Aimer et glorifier la Sunna - I

Aimer et glorifier la Sunna - I
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Aimez-vous vraiment le Messager d'Allah () ? L’aimer est un élément fondamental de notre religion et un élément de doctrine de notre foi.

Allah, le Très-Haut, dit (selon la traduction du sens du verset) : « Dis : ‘Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers qu'Allah, Son Messager et la lutte dans le sentier d'Allah, alors attendez qu'Allah fasse venir Son ordre. Et Allah ne guide pas les gens pervers.’ » (Coran 9/24)

Al-Fudayl ibn 'Iyâd, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit :« Ce verset est une preuve suffisante pour démontrer l'obligation d'aimer le Prophète () parce qu'Allah a sévèrement réprimandé, dans celui-ci, ceux dont la richesse, la famille ou les enfants leur sont plus chers que l'amour d'Allah et de Son Messager () les décrivant comme étant de défiants désobéissants et Il a indiqué la [terrible] fin de ceux qui font cela. »

L'amour du Prophète () dérive de l'amour d'Allah pour lui. Notre amour du Prophète () est dû au fait qu'Allah l'aime, mais aussi, parce qu'Allah nous l'a envoyé comme Messager, ainsi qu'au fait qu'Allah nous demande de le rendre plus cher à nos cœurs que nos propres âmes.

Allah, le Tout-Puissant dit (selon la traduction du sens du verset) : « Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu'ils n'en ont sur eux-mêmes […] » (Coran 33/6) Cela signifie que le croyant doit aimer le Prophète () plus qu'il aime sa propre personne. Cet amour implique une obéissance, une soumission et une acceptation complètes. Cela implique également de donner la préséance au Prophète () sur sa propre personne, sa famille et sa richesse, et de céder au Prophète () le contrôle que l'on a sur soi-même.

L'influence que le Prophète () devrait avoir sur nous est plus grande que celle qu'un maitre a sur son esclave, ou qu'un père a sur son enfant. Nous ne devrions avoir aucune autorité sur notre propre personne, sauf celle d’agir conformément à la manière dont il () nous a dirigés.

Il appartient à chaque musulman de prouver son amour pour lui. Cet amour peut être établi en fonction de la narration suivante du Prophète () : « Il y a trois qualités et celui qui les possèdera goutera la douceur de la foi : aimer Allah et Son Messager ()  plus que quiconque […] » (Boukhari et Mouslim)

Un croyant ne goutera jamais à la douceur de la foi, sauf après être parvenu à cela, car il () a dit, dans une autre narration : « Je jure par Celui dans la main duquel est mon âme ! Aucun de vous ne croira vraiment tant que je ne lui deviendrai pas plus cher [pour lui] que son enfant, son père et toute l'humanité. » (Boukhari et Mouslim)

Cet amour n'est pas simplement une émotion qui se situe dans le cœur. Cet amour possède des implications et des effets. Cet amour permet au serviteur d’Allah d'atteindre un rang qu'il n'atteindrait pas autrement par ses actes, comme dans le récit d'Ibn Mas’ûd, qu'Allah soit satisfait de lui, qui a dit : « Un homme est venu à la rencontre du Messager d'Allah () et a dit : ‘Ô Messager d’Allah ! Quand viendra l'Heure [dernière] (c'est-à-dire, le Jour de la Résurrection) ?’ Il () a répondu : ’Qu'as-tu préparé en prévision de celle-ci ?’ L'homme a dit : ’Seulement mon amour d'Allah et Son Messager.’ Le Messager d’Allah () a dit alors : ‘Tu seras avec ceux que tu auras aimés.’ » (Boukhari et Mouslim)

Il n'est pas aussi important de savoir quand l'Heure [dernière] se produira que de se préparer à son arrivée et c'est la raison pour laquelle le Prophète () a attiré l’attention de l’Homme en lui posant cette question.

Anas, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit : « Après avoir reçu la bénédiction d’embrasser l'Islam, nous ne nous sommes jamais réjouis de rien autant que nous l'avons fait [lorsque nous avons entendu] la réponse du Prophète () à cet homme [dans le hadith précédent]. J'aime Allah, Son Messager () Abu Bakr et 'Umar, qu'Allah soit satisfait d’eux, et j’espère être avec eux (dans l'Au-delà) même si je ne pourrai jamais accomplir les bonnes actions qu'ils ont accomplies. » (Boukhari et Mouslim)

Les Compagnons, qu'Allah soit satisfait d'eux, avaient un grand amour pour le Prophète () à tel point qu’ils auraient fait face à des flèches qui étaient tirées dans sa direction, afin de le protéger. Ils auraient risqué leur vie pour lui et auraient tout sacrifier pour sauver sa vie.

'Amr ibn al -’Aas, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit :  « Il n'y avait personne de plus cher pour moi ou de plus glorifié que le Prophète (). Je n’ai jamais osé le regarder directement dans les yeux, en raison de l'étendue de ma glorification, et si quelqu'un me demandait de le décrire, je ne pourrais pas le faire, car je ne l'ai jamais regardé assez longtemps pour pouvoir le décrire. » (Mouslim)

Quand Abu Sufyân, qu'Allah soit satisfait de lui, était encore un incroyant, il a demandé à Zayd ibn Thâbit, qu'Allah soit satisfait de lui, qui avait été pris en otage et amené à l’extérieur par le peuple de Makka (La Mecque) afin d’être exécuté : « Ne souhaiterais-tu pas que Mohammed soit à ta place et que nous le tuions à ta place, tandis que tu pourras retourner auprès de ta famille et être avec eux ? » Il, qu’Allah soit satisfait de lui, a répondu : « Je jure par Allah ! Je préfère plutôt être ici, face à cela [l’exécution], plutôt que de le voir même se faire piquer par une épine. » En entendant cela, Abu Sufyân, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Je n'ai jamais vu un peuple qui aime un homme plus que les Compagnons de Mohammed l'aiment. » De tels incidents ont grandement affecté les incroyants et ont amené nombre d'entre eux à embrasser l'Islam.

Un homme des Ansâr (habitants de Médine) qu'Allah soit satisfait de lui, est venu à la rencontre du Prophète () et a dit : « ‘Tu m'es plus cher que moi-même, mon enfant, ma famille et ma richesse, et j'ai l'impression de mourir quand je ne te vois pas.’ Puis il s'est mis à pleurer. Le Prophète () lui a demandé : ‘Pourquoi pleures-tu ? ‘ L'homme a répondu : ‘Je me suis souvenu que nous mourrons et tu mourras, et qu’alors, tu prendras ta place au Paradis avec les autres messagers et prophètes, tandis que nous, si nous entrons effectivement au Paradis, serons à un niveau plus bas que le tien et que nous ne pourrons pas t’y voir.’ » Notez combien ils l'aimaient. Ils craignaient de ne pas le voir, malgré le fait qu'ils soient peut-être aussi au Paradis. Le Prophète () n'a pas commenté ces paroles, jusqu'à ce qu'Allah ait révélé les versets suivants (selon la traduction du sens) : « Quiconque obéit à Allah et au Messager […] ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là ! Cette grâce vient d'Allah […] » (Coran 4/69-70) Sur ce, le Prophète () l'a convoqué et lui a dit : « Bonne nouvelle pour toi ! » (Al-Bayhaqi)

Une fois, une femme parmi les Compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, attendait à l'approche d'Al-Madîna (Médine) le retour de l'armée musulmane de la bataille d'Uhud. Elle a été informée que son mari, son frère et son père avaient été tués, mais sa seule réponse a été : « Qu'est-il arrivé au Prophète ? » Ils lui ont dit qu'il () allait bien et qu’il était indemne, mais elle a insisté pour le voir pour être sûre qu'il () était vraiment hors de danger. Quand elle l'a vu, elle a fait cette remarque : « Toute affliction, après avoir vu que tu es en sécurité, est mineure. »

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