Explication d'un hadith concernant la désobéissance aux parents
Fatwa No: 378055

Question

Salam alaykoum,
Pourriez-vous expliquer le hadith suivant, ou du moins la partie concernant la désobéissance aux parents :"N'entrera pas au Paradis celui qui désobéit à ses parents, l'alcoolique et celui qui ne croit pas au destin"; s'agit-il de l'enfer éternel pour le désobéissant aux parents ou comme j'ai pu le voir ailleurs, il n'entrera pas parmi les premiers, il y purgera donc sa peine en Enfer et finira par y entrer enfin ? Il me semble qu'on sera dans l'Au-delà avec ceux que l'on aime, les parents qui voudront que leurs enfants, même désobéissants, les rejoignent au Paradis verront-ils leur requête exaucée par Allah ? Par ailleurs, celui qui s'est repenti de la grave désobéissance envers ses parents est-il encore concerné par ce hadith, quand il n'a pas pu demander convenablement pardon à son père qui vient de décéder ? Egalement, il est dit que parmi les conditions du repentir, il y a le fait de réparer le préjudice commis à autrui, qu'en est-il pour celui qui en avait l'intention mais dont la personne lésée, qui plus est le parent, est décédé avant qu'il ne puisse le faire, reste-t-il un espoir de demander à Allah de lui pardonner ? Une dernière question, comment obtenir le pardon du parent quand il n'est pas possible de lui dévoiler le péché en question, tant il est grave, un pardon général suffit-il dans ce cas précis ?

Réponse

Louange à Allah. Paix et salut sur Son Prophète.

Ce hadith a été relaté par Abou Dawoud al-Tayalisî d’après Abou Oumama, Radhia Allahou Anhou. La règle chez les Gens de la Sunna est que le musulman ne restera pas éternellement dans l’Enfer s’il perpètre un péché capital (excepté la mécréance). C’est pour cela que les oulémas interprètent les menaces de châtiment cités dans ces textes en les spécifiant pour ceux qui tolèrent ces agissements et dès lors ils méritent l’Enfer éternel. Mais s’ils ne rendent pas licites ces actions, alors l’interprétation est qu’ils n’entreront pas au Paradis avant d’être purifiés par le châtiment de l’Enfer et une fois purifiés de leurs péchés par le châtiment de l’Enfer ils entreront au Paradis. Ceci a été énoncé par l’imam al-Manawî dans « Faydh al-Qadir ».
Celui qui a commis la désobéissance des parents (Okuk) doit se repentir à Allah, le Très Haut, et leur demander de lui pardonner. A l’origine il doit leur demander de lui pardonner sauf s’il craint un préjudice, alors il lui suffit de multiplier les Dou'â pour eux, et d’être bienfaisant envers eux comme énoncé par les oulémas. C’est la même chose si les deux parents meurent avant qu’il ne leur demande pardon il doit multiplier les Dou'â pour eux, et être bienfaisant envers eux, car l’enfant doit être bienfaisant avec ses parents après leur mort comme lorsqu’ils étaient vivants !
L’imam al-Nawawî a dit : « Il doit regretter sincèrement leur Okuk comme il doit multiplier les Dou'â pour eux et surtout de demander à Allah de leur pardonner (Istighfar), de donner l’aumône pour eux si possible, et d’être bienfaisant avec les gens qu’ils aimaient (leurs amis), de préserver leurs liens familiaux, de payer leur dette… ».
Il doit ne penser que du bien de Son Seigneur Qu’Il va lui pardonner et va faire contenter ses parents de lui. Si cela se fait, alors il va entrer au Paradis avec ses deux parents, sinon il va être châtié dans l’Enfer selon la gravité de ses péchés puis entrera au Paradis. S’il entre au Paradis, Allah peut le réunir avec ses parents dans leur rang même ses œuvres sont restreintes.
Allah dit : « Quant aux croyants dont les enfants auront adopté la foi, Nous les réunirons à leur descendance, sans les frustrer de la moindre de leurs actions, chacun d’eux étant tenu responsable de ce qu’il aura acquis. » (Coran 52/21).
Le fait que la personne va être réuni avec ceux qu’ils aiment a été affirmé par les hadiths prophétiques. Ceci pour exhorter les gens à rechercher la compagnie des gens pieux et de les imiter dans les bonnes œuvres, non d’un amour dépourvu de cela ou d’un amour inné (comme celui des parents). L’imam al-Hasan al-Basrî a dit : « Ô fils d’Adam ! Ne te leurre pas en disant que tu es avec ceux que tu aimes. Car celui qui aime des gens il suit leurs mœurs et sache que tu ne peux les rattraper qu’en suivant leurs mœurs, en t’attachant à leur probité et en les imitant dans leur dévotion pas à pas avec la ferme intention de devenir l’un de leurs adeptes. »

Et Allah sait mieux.


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