La femme

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Le navire de la sécurité est en train de couler, volons à son secours !

Le navire de la sécurité est en train de couler, volons à son secours !
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Parmi les plus grandes bénédictions qu’Allah a conférées aux Arabes avant l'Islam, il y a celles de la sécurité et de la prospérité auxquelles se réfèrent les versets coraniques suivants : « Qu'ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Ka’ba) qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte ! » (Coran 106/3 et 4).

 

La sécurité et la prospérité mentionnées dans cette sourate sont à mettre en opposition avec l’insécurité et la faim dont parle la sourate 16 où il est question de la sanction infligée par Allah à celui qui viole ses injonctions et se montre ingrat envers ses bienfaits : « Et Allah propose en parabole une ville : elle était en sécurité, tranquille ; sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bienfaits d'Allah. Allah lui fit alors goûter la violence de la faim et de la peur [en punition] de ce qu'ils faisaient. » (Coran 16/112).

 

On ne peut pas cependant dire que tous les membres de la société sont nécessairement ingrats et incroyants, car il se peut bien qu’il y ait parmi eux des justes et des vertueux mais qui, non seulement, ne proclament pas la vérité mais ne dénoncent pas non plus l’injustice, ce qui provoque la venue de fléaux contre eux et les autres, sans distinction aucune comme relaté dans le Coran : « Ceux des Enfants d'Israël qui n'avaient pas cru ont été maudits par la bouche de David et de Jésus fils de Marie, parce qu'ils désobéissaient et transgressaient. Ils ne s'interdisaient pas les uns aux autres ce qu'ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu'ils faisaient ! » (Coran 5/78 et 79).

 

Il est donc du devoir de chaque membre de la société qui voit un mal de le dénoncer, mais aussi de prodiguer des conseils sincères, de recommander la vertu et d’interdire le vice, faute de quoi il aurait contribué à la propagation du chaos et, du coup, perdu la qualité d’eternel bienfaisant qui a toujours distingué notre Oumma islamique des autres : « Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah.» (Coran 5/110).

 

Je me suis permis cette petite entrée pour introduire un problème qui ne cesse de menacer les fondements de la société et de l’Etat, cet Etat qui est le garant de la sécurité et de la stabilité et qui, en cas de perte de sa révérence respectueuse et de son autorité, aura perdu les raisons même de son existence.

Il est relaté dans les Traditions qu’Ali – qu’Allah soit satisfait de lui – a dit : « Lorsque le souverain n’inspire plus de révérence respectueuse son pouvoir est condamné à disparaître ».

 

La sécurité dans nos pays est maintenant menacée en raison de la criminalité qui, désormais, n’épargne ni la campagne, ni les villes, ni les foyers, ni les universités, ni les femmes, ni les enfants, ni les adultes. La situation est si grave qu’on est presque tentés de se demander, par souci, par amour et par crainte pour la stabilité de nos pays et de celle des générations futures, si on n’est pas arrivés à un stade où seule une rigueur semblable sinon identique à celle d’Al-Hajaj pourrait nous sauver ?

 

Il est vrai que la propagation de la criminalité a pour raison, entre autres, le manque de justice sociale, l'inégalité des chances, l’impunité et l'absence de foi religieuse qui freine et empêche de faire le mal. Mais il faut dire que le crime est un fléau qui doit être extirpé quelles qu'en soient les raisons, les justifications et l’origine, car il constitue une agression contre le droit commun, contre la patrie et contre le citoyen. Nous devons donc tous nous unir, individus et institutions, pour contrer fermement la criminalité qui, même si elle n’a pas encore touché nos maisons, ne doit plus en être si éloignée. D’ailleurs, la réalité est là pour le prouver. Aussi, ce que nous voyons et ce que nous entendons concernant les attaques dont sont victimes les agents de sécurité annoncent un désastre qui n’épargnera personne. En effet, l’agent de sécurité qui prend énormément de risques pour lutter contre la criminalité et qui, à la fin, voit le criminel marcher librement, vantard, menaçant et même pointant vers lui son épée pour l’agresser ne peut ne pas être perplexe et intrigué, tant il ne voit pas l’utilité de ses sacrifices surtout quand, après tout, le délinquant est traité en prison comme s’il était un touriste et qu’il ne tardera pas à bénéficier de l’amnistie pour redevenir un homme libre. Le malheur est que, au lieu de regretter son forfait et de se mettre à se repentir, le voilà qui récidive.

 

Qu’il me soit permis de faire une recommandation à cette occasion : il est impératif que nos États revoient la façon avec laquelle ils traitent ceux qui sont reconnus coupables quel que soit leur crime et quels qu’ils soient eux-mêmes conformément à la règle : '' La justice est la base de la gouvernance''.

Aussi nous devons nous rappeler ce qu’a dit notre Prophète () : « Je jure par Allah que si Fatima fille de Muhammad vole je lui couperai la main sans hésitation».

 

La sécurité est l’affaire de tout le monde. Personne n’en est exclu, à commencer par le criminel lui-même auquel nous devons parler d’abord au nom d’Allah devant lequel un jour il se tiendra debout et Lui demandera pourquoi il a commis tel délit, pourquoi il a tué untel, etc. N’est-ce pas Lui, exalté soit-Il, qui dit dans un hadith Qudsî : « Ô Mes serviteurs, Je Me suis interdis l'oppression, et Je l'ai interdite entre vous, alors ne vous opprimez pas les uns les autres ». Crains Allah donc, lui dirons nous, en toi-même, en tes frères et en ton pays et sache qu’Allah, exalté soit-Il, pardonne à quiconque se repente sincèrement ».

 

Ensuite, notre discours doit s’adresser à la famille, aux membres de la société et aux institutions de l’Etat protectrices et garantes de la sécurité et sur lesquelles incombe la plus grande responsabilité car Allah fait parfois imposer Sa loi davantage par le Sultan que par le Coran. Ce que chacun doit comprendre, indépendamment de son statut et de sa fonction, est que le navire de la sécurité est effectivement en train de couler avec tous ceux qui sont à bord, gouvernants et gouvernés. Aussi, comme le crime est devenu plus organisé et plus violent aujourd’hui, cela doit pousser les responsables de la sécurité ainsi que les citoyens à s'unir et à prendre pleinement leur responsabilité : « Vous êtes des bergers et vous êtes responsables de l’objet de votre garde. Le chef de l’Etat est berger et responsable de ses administrés. L'homme est berger dans sa famille et responsable de l’objet de sa garde. La femme est bergère dans la maison de son mari et responsable de l’objet de sa garde. Le serviteur est berger dans les biens de son maître et responsable de l’objet de sa garde. Vous êtes tous bergers et vous êtes responsables de l’objet de votre garde. »


Autant dire qu’il est de notre devoir de faire un front commun solide pour affronter impitoyablement les criminels qui, dépourvus de toute pitié n’en ont droit à aucune. D’ailleurs, je vous donne ce hadith qui nous montre la gravité de la criminalité surtout quand il y en a qui la protègent ou la laissent faire. Boukhari, Ahmed et Tirmidhî ont rapporté d'après Nu'man ibn Bâchir - qu'Allah soit satisfait de lui – que le Prophète () a dit que : « L’exemple de celui qui s’arrête devant les limites d’Allah et de celui qui les transgresse est comparable à des gens qui partagent un navire : les uns ayant le haut comme part et les autres la partie inferieure du navire. Obligés de toujours passer par la partie supérieure pour apporter de l’eau, ceux de la partie inferieure se disent : ''Pourquoi ne pas faire un trou dans notre part ? Nous n’indisposerons plus alors ceux d’en haut… ''. Si les occupants de la partie supérieure les laissent faire à leur guise, tous périront mais s’ils les empêchent, ils seront tous sauvés ».
 

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