Les relations entre Abû Bakr et Fâtima après la mort du Prophète
Fatwa No: 326428

Question

Salam alaykum,Quelles furent les relations entre Abû Bakr et Fâtima après la mort du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam)?

Réponse

Louange à Allah et que paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

Ce qui s’est passé entre Abû Bakr et Fâtima (Radhia Allahou Anhouma) a été mentionné par les imams Boukhari et Mouslim d’après Aïcha (Radhia Allahou Anha) qui relate que Fâtima, la fille du Messager d’Allah () réclama à  Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) un certain nombre de terres, dont celle de « Fadak » en guise d’héritage du Prophète (). Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) refusa de lui remettre ces terres et lui rappela le Hadith qu’il avait personnellement entendu du Prophète () : «Nous les Prophètes nous ne laissons aucun bien en héritage. Tout ce que nous laissons derrière nous est aumône. » avant de jurer par Allah qu’il ne changera rien de l’aumône du Messager d’Allah (), de sa répartition du temps du Prophète () et qu’il accomplira exactement ce qu’accomplissait le Messager d’Allah (). ».
Fâtima (Radhia Allahou Anha) s’est alors fâchée contre lui et ne lui a plus parlé jusqu’à sa mort.

 
La cause de ce malentendu est l’héritage du Messager d’Allah () et Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) a une justification claire de son agissement ; l’imam Ibn Kathîr a dit dans son livre « Al-Bidaya wa-l-Nihaya » : « Quant au mécontentement de Fâtima (Radhia Allahou Anha) contre Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) je ne sais pas quel est son fondement […] si c’est à cause de son refus de lui donner l’héritage, il s’est excusé auprès d’elle par une justification qu’elle devait accepter vu que c’est le Prophète () qui a dit : « Nous ne laissons pas d’héritage, ce que nous laissons est une aumône  ». Or, elle est parmi ceux qui se soumettent à l’injonction divine qu’elle ne connaissait pas avant de demander l’héritage ainsi que les épouses du Prophète () jusqu’à ce qu’Aïcha (Radhia Allahou Anha) les informent et qu’elles acquiescent. Et on ne peut penser que Fâtima (Radhia Allahou Anha) ait discrédité Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) concernant le hadith qu’il lui a relaté […] qu’ils soient tous les deux exempté de cela ! Comment une telle chose serait-elle possible alors que plusieurs Compagnons ont rapporté ce hadith parmi eux  'Umar, 'Uthmân, 'Alî, al-'Abbâs, Abderrahman Ibn 'Awf, Talha, Ibn al-Zubayr, Sa’d Ibn Abî Waqqâs, Abû Hurayra et Aïcha (Radhia Allahou Anhoum).
Même si Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) était le seul à avoir rapporté ce hadith, il serait obligatoire à le terre entière d’accepter son récit et de s’y soumettre !
Si la cause de son mécontentement  est qu’elle avait demandé à Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) si ces terres sont une aumône et non pas un héritage qu’il en donne la supervision à 'Alî ibn Abî Tâlib (son époux), mais le Calife Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) s’est excusé de ne pas accepter cela car il voyait que c’était son devoir d’accomplir ce que le Prophète () accomplissait et de se charger des mêmes prérogatives que le Prophète (), c’est pour cela qu’il a dit : « Par Allah ! Jamais je ne pourrai délaisser une prescription effectuée par le Prophète () sans l’effectuer ! ».
Les oulémas mentionnent qu’il a sollicité l’agrément de Fâtima (Radhia Allahou Anha) avant sa mort et qu’il a obtenu sa satisfaction : cela prouve sa bonne éthique (Radhia Allahou Anhou) et sa grande estime qu’il portait à la Famille du Prophète () car en fait il n’a pas fauté à l’égard de Fâtima (Radhia Allahou Anha).
L’imam al-Dhahabî a dit dans son livre « Siyar a'lâm al-Nubalâ » : « Ismâ'îl ibn Abî Khâlid a rapporté d’après l’imam al-Cha'bî qui a dit : « Quand Fâtima (Radhia Allahou Anha) est tombé malade, le Calife Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) a demandé à 'Alî l’autorisation de la visiter. Ce dernier a dit à Fâtima (Radhia Allahou Anhou) : « Voilà Abû Bakr (Radhia Allahou Anhou) qui demande l’autorisation de te visiter. » Elle a dit : « Tu désires que je lui donne l’autorisation ? » Il a dit oui. Alors elle l’a autorisé, il est entré pour revendiquer son agrément et il a dit (Radhia Allahou Anhou) : « Par Allah je n’ai abandonné ma maison, mes biens, ma famille et ma tribu que pour obtenir l’agrément d’Allah, le Très Haut, de Son Prophète () et votre agrément Ô Famille du Prophète ! » Et il n’a cessé de demander son agrément jusqu’à ce qu’elle accepte. »

Et Allah sait mieux.

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