Où éduquer son enfant si on a le choix
Fatwa No: 288157

Question

Salamou alaykoum,
Barak Allahu fikum d’avoir traité ma question n 2545850 aussi rapidement. Cependant la fatwa vers laquelle vous me renvoyé ne répond pas totalement à ma question ou du moins n’est pas assez claire.
J'ai bien noté que l’oncle paternel était comme le père et que celui-ci avait plus de droit sur l’enfant après le décès du père. Toutefois, est-ce le cas si l’oncle, étant pratiquant, mais ne suivant pas la Sunna (musique, mixité, pas de barbe...) mais habitant en pays musulman alors que la mère de l’adolescent qui dit avoir peur pour la religion de son fils préfère l’envoyer en France mais chez différents frères suivant la Sunna (barbe, pas de musique, pas de mixité, bonne aqida...) car elle pense que sa religion sera préservée ?
Cette sœur vit dans le même pays musulman que l’oncle ou elle vient de faire hijra.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Premièrement, c’est l’intérêt de l’enfant qui doit être pris en considération. Parmi les choses les plus importantes qui puissent vous aider à faire en sorte qu’il soit quelqu’un de vertueux est d’invoquer Allah en sa faveur, car l’invocation d’un parent en faveur de son enfant est exaucée. Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté que le Prophète () a dit : « Trois invocations sont indubitablement exaucées : l'invocation de l'opprimé, l'invocation du voyageur et l'invocation des parents en faveur de leurs enfants. » [Ibn Mâdja (al-Albânî : hasan)]

Deuxièmement, nous vous conseillons de faire preuve de patience, d’être ferme avec lui sans être violent et d’être doux sans être faible, car cela ne peut avoir que de bonnes conséquences, si Allah le veut, et c’est de cette manière que l’on arrive à donner une bonne éducation. Anas, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté : « J’ai été au service du Prophète () durant dix ans et il ne m’a jamais dit : "Fi !", ni : "Pourquoi as-tu fait cela ?", pour une chose que j’avais faite, ni : "Pourquoi n’as-tu pas fait cela ?", pour une chose que je n’avais pas faite. » (Ahmad).

Troisièmement, vous devez lui prodiguer de temps à autres des conseils et l’aiguiller tout en choisissant le moment opportun pour cela, car cela a un impact bénéfique sur lui – si Allah le veut - dans l’immédiat et le futur. ‘Umar ibn Abî Salama, qu'Allah soit satisfait d’eux, a rapporté : « Etant enfant, je vivais sous la tutelle du Messager d'Allah (), et je mettais ma main çà et là dans l’écuelle. Le Messager d’Allah () me dit alors : "Mon enfant ! Prononce le Nom d’Allah, mange de la main droite et mange de ce qui se trouve devant toi" Je n’ai cessé de manger de la sorte depuis. »

Quatrièmement, il faut veiller à ce qu’il soit entouré de gens vertueux ou le conseiller de fréquenter ce genre de personnes. Vous devez veiller à cela et l’aider dans cette entreprise, car avoir de bonnes fréquentations a un impact important (sur la personnalité). Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté que le Prophète () a dit : « Chaque homme suit le comportement de son ami intime. Veillez donc à bien choisir vos amis. » (Abû Dâwûd).

Il n’est toutefois pas opportun de faire ce que vous avez mentionné et de l’envoyer dans ce pays, où les tentations ne manquent pas. C’est pourquoi l’Islam met en garde le musulman contre le fait de résider au milieu des mécréants. Djarîr ibn ‘Abdillah, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté que le Prophète () a dit : « Je désavoue tout musulman qui vit parmi les polythéistes. » (Abû Dâwûd, al-Tirmidhî) C’est pour cela que les oulémas interdirent aux musulmans de résider dans ces pays sans que cela ne soit nécessaire ou qu’il n’y ait un besoin à le faire. Avoir votre enfant auprès de vous est meilleur pour vous que d’en être séparée et de le voir s’égarer.

Nous implorons Allah, exalté soit-Il, de protéger votre enfant et d’en faire quelqu’un de pieux qui soit une source de bonheur pour vous.

Et Allah sait mieux.

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