Qu’est-ce que le mensonge blanc ?
Fatwa No: 137489

Question

Quelle est la réalité au sujet du mensonge blanc du
point de vue de la Charî‘a ? Et quelles sont les situations où le mensonge
blanc est permis sans être considéré comme un péché ? Je vous prie de m’expliquer
les motifs des trois mensonges faits par le Prophète Ibrahim (Abraham, Alaihi
Assalam) ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Il n’y a rien dans la Charîa qui s’appelle le mensonge blanc, car tous les mensonges sont interdits et constituent un péché majeur mais la Charîia a autorisé le mensonge dans trois situations. Certains oulémas ont même dit que ce qui est voulu ici par mensonge c’est l’utilisation des allusions et non le mensonge franc et direct qui falsifie la réalité.
 

Quant au sujet des trois mensonges de Ibrahim (Abraham, ), Boukhari et Mouslim, qu’Allah leur fasse miséricorde, ont rapporté d’après Abou Hourayra, qu’Allah soit satisfait de lui, que le Prophète () a dit : « Le prophète Ibrahim (Abraham) n’a menti que trois fois, deux pour Allah en disant "Je suis malade" et en disant "C’est la plus grande d’entre elles que voici qui l’a fait", un autre concernant Sarah. Il était arrivé avec Sarah, qui était une très belle personne, dans le pays d’un tyran. Il lui dit : "Si ce tyran sait que tu es ma femme il me tuera pour te prendre. S’il te questionne dis-lui que tu es ma sœur parce que tu es effectivement ma sœur en islam". »
Les oulémas ont dit que les paroles d’Ibrahim (Alaihi Assalm) ne peuvent être qualifiées de mensonge que dans le sens apparent de ce terme. Al-Hâfidh ibn Hadjar, qu’Allah lui fasse miséricorde, dit : « Ibn ‘Aqîl a dit : « La logique écarte la présomption de mensonge de la part d’Ibrahim () parce que la logique dit que les messagers doivent être dignes de confiance pour inspirer confiance dans ce qu’ils rapportent d’Allah, exalté soit-Il. Or si on admet qu’il ment il n’y aura alors pas de confiance. En fait, ces propos ont été appelés mensonge car c’est ainsi que les perçoit la personne qui les entend. Mais en même temps, il faut comprendre qu’avec la grandeur et l’éminence de Ibrahim () ces propos n’avaient pour cause que sa forte frayeur d’Allah. Dans ces situations le mensonge pur est permis et il est nécessaire car cela permet d’opter pour le moindre mal. La qualification de « mensonge » n’est pas blâmable parce que si le mensonge est laid et déshonorant en principe, dans des situations pareilles il peut être une bonne chose. »

Et Allah, exalté soit-Il, sait mieux.
 

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