Spécificités de l'école hanafite concernant le Tachahûd et le Taslîm
Fatwa No: 375481

Question

Assalam alaykoum,
Je voudrais avoir quelques preuves sur la prière du madhab hanafite, genre pourquoi on ne lève pas le doigt dans le tachahoud, pourquoi faire Salem presque en même temps que l’imam je voudrais avoir des preuves.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

Les hanafites ont deux avis concernant votre première question et ils ont été rapportés tous les deux par Ibn ‘Abidîn tout en précisant que l’avis qui fait office chez des dernières générations de son école est celui qui veut que le fidèle pointe son indexe lorsqu'il parvient à la négation qui se trouve dans le Tachahûd. Ibn ‘Abidîn a dit dans ce sens : « Nous n’avons que deux avis concernant cette question :
Le premier et qui est le plus connu dans notre école veut que la main droite soit étalée sur la cuisse sans que l’index ne soit pointé.
Le second veut que la main droite reste étalée sur la cuisse jusqu’au moment où le fidèle arrive dans sa récitation du Tachahûd à la lecture de l’attestation de foi il plie tous ses doigts à l’exception de l’index, il la lève lors de la négation, c’est-à-dire en disant Lâ ilâha (Il n'y a nulle divinité) et la rabaisse en disant « illa Allah » (en dehors d’Allah). Cet avis est approuvé par les dernières générations des oulémas hanafites vu la force des preuves sur lesquelles il s’appuie. En effet cette manière de faire a été rapportée du Prophète () à travers des hadiths authentiques et elle est selon des chaines de transmetteurs solide, elle a été approuvée par nos trois imams.
Les adeptes du premier avis ne citent aucune preuve si ce n’est que le corps doit rester immobile durant chaque position de la prière et que tout mouvement non nécessaire au cours de la prière est reprouvé. Ibn Najîm le hanafite a dit dans son livre Al-Bahr al-Ra-iq : « Selon l’avis de plusieurs cheikh : on ne pointe pas l’index dans le tachahûd car le corps du prieur doit rester stable immobile. »
Concernant la question de faire le Taslîm (Salutation qui marque la fin de la prière) en même temps que l’imam ou après le Taslîm de ce dernier, les hanafites ont aussi deux avis, le premier consiste à faire le Taslîm en même temps que l’iman et c’est l’avis de cette école le plus connu et le second consiste à le faire après le Taslîm de l’iman et c’est l’avis choisi par les deux disciples d’Abû Hanifa et la divergence entre les disciples de cette école se focalise sur laquelle des deux options à plus de mérite. Al Sarkhasi a dit dans son livre al Mabsût : «Il existe deux avis concernant le Taslîm, rapportés tous les deux d’Abû Hanifa qu’Allah lui accorde Sa miséricorde : le premier stipule que le fidèle fasse le Taslîm après celui de son imam de sorte que la clôture sa prière vienne après la clôture de la prière de l’imam. Le second stipule qu’il fasse le Taslîm en même temps que son imam comme d’ailleurs tous les autres actes de la prière … »
Dans le commentaire d’al-Charnablâli nous pouvons lire : « chez les deux (disciples d’Abû Hanifa) il fait le Taslîm après celui de l’imam, mais la divergence ne porte que sur laquelle des options est plus méritoire que l’autre et non pas sur la permission de faire l’une ou l’autre. »
Al-Zayla’î dans son livre Tabyîn al-Haqâ’îq a mentionné les deux avis avec les preuves sur lesquelles s’est appuyé Abû Hanifa pour justifier chacun d’eux. Nous pouvons constater qu’il a utilisé le même hadith pour justifier les deux options : « … Idha Kabbara Fa Kabbirû, (L'imâm doit être suivi. S'il fait le Takbîr alors faites le Takbîr) … » en disant que le "Fa" en arabe vient pour exprimer le suivi et la succession des faits comme il vient pour exprimer la coïncidence et il donna comme exemple à ce dernier cas son utilisation dans le hadith « Wa Idha qaraâ Fa ansitû (S’il récite, écoutez attentivement sa lecture) » et dans le verset « Wa idha quriâ al Qur’ânu Fa stami’û lahû wa ansitû (Et quand le Coran est récité, écoutez-le, et prêtez en silence une oreille attentive (à sa lecture),» en faisant remarquer que l’écoute et le silence se font en même temps que la lecture et non après cette dernière.

Et Allah sait mieux.

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