Purification et prière de celle qui découvre, après avoir fait le ghusl, que l'eau n'a pas atteint tout le corps
Fatwa No: 2612

Question

J'avais du vernis à ongles imperméable que j'avais mis alors que j'étais encore en état de djanâba. Au moment de la prière, j'ai accompli mes ablutions et je l'ai faite ; après quelques temps, je me suis aperçue que ce vernis était encore sur mes ongles. Dois-je refaire le ghusl (ablutions majeures) et la prière ? Veuillez me conseiller, qu'Allah vous récompense.

Réponse

Louange à Allah. Paix et salut sur Son Prophète.

 

La prière accomplie suite à cette purification est incomplète et nulle. Il faut la refaire car Allah, le Très Haut, a dit (sens du verset) :

« Ô les croyants ! N’approchez pas de la prière alors que vous êtes ivres jusqu’à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d’impureté [pollués] - à moins que vous ne soyez en voyage - jusqu’à ce que vous ayez pris un bain rituel. » (Coran 4/43)

 

En fait, le bain rituel exige le lavage de tous les membres du corps.

En ce qui concerne le ghusl dans ce cas, les oulémas ont des avis divergents à son égard.

Certains indiquent qu’il n’est pas obligatoire de le refaire et qu’on ne doit laver que l'endroit du vernis qui a empêché l'eau d'atteindre la peau.

Mais ce ghusl exige indubitablement une nouvelle intention si un long intervalle s’est écoulé entre la prise en compte de cette défection et le ghusl. D'ailleurs, cela est devenu une purification indépendante qui nécessite d’émettre une intention car, d'après 'Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, le Prophète () a dit : « Les actions ne valent que par les intentions qui les motivent et la récompense de chacun sera uniquement en fonction de son intention. » (Boukhari et Mouslim)

 

D'autres oulémas exigent de refaire un ghusl complet si ce long intervalle enfreint la condition de la succession entre les actes du ghusl. Cette succession est une condition de la validité de la purification par les ablutions (wudhu’) ou le ghusl. Il est rapporté d'après certains Compagnons que le Prophète () a vu un homme accomplir la prière sans que l'eau n'atteigne une partie de l'arrière de son pied. Il lui ordonna donc de refaire les ablutions et la prière. (Abû Dâwud et Ahmad)

 

On a dit que s'il n'avait pas été nécessaire de faire tous les actes l’un après l’autre sans interruption, le Prophète () n'aurait pas ordonné à l'homme de refaire les ablutions, mais il lui aurait ordonné de laver le membre que l'eau n'a pas atteint.

 

Un autre avis prévoit de refaire les ablutions sans le ghusl en tirant argument du hadith précédent. Un certain nombre d’oulémas ont jugé ce hadith sahîh.

 

Le refus des partisans de la première opinion l’ont jugé mu'allal (comportant un défaut caché dans le hadith que seuls les spécialistes connaissent) en se fondant sur le fait qu'ils estimaient que l'un des narrateurs, Baqiyya ibn al-Walîd était un mudallis (rapporteur qui feint) qui rapportait beaucoup de récits d'après des narrateurs dont les narrations étaient da'îfs (faibles). Pourtant, il a signalé le nom du narrateur dans l'une des variantes de ce hadith.

 

Certes, l'adoption de l’avis qui représente le juste milieu et qui indique que succession est obligatoire, est plus précautionneux, meilleur pour la piété et permet de mieux s’acquitter des obligations religieuses.

 

Et Allah sait mieux.

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