Le sport en Islam (II)

Le sport en Islam (II)
  • Date de publication:27/10/2013
  • Catégories:Ethique
  • Fréquence:
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Le sport chez la femme :

Le Prophète () n’a pas, en ce qui concerne le sport, négligé les femmes, sa biographie nous montre bien au contraire qu’il () était intéressé par cette question, comme par toutes les questions ayant trait aux femmes. Il n’y a pas de preuve plus forte de l’intérêt du Prophète () pour le sport des femmes que l’épisode durant lequel il () fit la course deux fois avec son épouse Aïcha, cette dernière le battit une fois et le Prophète () la battit une fois.
Il faut savoir qu’à l’époque du Prophète () les femmes l’accompagnaient parfois au djihad, elles donnaient à boire aux combattants assoiffés, elles soignaient les malades et les blessés, certaines d’entre elles participaient même aux hostilités comme cela est arrivé lors de la bataille de Uhud où des femmes comme Umm ‘Ammâra, Aïcha ou Umm Salîm (Radhia Allahou Anhounna) prirent les armes ; il est certain que cette participation de ces femmes aux combats nécessitait de leur part de la légèreté, de la vitalité et de la force, ces qualités ne s’acquéraient évidemment pas en menant une vie faite d’apathie, de paresse ou d’excès alimentaire, mais elles étaient le fruit d’efforts intenses, d’entraînements intensifs et de la pratique assidu du sport.
De manière générale, la pratique du sport par la femme musulmane est une chose autorisée si cette dernière n’enfreint pas les préceptes de la Charia ; ainsi, lors de cette pratique, la femme doit absolument éviter de se mélanger avec des hommes, de découvrir les parties de son corps qui doivent rester cachées, de s’occuper de choses qui concernent exclusivement les hommes, de négliger ses obligations légales, notamment familiales, ou encore d’aller à l’encontre de sa nature féminine, comme par exemple en s’adonnant de manière exagérée à la musculation.

Le sport chez l’homme :
L’Islam encourage clairement la pratique du sport par les hommes musulmans, il n’y a aucun doute là-dessus ; ainsi, le Prophète () apprenait à ses Compagnons à être forts, vifs, virils et de manière générale à acquérir toutes les hautes vertus. Par ailleurs, il () les préparait à affronter la vie ainsi qu’à se battre dans le chemin d’Allah, il () leur organisait des compétitions comme des concours de lutte, il () était lui-même un excellent lutteur et un modèle dans ce domaine pour ses Compagnons, c’est ainsi que le Prophète affronta à la lutte Rukâna ibn Yazîd, qui était un des hommes les plus forts physiquement à l’époque préislamique, en fait ce dernier demanda à se battre contre le Prophète (), celui-ci accepta le défi et terrassa Rukâna.
L’Imam Ahmed a rapporté d’après ‘Abdallah ibn ‘Umar que « le Prophète () faisait courir les chevaux et il pariait » et dans une autre version « il () faisait courir les chevaux et il donnait un prix au vainqueur », on sait également qu’il () « faisait courir des chevaux avec des chameaux », à ce propos le Prophète () a dit : « Pas de prix, sauf pour le tir de flèches ou la course de méharis (dromadaires de course) ou de chevaux » (hadith hasan rapporté par al-Tirmidhî).
Boukhari et Mouslim ont rapporté que le Prophète () faisait courir les chevaux entraînés et ceux qui ne l’étaient pas ; Ibn ‘Umar (Radia Allahou Anhouma) a dit : « Le Prophète () a fait courir des chevaux entraînés d’al-Hafiya` à Thaniyya al-Wadâ’, et il () a fait courir des chevaux non-entraînés de Thaniyya à la mosquée de Banî Zurayq ». Sufiyân a dit qu’entre al-Hafiya` et Thaniyya al-Widâ’ il y a cinq ou six miles (un mile = 1609 m) et qu’entre Thaniyya et la mosquée de Banî Zurayq il n’y a qu’un mile.
Ibn Hadjar a dit dans son Fath al-Bârî la chose suivante : « Nous pouvons déduire du hadith concernant la légalité de la compétition que cette dernière n’est pas une pure perte de temps, mais elle est bien au contraire un sport digne l’éloge et fort profitable permettant de se préparer à la guerre, le sport peut être considéré soit comme souhaitable soit comme permis selon le motif pour lequel il est pratiqué ».
Le Prophète () encourageait les musulmans à pratiquer le tir à l’arc, il leur ordonnait d’apprendre cet art et leur interdisait d’abandonner sa pratique après qu’ils l’eurent maîtrisé. Un jour, le Prophète () passa près d’un groupe de Ansars qui étaient en train de s’entraîner au tir à l’arc et il leur dit : « Tirez à l’arc ô Banî Ismâ’îl car votre aïeul était un archer » (Rapporté par Boukhari) ; de son côté Mouslim a rapporté de ‘Uqba ibn ‘Âmir qui a dit : « J’ai entendu le Prophète () dire sur le minbar la chose suivante : « « Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force », la force c’est le tir à l’arc, la force c’est le tir à l’arc, la force c’est le tir à l’arc » ; le Prophète () a dit par ailleurs : « Celui qui parmi vous a appris le tir à l’arc puis l’a délaissé alors il n’est plus des nôtres » (Rapporté par Ashâb al-Sunan (c’est-à-dire les traditionalistes canonistes) et authentifié par al-Albânî).

Les règles à respecter par les musulmans hommes et femmes pratiquant du sport :

-Ils doivent dans le cadre de leurs pratiques sportives faire preuve de pudeur et de décence en portant des vêtements qui couvrent leurs ‘awrât, si la découverte de celles-ci sont nécessaires pour la pratique d’un sport alors le musulman doit s’abstenir de pratiquer ce dernier.
- La pratique sportive ne doit pas détourner les musulmans des obligations religieuses qui doivent être pratiquées à des heures précises comme Allah, exalté soit-Il, l’a ordonné ; ainsi, le sportif musulman doit arrêter sa pratique afin d’accomplir sa prière dans son temps et il ne peut en aucun cas rompre son jeûne, avant l’heure prescrite, dans le but d’avoir les forces nécessaires à la réalisation d’un effort physique.
- Les sportifs musulmans des deux sexes ne doivent pas se mélanger lors de leurs pratiques, les hommes doivent nécessairement pratiquer leur sport dans un endroit qui leur est réservé et même chose en ce qui concerne les femmes.
- Il ne faut pas faire des pratiques sportives un moyen de faire des gains illicites via des paris.
- Les musulmans ne doivent pas lors de leurs pratiques sportives faire volontairement mal à autrui ou à des animaux, comme c’est le cas de ceux qui s’entraînent au tir sur des oiseaux, de même qu’il est interdit d’organiser des combats violents et souvent mortels entre des animaux pour le plaisir ou pour faire des paris comme les combats de coqs ou de chiens ; ces pratiques inhumaines et indignes attentant à la vie des animaux ont été prohibées par le Prophète (). Par ailleurs, il est interdit au musulman de pratiquer des sports violents où les blessures sont monnaie courante comme le free fight (combats sans protection durant lesquels tous les coups sont permis) par exemple.
- Les musulmans doivent pratiquer un sport ne s’opposant pas aux préceptes de la Charia et ne mettant pas la vie du pratiquant en danger comme c’est le cas du base jump par exemple, cette pratique consiste à sauter en parachute du haut d’une falaise ou d’un immeuble, les accidents mortels y sont nombreux.
- Enfin, le sport ne doit pas être la cause de division et de haine entre des musulmans, l’ambiance doit toujours rester bon enfant, en somme il ne faut pas prendre trop les choses à cœur.

Il y a dans le sport beaucoup de bienfaits et vertus qui peuvent aider notre Oumma à se relever de la torpeur dans laquelle elle se trouve, nous appelons donc nos frères et sœurs musulmans à pratiquer un sport avec l’intention de renforcer notre Oumma.
 

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