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La philosophie du confucianisme, la religion de la Chine

La philosophie du confucianisme, la religion de la Chine
9895 1907

Le confucianisme occupe une place éminente dans l’histoire de la Chine depuis plus de 25 siècles, il a imprégné de manière très profonde le cœur et l’esprit des Chinois, de même que sa philosophie est devenue au fil des siècles le référent idéologique fondamental qui détermine le comportement et la manière de penser des Chinois.
Qui est donc ce fameux Confucius ? Comment a-t-il vécu ? Quelle est sa religion ou sa pensée ? Quel héritage intellectuel et quelle œuvre a-t-il laissé derrière lui ? C’est à ces questions et à d’autres encore, que nous allons essayer de répondre dans ce présent article dont l’objectif est de présenter aux lecteurs ce qu’est cette religion ou philosophie orientale qui a étendu et étend encore sa domination sur le pays le plus peuplé du monde : la Chine.
Qui est Confucius :
Son nom est Kung-Fu-Tzu, ses élèves l’appelaient Kung l’Enseignant. Il est né en 551 avant l’ère chrétienne non loin de la ville de Qufu pays de Lu, actuelle province de Shandong en Chine.
Les Chinois, dont l’imagination est très fertile, ont inventé des histoires mythiques autour de la naissance de Confucius, ils prétendirent notamment que des esprits informèrent sa jeune mère de sa naissance et que les âmes féminines lui donnaient de l’air alors qu’elle accouchait dans l’une des grottes de la région. Ces histoires légendaires disent également qu’il avait un dos de dragon, des lèvres de taureau et une bouche aussi large que l’océan.
Kung-Fu-Tzu ou Confucius selon la prononciation occidentale a vécu pauvrement ; son père est mort alors qu’il avait trois ans, il a donc été élevé par sa mère. Il travaillait après sa journée d’école afin d’aider économiquement sa famille et surtout sa mère. Lorsqu’il atteignit l’âge de 19 ans il se maria, il eut un fils avec son épouse, mais il la divorça après seulement cinq ans de vie commune, on dit qu’il ne se remaria plus après cela.
A l’âge de 23 ans il se mit à travailler comme enseignant, il fit de sa maison son école. A cette époque, seuls les enfants issus de l’aristocratie avaient droit à un enseignement approfondi ; cependant, il rendit obsolète cette loi inique en enseignant aux enfants des pauvres également, il prenait de ses élèves ce que ces derniers pouvaient donner, il acceptait des sommes extrêmement modiques.
Au début, Confucius n’avait que peu d’élèves, mais très rapidement sa réputation de grand professeur érudit et très intelligent se répandit, et c’est ainsi que le nombre de gens cherchant à profiter de son enseignement augmenta considérablement, au point que dans les derniers jours de sa vie Confucius pouvait se vanter d’avoir formé personnellement 3000 jeunes, lesquels après avoir quitté sa maison travaillèrent dans des centres de savoir prestigieux dans diverses contrées.
Durant sa vie, Confucius connut l’exil et l’errance à cause de son intérêt pour la chose politique, il chercha notamment à changer les choses en voulant occuper des fonctions politiques. Ainsi, il pensait que la seule solution pour régler les conflits et les crises politiques était l’instauration d’un gouvernement vertueux qui appliquerait les préceptes de la philosophie, et ce, afin d’avoir une bonne maîtrise du pouvoir ; à ce propos, il a été rapportée cette parole qu’il aurait dite : « Si un prince me faisait confiance et me confiait un travail de réforme, douze mois d’efforts et de travail suffiraient pour que le gouvernement de ce prince atteigne le degré de la perfection dans les trois ans ». Cependant, il n’acceptait pas un poste à responsabilité politique qui lui été proposé si les principes fondamentaux du prince qui lui faisait cette proposition étaient contraires à ses principes. On raconte qu’il a accédé à ce type de positions importantes à certains moments de sa vie dans une cité chinoise, il semblerait alors qu’il ait réussi dans le cadre de sa mission à répandre la justice, de même que cette ville a gagné en sécurité et en calme ; à ce propos il est dit dans un récit chinois que lorsque Confucius était au commande de la cité en question, cette dernière a été submergée par une vague irrépressible faite de dignité, de probité et d’un fort sentiment de sécurité, ainsi si quelqu’un perdait un objet dans une rue ou sur un chemin, cet objet restait où il était jusqu’à qu’il soit restitué à son propriétaire. Toutefois, plus Confucius accédait à des fonctions politiques importantes plus il subissait des pressions et des persécutions, ce qui avait une influence plus que néfaste sur sa famille. Ainsi, par exemple, il dût à un moment fuir avec un petit nombre de ses disciples les plus proches, car, pour des raisons politiques, ils étaient devenus personne non grate dans leur contrée ; ils se retrouvèrent donc à errer de région en région, ici ils étaient reçus avec attention et courtoisie et là ils devaient faire face à la privation ainsi qu’à l’hostilité et à la malveillance des gens.
Lorsque Confucius atteignit l’âge de 79 ans, un prince l’honora en faisant de lui son conseiller, c’est ainsi que les gouverneurs venaient le consulter pour lui demander des conseils. Il occupa donc cette fonction durant les trois dernières années de sa vie, il vivait de manière très simple protégé et respecté, il passait en outre la plupart de son temps seul afin d’écrire, se consacrant notamment à la publication de livres chinois ainsi qu’à l’écriture de l’histoire du peuple chinois.
Confucius mourut à l’âge de 82 ans, ses élèves l’enterrèrent d’une manière majestueuse, ils bâtirent autour de sa tombe des baraques dans lesquelles ils vécurent durant trois années, ils le pleurèrent comme des enfants pleurent leur père. Après ces trois années écoulées, ils quittèrent tous les baraques hormis Dzu Kung qui était son élève le plus proche, l’amour de ce dernier pour son maître Confucius était plus grand que l’amour réuni de tous les autres, Dzu resta donc dans les alentours du tombeau de son maître trois années de plus, grandement affecté par la disparition de son cher professeur.
L’héritage de Confucius :
A sa mort, Confucius laissa derrière lui cinq volumes dont on dit qu’il les a écrits lui-même, ils sont connus en Chine sous le nom des « Cinq Classiques » ou les « Cinq Livres de la Loi », ces cinq livres sont :
1- Li Ji ou le Livre des Rites : c’est un livre composé des anciennes règles ayant trait au bon comportement et à la bienséance ainsi que des fondements précis qui servent à constituer la morale, tout ce qui aide en somme à la stabilisation d’un système social.
2- Les livres des appendices et des commentaires au livre intitulé Yi Jing ou le Livre des Mutations : le sujet de cet ouvrage est la science qui se cache derrière la nature, et ce, bien que Confucius ne voulait pas s’appesantir trop à travers sa philosophie sur un domaine qui échappe à la raison de l’homme ainsi qu’à ses sens.
3- Shi Jing ou le Canon des Poèmes : Confucius a procédé à sa mise en ordre et à sa division par chapitres, de même qu’il a dans ce livre expliqué selon lui ce qu’est l’essence de la vie et les principes de la bonne morale.
4- Chun Qiu ou les Annales des Printemps et des Automnes : c’est un livre d’histoire dans lequel Confucius a consigné les événements les plus importants qui survinrent dans la ville de Lu.
5- Shu Jing ou le Canon de l’Histoire : c’est aussi un livre d’histoire mais plus complet et généraliste que le Chun Qiu, ainsi il rassemble les événements les plus importants survenus lors de la gouvernance des premiers rois.

Au moment où Confucius rédigeait ces ouvrages, il ne considérait pas que sa fonction était celle d’historien, il pensait plutôt à travers eux former et éduquer les jeunes. Ainsi, il agrémentait les récits historiques qu’il consignait dans ces livres de discours et d’histoires venant de lui à travers lesquels il essayait autant que faire se peut d’appeler les gens à adopter une haute morale ainsi qu’à aimer la sagesse.
Les Chinois ajoutent à ces cinq livres fondamentaux quatre autres livres, ces derniers furent composés par les disciples des disciples de Confucius, ils consignèrent dans ces quatre livres les pensées et paroles de Confucius dans un style concis et clair sans égal comme les avaient rapporté ses élèves directs ; ces livres furent composés plusieurs décennies après la mort du maître. Le premier de ces quatre livres est le livre Lun Yu ou les Paroles et les Dialogues, connu chez les Occidentaux sous le nom des Entretiens de Confucius. Le deuxième de ces ouvrages est composé des quatrième et cinquième chapitres du livre intitulé le Deuxième Chu, lequel livre est connu chez les Chinois sous le nom de Da Xué ou la Grande Etude. Le philosophe et éditeur Kunfuchi Jughi pense que c'est Confucius lui-même qui a écrit ces deux chapitres, de même qu’il attribue le reste du livre à Dzang Tsan, l’un des élèves de Confucius. Le troisième livre est le Zhong Yong ou l’Invariable Milieu, c’est l’un des plus grands livres de philosophie chinois. Et enfin le quatrième livre intitulé Mèng Zi ou le Livre de Mencius, celui-ci traite de la bonne éducation dans la Chine ancienne.
La pensée de Confucius :
Confucius était plus un politique et un philosophe qu’un dogmatique et un religieux, ce qui guidait sa pensée et son action était avant tout l’application des préceptes de la philosophie au comportement et à la pratique du pouvoir. Confucius a en effet travaillé toute sa vie pour que soient appliquées ses théories de manière pratique dans les politiques mises en œuvre par les dirigeants. D’ailleurs, Confucius était désireux, si l’occasion se présentait à lui, de prendre le pouvoir pour que les gens voient la réalité de ce à quoi il appelait. Rien n’empêche que nous rappelions quelques idées de Confucius ayant trait au pouvoir et à la morale étant donné que nous écrivons sa biographie, puis nous rappellerons secondairement ses positions et avis sur la théologie, les rites et les adorations.
La philosophie de Confucius se concentre sur un processus simple : la réforme de la société vient de la réforme de l’individu. Selon Confucius, si l’individu est bon la famille sera bonne, et si la famille est bonne alors c’est la société dans sa totalité qui sera bonne. Par ailleurs, il pense que prince ou le dirigeant doit nécessairement gouverner les gens avec justice, mais pour que se réalise cette justice il faut que le dirigeant soit un modèle pour son peuple dans les domaines de la morale et du bon comportement, il doit en outre bien s’occuper de leurs affaires et il doit déléguer une partie de son pouvoir à des fonctionnaires intègres afin que les choses fonctionnent au mieux. Confucius met en garde le prince contre le fait de laisser des richesses entre les mains de gens autoritaires, il doit au contraire bien les distribuer, car c’est en distribuant de manière juste les richesses qu’on unifie un peuple et évite les dissensions. Toujours selon Confucius, le prince se doit de tout faire pour que le savoir et la science se diffusent beaucoup, car quand un bon niveau d’instruction se généralise, les différences entre les classes sociales s’estompent. Le gouvernement doit également inculquer la bonne morale chez les gens, car si la morale se corrompt, alors c’est toute la société qui se corrompt ; les bonnes manières et le bon comportement est au minimum l’apparence extérieure de la morale de la société. Le gouvernement doit aussi absolument instaurer la sécurité alimentaire et la sécurité civile parmi son peuple, il doit en sus tout faire pour que les gens aient confiance en lui, et ce, afin que se crée un sentiment d’harmonie entre lui et le peuple, et c’est ainsi que l’ordre pourra être instauré et que la concorde s’étendra.
Quant aux théories de Confucius concernant la morale, elles ne sont pas à ses yeux moins importantes que la politique et les affaires ayant trait au pouvoir ; en fait, pour lui, morale et politique sont clairement interdépendantes et complémentaires, ainsi la politique est une fonction morale dans laquelle le prince se doit d’être moralement exemplaire pour son peuple. Confucius a donc écrit, comme nous l’avons vu plus haut, divers ouvrages sur la morale et le bon comportement, il rédigea même un livre d’histoire dans lequel il rapporta des histoires qui incitaient les gens à se pourvoir d’une haute morale.
Après avoir évoqué l’intérêt de Confucius pour la morale et la politique, attachons-nous maintenant à rappeler sa pensée sur les traditions religieuses et les croyances ; ainsi, nous pouvons dire que dans le domaine de la religion Confucius n’a rien apporté de nouveau, en fait, il était attaché aux traditions des gens de son époque. C’est ainsi qu’il incitait ses disciples à ne pas négliger les rites religieux traditionnelles comme l’adoration des ancêtres et le fait d’apporter des offrandes dans les mausolées de ces derniers. Toutefois, Confucius évitait de chercher les origines et causes de la nature, il essayait en outre de détourner l’esprit de ses disciples des choses de l’invisible, et si par exemple l’un d’entre eux lui posait une question ayant trait à la religion, il lui répondait de manière négative. Ainsi, lorsque l’un de ses élèves lui demanda si les morts possédaient un savoir ou en été dénués, il refusa de lui donner une réponse claire. Et lorsqu’un autre lui posa une question sur le fait de « servir les âmes » (les âmes des morts), Confucius répondit : « Si tu es incapable de servir les vivants, comme pourrais-tu servir leurs âmes après leur mort ? ». Enfin, lorsqu’un autre élève lui demanda : « Puis-je oser vous poser une question sur la mort ? », Confucius rétorqua : « Si tu ne connais pas la vie, comment pourrais-tu prétendre connaître quelque chose de la mort ? ».
La religion des Chinois :
Le lecteur a sans doute remarqué que Confucius n’était pas très explicite ni disert sur les questions touchant à l’invisible, à la religion ou aux rites ; néanmoins, il ne s’opposait aux pratiques religieuses de ses contemporains, bien au contraire, il encourageait les gens à s’adonner à la religion aux rites traditionnels, car il pensait que ces éléments représentaient l’unité culturelle pour tous les Chinois. Au vu de cette réalité, il nous a semblé nécessaire de rappeler des éléments des croyances des Chinois, et ce, afin de compléter notre vision de la religion de cet immense pays qu’est la Chine ; ces informations pourront servir en dernière instance ceux qui, parmi les gens de science et les prédicateurs, iront dans ce pays pour appeler les gens à l’Islam.
1- Les Chinois croient en une divinité suprême, la divinité du ciel, qu’ils nomment Tchang Ti, c’est-à-dire la force supérieure qui domine le monde ; chaque année, l’Empereur chinois organise une immense fête durant laquelle les fidèles offrent à cette divinité diverses offrandes.
2- Les Chinois croient également que la terre a une divinité, de même que le soleil, la lune, les planètes, les nuages, les montagnes, etc. ont chacun leur propre divinité.
3- Les Chinois adorent les âmes de leurs parents, de leurs aïeux et de leurs ancêtres, ils sont persuadés que les âmes de tous ces morts peuvent causer du tort ou être profitables.
4- Ils sont convaincus que les âmes mauvaises flottent autour d’eux, c’est pour cela qu’ils font bien attention à contrer leur malfaisance par des invocations et des amulettes magiques.
5- Les Chinois croient beaucoup en la magie et en l’astrologie, ils payaient des voyants pour que ces derniers leur prédisent leur avenir, et ce, à travers des carapaces de tortues ou bien le mouvement des étoiles. Ils payaient des magiciens afin qu’ils orientent leurs maisons vers le vent et l’eau ou bien encore des devins qui par la magie faisaient tomber la pluie. En outre, les Chinois présentaient devant les tombes de leurs morts leurs nouveau-nés durant les jours de « malheur ».
6- Tous les jours les Chinois offrent des offrandes modestes – l’habitude veut que ce soit un peu de nourriture – à leurs morts et ils envoient de pieuses invocations à leurs âmes.
Voici donc un court aperçu de ce qu’est la religion des Chinois, nous avons tenté de proposer une image complète de cette dernière à travers une étude succincte de la biographie de Confucius ainsi qu’une présentation très résumée des croyances des Chinois. Nous demandons à Allah, exalté soit-Il, qu’Il propage la da’wa islamique dans ce pays afin que les gens puissent être guidés vers l’Islam qui est la religion de la lumière et de la bonne guidée.
Nous voulons conclure en disant que s’il y a dans la pensée de Confucius des préceptes qui peuvent intéresser les gens, sachez chers lecteurs, qu’on peut les retrouver dans l’Islam ainsi que des préceptes encore meilleurs. En effet, l’Islam appelle à la bonne morale et au bon comportement, de même qu’il prête une grande attention au fait que le prince doit être un homme de bien vertueux, mieux, notre religion incite le prince à prendre soin des serviteurs de l’Etat et à nommer aux postes de responsabilité que des gens pieux. Toujours selon l’Islam, le prince doit également prendre soin des gouvernés, il se doit donc de les protéger, ainsi non seulement il doit protéger leur vie mais il doit également protéger leurs biens, leur honneur, leur religion ou encore leur enfants.
Enfin, si nous comparons entre l’Islam et ce que Confucius a apporté en termes de politique et de morale, nous constatons alors que l’Islam a apporté des préceptes bien supérieurs à ceux qu’enseignait Confucius ; en effet, l’Islam est venu avec la bonne manière de croire en Allah, exalté soit-Il, et de L’adorer, de plus il a rejeté les fausses divinités. Il est tout à fait logique de préférer l’Islam aux philosophies humaines, car le premier est une révélation émanant d’Allah, exalté soit-Il, et donc la bonne guidée pour les hommes ; la révélation divine n’est pas comme les idéologies humaines qui sont pleines d’imperfections et de lacunes. Louange à Allah pour nous avoir donné cet immense bienfait qu’est l’Islam qui est le meilleur des bienfaits.

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