été créé.

La miséricorde d’Allah, exalté soit-Il, veut que nous ayons, chère sœur, une récompense pour chacun des travaux ménagers que nous accomplissons, ainsi que pour le sommeil, la consommation de nourriture, notre sollicitude envers notre époux et l’éducation de nos enfants, et même pour la satisfaction de nos besoins charnels, à condition d’accomplir ces œuvres dans l’intention de nous rapprocher d’Allah, exalté soit-Il, d’espérer Sa récompense et Son soutien dans nos actes d’obéissance. Vous pouvez également évoquer Allah, exalté soit-Il, pendant l’accomplissement de certains travaux ménagers ou autres, pour ainsi gagner la récompense de l’évocation, en plus de celle de la tâche que vous effectuez.

Chère sœur,
Beaucoup de femmes voudraient bien profiter de leur temps, mais manquent de détermination. Si elles cherchent les facteurs qui peuvent les aider à exploiter au mieux leur temps, nous leur dirons ceci :

1- La crainte d’Allah, exalté soit-Il, et le sentiment d’être surveillé par Lui poussent l’homme à passer son temps en actes d’obéissance et à renoncer aux interdits, car les versets suivants nous informent des attributs suivants d’Allah, exalté soit-Il, (sens des versets) : « Car Allah est, certes, Omniscient et Sage » (Coran 4/11) et « Certes Allah vous observe parfaitement » (Coran 4/1). Ces attributs ancrent dans le cœur du croyant la conviction qu’Allah, exalté soit-Il, l’observe partout et toujours. Par conséquent, il (comprend qu’il) doit faire ce qu’Allah, exalté soit-Il, lui a ordonné de faire, et s’abstenir de se trouver dans les situations qu’Il lui a interdites.

2- Le souvenir de la mort, car si l’homme se souvient toujours de la mort, tout en ignorant le lieu et le temps où elle le surprendra, il sera plus soucieux de conclure sa vie par des œuvres pieuses, de rendre l’âme en accomplissant un acte d’obéissance et, par conséquent, d’employer son temps à accomplir de bonnes actions.

3- La compagnie des gens vertueux et au grand caractère, qui savent employer leur temps, qui vous rappellent Allah, exalté soit-Il, dès que vous les voyez, qui augmentent votre savoir dès qu’ils parlent, dont les œuvres vous rappellent l’au-delà, qui animent les cœurs lorsqu’on se rappelle d’eux, même après leur mort, et non pas ceux qui font mourir les cœurs par leur fréquentation de leur vivant.

4- La conscience de la valeur et de l’importance du temps, en se rendant compte que l’homme sera jugé sur la façon dont il aura employé son temps.

5- La méfiance vis-à-vis de l’atermoiement, qui est l’un des soldats du diable, et la hâte d’œuvrer avant d’en être empêché.

Un prince invita un jour un homme pieux à un repas. Ce dernier s’excusa, car il jeûnait. Le prince lui dit : « Romps ton jeûne et reprends-le demain ». Et l’homme pieux de lui répondre : « Me garantis-tu que je vivrai jusqu’à demain ? ».

Eh oui, ma sœur en Islam. Pouvons-nous garantir que notre vie se prolongera jusqu’à demain ou même jusqu’à la fin de cet entretien ?

Empressons-nous donc d’accomplir de bonnes actions et de tirer profit de notre temps au mois de Ramadan, car celle qui ne le fera pas en ce mois ne le fera pas à un autre moment.

Et louange à Allah, Seigneur de l’univers.
 

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