L'aisance de l'apprentissage du Coran

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Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset): «Nous avons rendu ce Coran facile pour la réflexion. Est-il quelqu'un qui réfléchisse?»

Ce verset attire notre attention par sa répétition dans la sourate (La lune, 54). Il y revient quatre fois (versets 17, 22, 32,40) et est précédé à chaque fois (c'est à dire quatre répétitions) du verset : «Comment furent Mon châtiment et Mes avertissements?». Sa répétition de cette manière ne peut-être qu’une invitation à la connaissance de son interprétation et un appel à la méditation sur son sens.
 
Le "Coran" est le nom le plus répandu pour désigner le Livre Saint. Allah l'a désigné ainsi au moment de la révélation : « En ce mois de Ramadan fut révélé le Coran » (Coran : 2/185)
 
Le Coran est par définition la parole d’Allah révélée au Prophète Mohammed (Salla Allahou ‘Aalaihi wa Sallam). Il a été transmis par succession, il constitue un miracle en lui-même et par son effet, il est le Livre dont la lecture est une dévotion. Cette définition comporte toutes les caractéristiques qui distinguent le Coran de tout autre texte écrit.
 
Le vocable "Tayssir" (facilité, aisance) signifie aplanissement des difficultés, trouver de l'aisance dans l'accomplissement d'une tâche; cela signifie aussi la facilité et l'absence de peine à réaliser un objectif. "Yassara" c'est rendre facile et offrir la possibilité de tirer profit d'une chose sans difficulté ni peine parce que cela fait partie de la nature même de cette chose dont les caractéristiques sont la souplesse, la flexibilité, la malléabilité et la docilité.
 
Les paroles d’Allah, exalté soit-Il: «Nous avons rendu ce Coran facile à comprendre en vue du Rappel» doivent être comprises ainsi : Nous avons rendu faciles -aplanie toute difficulté, préparée et favorisée la compréhension- l'apprentissage et la déclamation du Coran que nous avons révélé dans une langue éloquente, un style agréable, au moment le plus opportun, le tout, dans une harmonie euphonique, éliminant toute dissonance, incompatibilité ou barbarisme. Son organisation est parfaite, s'appuyant sur des versets distincts et des pauses rythmées, sur la plénitude des termes, sur un style magnifique précis et varié, avec un choix de mots et de phrases qui s'inscrivent dans l'harmonie. La métaphore y est au service du sens, de la précision de la situation, de la sensibilité et des sentiments. Les finalités y sont empreintes de noblesse et de justesse, Il s'adresse autant à la raison qu'à la sensibilité, il est dépourvu de tout verbiage ou contradiction. Bien d'autres grandes qualités encore font du Coran un miracle en la matière : les âmes en sont ébranlées, l'esprit y trouve sa satisfaction et la conscience sa quiétude. Il se prête agréablement et avec facilité à l'apprentissage comme en atteste l'Histoire dans les faits et par expérience; même les enfants parviennent à le mémoriser parfaitement, avec précision et en font une déclamation de haute qualité, chose très difficile à atteindre avec des écrits autres que le Coran.
 
Partant de là, certains chercheurs pensent que de tous les textes révélés, seul le Coran s'apprend par cœur. Cette facilité de mémoriser le Coran et de le réciter s'accompagne de l'aisance dans sa compréhension, son interprétation, sa remémoration, son évocation par le cœur, sa méditation et la soumission à ses prescriptions. Cela a été rendu possible grâce à la perfection et à la clarté de son style, aux judicieux enseignements que l'on peut en tirer, en s'appuyant sur des arguments et des preuves qui se basent sur le bon sens et aussi sur le fait qu’il constitue une réponse à la nature première des hommes et tient compte de la situation de la communauté au sein de laquelle il a été révélé. Il s'agissait alors d'une communauté analphabète, ne sachant ni écrire ni compter tel que cela est confirmé par le hadith : «Nous sommes une communauté ne sachant ni écrire ni compter, le mois pour nous, c'est le premier quart, la pleine lune ou le dernier quart».
 
Le Coran également souligne cette caractéristique dans quelques uns de ses versets: «C'est Lui qui a envoyé, parmi les incultes, un Prophète issu d'eux pour leur réciter ses versets». (Coran : 62/2)
 
Le Coran s'adresse aux gens en tenant compte de leur mentalité et de celle de leur communauté; leurs affaires et leurs coutumes sont prises en considération sauf celles qui sont perverties ou viciées, celles-ci étant soit interdites soit corrigées. Le Coran est venu avec des consignes pratiques concernant le culte et l'observance des principes fondamentaux de l'Islam. Leur application ne nécessite aucune maîtrise particulière des sciences, de la philosophie ou de la cosmologie.
 
La pratique du culte se manifeste par des actes sensibles et évidents qui sont liés à l'élément matériel. C'est ainsi que chacune des cinq prières du jour et de la nuit a pour repère un moment particulier du mouvement solaire: l'aube est le moment de la prière du "Sobh", à midi a lieu le "Dohr"; lorsque le soleil penche vers l'Occident et que chaque objet déploie une ombre égale à sa hauteur, c'est le moment de célébrer la prière du A'sr; au coucher du soleil c'est le "Maghrib" et lorsque l'obscurité de la nuit est totale c'est la prière "al 'Icha". Il en est de même pour le mois de Ramadan : on ne doit observer le jeûne que si la lune a été constatée de visu, il s'agit bien donc de signes concrets qui facilitent aux fidèles la pratique de leur culte puisque ces dispositions ne les contraignent à accomplir rien qui soit au dessus de leurs forces. Le Coran leur permet, avec un minimum de connaissances en matière de religion et avec des moyens simples et à la portée de tout le monde, de s'acquitter de leurs obligations.
 
L'Imam Abou Ishak al Chatibi a relevé cette caractéristique du Coran dans son livre intitulé "al Muwafakat". Il en déduit que la loi musulmane est accessible à des gens simples, c'est à dire que ce qui est exigé d'eux dans leur culte se réduit à l'essentiel.
 
Quant à la méditation approfondie sur les secrets de la "Chari'a" et des enseignements qui peuvent en être tirés, elle est réservée aux intellectuels et aux lettrés. Ceux-là, grâce à leur méditation, pourront accéder aux hautes sphères de l'interprétation, et c'est là un autre privilège du Coran. De nombreux commandements trouvent leur expression dans des faits et gestes simples, quotidiens. Cette facilité est une autre faveur qu’Allah, exalté soit-Il, fait à l'humanité.
 
Allah, exalté soit-Il, a rendu le Coran facile pour qui veut s'en inspirer, facile à comprendre comme nous l'avons démontré plus haut, facile par la nature même de ses commandements, de ses principes, de ses prêches, de ses narrations et de son code de conduite. Il recommande l'amour de la justice et abhorre ce qui est faux, encourage la rectitude et exècre l'iniquité, invite à la bienfaisance et condamne le mal, avec promesse de récompenser les obéissants et menace de châtier sévèrement les négateurs qui suivent la voie de l'insoumission.
 
Le Coran pénètre les cœurs, son audition est une merveilleuse mélodie, l'esprit s'y épanouit, la foi et la fidélité y trouvent leur constance.
 
Dans la proposition "Nous avons rendu le Coran facile..." l'emploi de la particule sacramentelle "Qad", fait que le sens se trouve accentué. La phrase peut être lue ainsi : Je jure par Allah que nous avons rendu le Coran facile à comprendre en vue du Rappel. D'où tout l'intérêt accordé à la portée de la proposition interrogative qui lui est juxtaposée. "Est-il quelqu'un qui réfléchisse?"
 
Après l'énumération de toutes les facilités, les possibilités et les avantages offerts par le Coran, la question nous interpelle : "Est-il quelqu'un qui réfléchisse?" En écoutant la voix de la sagesse et en chassant le péché, est-il quelqu'un qui voudra apprendre le Coran pour jouir de tous ses bienfaits sur le plan scientifique aussi bien qu'intellectuel, et en évitant tout ce qu'il a interdit ?
 
La valeur à la fois interrogative et exclamative de la proposition "Est-il quelqu'un qui réfléchisse?" a pour but de frapper les esprits, pour les étonner et les effrayer, car le châtiment d’Allah est terrible et exemplaire ["Comment furent Mon châtiment et Mes avertissements? "], il faut le prendre en considération et en tirer les conséquences qui s'imposent.
 

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