Une personne a volé une somme d’argent. Si elle souhaite se repentir, Allah — exalté soit-Il — acceptera-t-Il son repentir si elle commence par se repentir puis restitue l’argent par la suite ? Ou bien doit-elle d’abord restituer l’argent, puis se repentir ? Je vous prie de répondre exactement selon la formulation de la question, sans apporter de preuves, seulement une réponse en quatre mots.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Pour que le repentir soit valable lorsque le péché concerne le droit d’autrui, il faut restituer ce droit à son propriétaire. Ainsi, celui qui se repent sans restituer ce qu’il a pris ne voit pas son repentir pleinement accompli tant qu’il n’a pas rendu les biens à leurs ayants droit. Lorsqu’il restitue ce qu’il doit — ou obtient le pardon du lésé — tout en éprouvant des regrets, en cessant le péché et en résolvant de ne plus y retourner, son repentir est accepté, par la permission d’Allah.
Le repentir est une obligation immédiate : il n’est pas permis de le retarder, ni de retarder l’un de ses éléments, comme la restitution des droits. Retarder le repentir constitue en soi un péché nécessitant à son tour un repentir. Certains savants estiment toutefois que le repentir reste valide avant la restitution, à condition qu’il y ait regret et résolution sincère, et que la restitution des droits soit un devoir indépendant lié au droit des créanciers ; il faut alors s’y empresser tout en considérant le repentir comme valable.
La Mawsû‘a Fiqhiyya explique cette divergence en disant : certains juristes tiennent ces conditions — ou plusieurs d’entre elles — pour des piliers du repentir : le repentir consiste en des regrets, l’abandon du péché, la résolution ferme de ne pas y retourner et la restitution des injustices. D’autres estiment que le regret constitue le pilier essentiel du repentir, impliquant l’abandon du péché et la résolution, tandis que la restitution des injustices est une obligation indépendante, non une condition de validité du repentir. Ce point de vue est renforcé par la parole du Prophète (
) : « Le regret est un repentir. »
Quoi qu’il en soit, il faut souligner que l’abandon du péché n’est complet que si les droits sont rendus à leurs propriétaires ou si l’on obtient leur pardon, lorsque cela est possible. Cela vaut autant pour les droits des serviteurs que pour les droits d’Allah, comme le versement de la zakât ou des expiations à leurs bénéficiaires.
On comprend de ce qui précède que les deux avis s’accordent sur le fait qu’il ne faut pas retarder le repentir, mais se hâter de le faire tout en entreprenant la restitution de l’injustice.
Et Allah sait mieux.
Recherche FatwasVous pouvez rechercher une fatwa à travers de nombreux choix
Le plus lu aujourd’hui