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La franchise

La franchise

Notre religion musulmane droite a sublimé le conseil sincère au point où le Prophète () a dit : « La religion, c’est le conseil sincère » De là, l’Islam a éduqué ses adeptes à dire la vérité même si elle est amère et à être franc avec le proche comme avec l’étranger.
D’un point de vue linguistique, la franchise signifie la clarté et ce qui est dénué de toute tortuosité, et certains la définissent ainsi : « Le fait pour l’individu de manifester ce qui se trouve en son for intérieur, sans altération ni louvoiement de façon à ce que ses pensées soient claires, évidentes et que ses actions soient conformes à ses paroles ». (Extrait d’Al-Kholoq Al-Kaamil de Mohammad Ahmad Djaad Al-Mawla.)
Le Prophète () a appris à ses Compagnons à être francs :
Lors du pacte de Hudaybiya et avant qu’il ne fut signé, Abou Al-Haytham Ibn Tihân, qu'Allah soit satisfait de lui, se leva et dit : “Ô Messager d’Allah, nous avons des liens avec ces gens (les juifs) que nous allons rompre. Si nous le faisons et qu’Allah, exalté soit-Il, t’aide à diffuser ton message, retourneras-tu vers les tiens et nous quitteras-tu ? » Le Prophète () répondit en souriant :
«Nos sangs se sont unis, il n’y a que la mort ou le tombeau qui peuvent nous séparer. Nous sommes un, je combats celui qui vous combat et je conclus la paix avec celui qui conclut la paix avec vous. »
Nous n’avons ainsi remarqué de la part du Prophète () ni colère, ni agacement, ni mauvaise humeur, ni blâme de cet homme, à cause de sa franchise. Nous avons vu plutôt une louange de ce trait de caractère chez lui et ensuite chez toute la Omma (Nation islamique).
Lorsque le Prophète () dirigea une prière de quatre rak’as (unité de prière) avec ses Compagnons et n’en accomplit que deux, Dhul Yadayn lui dit avec politesse, vénération et respect : «Ô Prophète d’Allah, as-tu abrégé la prière ou as-tu oublié ? » Il répondit : « Je n’ai ni abrégé ni oublié. » C’est alors que les Compagnons, qu'Allah soit satisfait d’eux, dirent avec franchise : « Tu as plutôt oublié, Ô Messager d’Allah. » Il ne leur adressa aucune admonestation ou réprimande et ne ressentit aucune gêne. Puis, il compléta la prière et accomplit les deux prosternations de l’oubli. Où sont ceux qui se sont distingués avec ce trait de caractère ? Peuvent-ils supporter la franchise de leurs adeptes comme la supportait le Prophète () ?
Lorsque la nouvelle que le Messager d'Allah () avait ordonné de tuer le chef des hypocrites, ‘Abd Allah Ibn Abay Ibn Salûl, fut répandue, le fils de ce dernier l’éminent Compagnon, ‘Abd Allah Ibn ‘Abdillah Ibn Abay Ibn Salûl, qu'Allah soit satisfait de lui, vint voir le Prophète () et lui dit : « Ô Messager d’Allah, j’ai entendu que tu pensais tuer mon père pour ce qui t’est parvenu à son sujet. Si tu veux faire exécuter cet ordre, ordonne-moi de l’accomplir et je t’apporterai sa tête. Par Allah, les Khazradjs n’ont pas connu d’homme plus bienfaisant envers son père que moi et je crains que tu ne l’ordonnes à un autre et que, ne pouvant supporter de voir le bourreau de mon père circuler parmi les gens, je le tue. J’aurai ainsi tué un croyant pour un mécréant et j’irai en Enfer. » Cet honorable Compagnon fit face avec toute cette clarté et cette franchise au Prophète () qui lui répondit : « Soyons plutôt cléments et bienveillants envers lui, tant qu’il demeurera avec nous. »
Vous n’avez rien de bon en vous si vous ne donnez pas de conseils sincères :
Oui, c’est ce que ‘Omar Ibn Al-Khattâb, qu'Allah soit satisfait de lui, décréta lorsqu’un homme se leva et lui dit de craindre Allah, exalté soit-Il, alors que certains des assistants s’y opposèrent. ‘Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, avait dit : « Laissez-le parler, vous n’aurez rien de bon en vous si vous ne donnez pas de conseils sincères et nous n’aurons rien de bon en nous si nous ne les acceptons pas. »


Le fait de respecter l’homme franc pour sa franchise :
Nous devons aider les gens à être francs et ne pas être sévères envers eux s’ils nous disent la vérité, même si leur franchise dévoile une faiblesse humaine. Nous avons le bon exemple du Prophète () qui, lorsque Al-Bachîr Ibn Al-Khassâssya, qu'Allah soit satisfait de lui, vint lui prêter serment d’allégeance et qu’il accepta toutes les conditions à part la lutte pour la cause d’Allah, exalté soit-Il, et l’aumône, et dit : « Concernant la lutte, je suis un poltron et je crains de fuir le champ de bataille et de mériter la colère d’Allah, exalté soit-Il. » Le Prophète () lui avait alors dit : « Sans lutte pour la cause d’Allah, exalté soit-Il, ni aumône, avec quoi entreras-tu au Paradis Ô Bachiir ? » L’homme finit par accepter toutes les conditions et voyez comment le Prophète () accueillit la franchise de l’homme sans commenter l’aveu de sa poltronnerie avec des mots susceptibles de le blesser ou de l’offenser.
 

De fausses conceptions :
Certaines personnes ont de fausses conceptions à ce sujet. Elles pensent que l’impolitesse doit accompagner la franchise. Vous les voyez rudes et bourrues en donnant conseil, utilisant des termes blessants et des mots grossiers, ce qui fait que leur conseil ne donne pas de bons résultats, parce qu’elles ont suivi le mauvais chemin et causé du mal là où elles voulaient du bien. Nous avons vu dans les exemples précédemment cités comment la franchise était accompagnée d’une politesse extrême et de ménagement des sentiments des autres, ce qui aide les esprits à être plus enclins à accepter et à suivre le conseil.
Parmi les fausses conceptions se trouve la confusion de certains entre le ménagement et le louvoiement. Vous les voyez approuver le blâmable, frayer avec le dépravé et ne prononcer aucun mot sous prétexte de tenir compte des intérêts et des dommages, bien que la différence entre les deux sens soit grande. Le ménagement, comme les ulémas le disent, est un des traits de caractère des croyants. Il s’agit d’être humble avec les gens, de dire des paroles douces, ce qui est l’une des causes les plus fortes de bonne entente ; alors que le louvoiement, comme les ulémas l’ont défini, est le fait de frayer avec les dépravés et de les approuver. Sans aucun doute, ce comportement est défendu dans notre religion.


La franchise est meilleure que l’hypocrisie et meilleure que la fausse complaisance :
Certains s’irritent si l’on s’adresse à eux avec franchise. Ils se mettent en colère, manifestent de la mauvaise humeur et réagissent mal, ce qui fait que les autres évitent de leur dire la vérité ou de leur prodiguer des conseils. S’ils étaient vraiment sages, ils sauraient que la franchise et le conseil valent mieux que la duperie, l’hypocrisie et un consentement apparent qui cache haine et animosité.
Les gens sages et les bienfaisants recherchent l’ami bon conseiller et tiennent à lui, sachant qu’il est la cause de leur salut dans ce bas monde comme dans l’au-delà. L’histoire suivante illustre ce que nous venons de mentionner. On dit du mal d’une femme dont le mari était absent devant ‘Omar Ibn Al-Khattâb, qu'Allah soit satisfait de lui. Il envoya la chercher, elle se lamenta et se demanda ce que ‘Omar voulait d’elle. En chemin, par crainte de ‘Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, elle eut des contractions et mit bas un enfant qui poussa deux cris et mourut. ‘Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, demanda l’avis de ses conseillers dont certains lui dirent qu’il n’avait rien à se reprocher et qu’il n’était que gouverneur et éducateur. ‘Ali, qu'Allah soit satisfait de lui, était assis silencieux et ‘Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, avança vers lui et demanda : « Qu’en dis-tu Abou Al-Hassan ? » Il répondit : « S’ils ont dit leur opinion, elle est erronée et s’ils ont dit ce que tu aimes entendre, ils ont été de mauvais conseil pour toi. Tu dois lui payer le prix du sang parce que tu l’as effrayée et elle a fait une fausse couche. ». A ces mots, ‘Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, garantit le prix du sang de l’embryon. Avec cette franchise, les droits n’étaient pas usurpés et ceux qui en avaient n’hésitaient pas à les réclamer.

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