Il ne convient pas de se préoccuper de la manière dont l'héritage d'une personne vivante sera partagé
Fatwa No: 357190

Question

Bonsoir,Nous avons une fille unique et mon mari a un appartement en Algérie qu'il a hérité de son père par donation, ses parents sont vivants et il a 9 frère et soeurs sachant que le père a fait de même aux autres garçons, ma question est si mon mari venait à disparaître est ce que ma fille héritera du bien de son père ou bien une part seulement?En vous remerciant

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Tout d'abord, sachez qu'il ne faut pas se préoccuper de la manière dont l'héritage d'une personne vivante sera partagé si elle venait à mourir. En effet, il se peut que les choses changent et qu'une personne se croyant héritière vienne à décéder ou que la personne elle-même ne laisse aucun héritage. Il ne convient donc pas de se préoccuper de la manière dont sera partagé l'héritage d'une personne vivante. Les pieux prédécesseurs détestaient d'ailleurs poser une question à propos d'une chose qui ne s'était pas produite et si on les interrogeait à propos d'une telle chose, ils répondaient : « Laissez cela de côté jusqu'à ce que cela se produise. »

Par ailleurs, de manière générale, quiconque décède et laisse derrière lui une fille ainsi que d'autres héritiers comme un père ou une mère verra la fille hériter de la moitié - et non de l'entièreté - de ce qu'il laisse car Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « [...] Et s'il n'y en a qu'une, à elle alors la moitié. [...] » (Coran 4/11)

Il faut également savoir qu'il n'est pas équitable de la part d'un père de faire un don à ses fils au détriment de ses filles et que celui qui le fait voit son don considéré comme nul. Ce don doit donc être rendu et ses fils n'en deviennent pas propriétaires, comme nous l'avons expliqué en détails dans de nombreuses fatwas. Al-Nu’mân ibn Bachîr, qu'Allah lui fasse miséricorde, a rapporté : « Mon père me donna un bien et ‘Umra bint Rawâha, ma mère, lui dit : "Je n’accepterai cette donation que lorsque le Messager d’Allah aura témoigné de sa validité." Mon père se rendit alors auprès du Messager d’Allah () et lui dit : - "J’ai donné un bien au fils que j’ai eu avec ‘Umra bint Rawâha, mais cette dernière exige que tu témoignes de la validité de cette donation, ô Messager d’Allah." - "As-tu donné la même chose à tes autres enfants ? ", demanda le Prophète (). - "Non.", répondit-il. - "Craignez Allah et soyez équitables avec vos enfants.", dit alors le Prophète (). » (Boukhari)

Et Allah sait mieux.

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