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La circoncision

La circoncision
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La circoncision est une coutume conforme à la nature saine originelle. Allah, exalté soit-Il, l'a instituée pour Ses prophètes et leurs adeptes, pour inciter à la pureté et à la propreté et pour se différencier des incroyants. Le Prophète () a dit : «Cinq actes font partie de la nature saine originelle (fitra): la circoncision, le rasage du pubis, le fait de se couper la moustache, le fait de se couper les ongles et l’épilation des aisselles» (Boukhari et Mouslim).

Allah, exalté soit-Il, a accordé à l'homme un degré plus élevé qu’à toute autre créature, et a choisi pour la nation de Mohammed () la meilleure religion en lui ordonnant de suivre la religion de leur père Abraham, Ibrâhîm () qui pratiquait la sunna de la circoncision. Le Prophète () a dit : « Ibrâhîm, l’ami intime du Tout Miséricordieux s'est circoncis » (Boukhari).

Définition de la circoncision :

La circoncision consiste en l'ablation du prépuce du pénis chez l'homme, et l'ablation du capuchon clitoridien chez la femme.

Quelques types de circoncision :

Dans certaines sociétés, l’on accomplit en réalité certaines pratiques nuisibles à la femme, en lieu et place de la circoncision. Certains procèdent à l'ablation totale du clitoris, l'organe qui provoque le plaisir sexuel chez la femme. L'absence de cet organe entraîne donc l'absence de plaisir sexuel chez la femme. Ce groupe de gens aggrave parfois les choses en fermant l'ouverture de la vulve par une suture en ne laissant qu'une petite ouverture permettant le passage de l’urine. Cela rend difficile au plus haut point la relation sexuelle avec la femme au cours des premiers jours et cela peut devenir même impossible à moins de lui faire subir une opération chirurgicale pour préparer sa vulve à la relation sexuelle.

Ce genre de « circoncision » était connu auparavant sous le nom de « circoncision pharaonique ». Certains peuples africains la pratiquent jusqu'à présent. L'affaire devient plus compliquée, si l’on sait que celles qui pratiquent ces opérations, connues sous le nom de «sages-femmes», utilisent des instruments non stérilisés pouvant causer des maladies graves.

Un autre groupe estime que la circoncision se limite à l'ablation du capuchon du clitoris en vue de modérer les pulsions sexuelles et d'empêcher toute excitation lors du frottement avec des vêtements ou autres. Tel est le sens du hadith du Prophète () s'adressant à Umm 'Atiyya, : « Effleure (coupe légèrement) et n'exagère pas, car cela donne plus d'éclat au visage et est plus agréable au mari » (al-Tabarânî).

Conformité de la circoncision à la Charia :

Face aux dangers physiques et psychiques qui peuvent résulter de certaines de ces méthodes, ainsi qu'à leurs éventuels avantages, les oulémas et les jurisconsultes ont eu des avis divergents sur la conformité de cette opération à la Charia :

Opinion des jurisconsultes:

- Un groupe estime que ce procédé est obligatoire autant pour l'homme que pour la femme sans distinction, s'appuyant sur le verset (sens du verset) : «Puis Nous t’avons révélé : 'Suis la religion d’Abraham qui était voué exclusivement à Allah'» (Coran 16/123).

Et sur le hadith où le Prophète () a dit : «Ibrâhîm, l’ami intime du Tout Miséricordieux s'est circoncis à l'âge de 80 ans à l'aide d’une herminette» (Boukhari).

- Un autre groupe estime qu'il est obligatoire pour l'homme et surérogatoire pour la femme, arguant du hadith où le Prophète () a dit : « La circoncision est une Sunna pour les hommes et une makruma (action méritoire) pour les femmes» (Ahmed et al-Bayhaqî).

Il est probable que la différence de dispositions légales entre l'homme et la femme soit due au fait que le garçon dispose d'une peau excédentaire où s’accumulent les sécrétions et les impuretés nuisant à l'organisme humain et nuisant à la santé. Quant à la fille, elle ne dispose pas de cette peau, ce qui fait que la circoncision n'a aucun intérêt hygiénique empêchant un mal. C'est pourquoi la circoncision est obligatoire pour l'homme et une action méritoire pour la femme et non une obligation.

Après avoir cité les deux opinions précédentes, l'Imam al-Chawkânî a dit : « En réalité, il n'y a aucune preuve authentique de l'obligation de ce procédé. Pourtant, il est certain qu'il s'agit d'une sunna, d'après le hadith traitant des cinq actes inhérents à la nature saine originelle, ainsi que d'autres hadiths dans ce sens. Or, il faut se fonder sur l'opinion certaine tant que rien n'exige de la modifier ».

Le point de vue médical :

Face à ces divergences, les médecins ont deux avis : l'un défend la circoncision féminine en indiquant ses bienfaits et un autre la condamne en indiquant ses méfaits.

Le premier groupe s'appuie sur le hadith : « Effleure (coupe légèrement) et n'exagère pas, car cela donne plus d'éclat au visage et est plus agréable au mari » (al-Tabarânî). Ce groupe appelle à la modération lors de la circoncision féminine afin de modérer le désir sexuel et d’en tirer de nombreux intérêts, entre autres :

- Se débarrasser des sécrétions et écoulements adipeux répugnants (smegma)
- Se débarrasser du risque de la masturbation
- Réduire le risque du cancer
- Eviter l'incontinence urinaire nocturne
- Une influence indirecte sur le plaisir sexuel. Les circoncis mettent plus de temps à éjaculer, ce qui augmente leur plaisir par rapport aux non-circoncis.
- La diminution de la sensibilité de la fille. En effet, rien n'entraîne un frottement qui excite les instincts. C'est ainsi que la fille ne devient pas nerveuse dès son enfance.
- La circoncision amoindrit les cas de désir sexuel intense chez la femme, dans lesquels elles deviennent extrêmement sensibles, ce qui peut rendre les époux en proie aux maladies.

Dans le cadre de plusieurs slogans comme «Arrêtez ce crime» et «La circoncision féminine est interdite», un autre groupe avance les causes de sa condamnation de la circoncision féminine. Il estime que seul le médecin est capable de prescrire le traitement convenable en cas d'existence de parties en excédent dans les organes génitaux de la femme. Même en présence de ces parties, le médecin ne recommande pas de les exciser.

Toutefois, (selon eux) si la constitution de la fille est normale, il faut écarter l'idée de la circoncision féminine sous prétexte de la réforme des mœurs et de la purification, comme le pensent ceux qui prétendent que la circoncision féminine fait perdre à la femme une grande partie de ses pulsions instinctives, ce qui évite à sa famille ses faux pas et la préserve des tentations. Ce groupe considère que les fondements de ces justifications sont fragiles pour les raisons suivantes :

- Les parties excisées sont très importantes et ont une fonction vitale lors de la rencontre sexuelle et de la procréation, ainsi que dans les caresses qui précèdent le coït. Leur existence est un facteur important d’une bonne harmonie dans la relation sexuelle.

- Les parties excisées ne sont pas en excédent, comme le croient certains, et leur suppression ne permet aucune prévention des maladies.

Ce groupe affirme son point de vue en se fondant sur les dommages découlant de cette opération, à savoir :

- Une grave hémorragie dont peut souffrir la fille, car la circoncision implique l'ablation d’une partie du clitoris lequel renferme de nombreuses veines et artères.
- L'effet psychologique néfaste subi par la femme et sa nervosité due à son sentiment de manque et d'anormalité.

Dans tous les cas, le but est de parvenir à réaliser l'intérêt de la fille dans sa vie personnelle et familiale. Que les parents veillent donc à la bonne éducation de leurs filles. Ainsi, si la Charia a ordonné de pratiquer la circoncision de la fille, cela vient de son souci de sa pureté et de la volonté d’atténuer son excitation et non pas de l'annihiler. C’est ainsi que se manifeste le fait que l'Islam est la religion du juste milieu et de la modération, sans abus ni négligence.

Référence : Encyclopédie de la famille musulmane

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